Quel Sherbrooke désirez-vous? Bilan du débat pour la mairie tenu sur le Campus principal

 Par Dominique Wolfshagen

Quatre des cinq candidats et candidates à la mairie de Sherbrooke ont eu l’occasion de débattre ensemble pour la première fois le 11 octobre dernier à l’Agora de l’Université de Sherbrooke. L’évènement a attiré une cinquantaine de participants le soir même, et la vidéo de sa diffusion en direct sur Facebook a été visionnée près d’un millier de fois en une semaine.

Conviés par la FEUS et le REMDUS, le maire sortant Bernard Sévigny ainsi que les aspirants maires Denis Pellerin, Hélène Pigot et Steve Lussier se sont réunis à l’Agora pour débattre de leurs ambitions pour Sherbrooke. Le cinquième candidat à la mairie, Patrick Tétreault, n’a malheureusement pas répondu à l’appel.

C’est Mme Hélène Pigot, à la tête du parti Sherbrooke Citoyen, qui a ouvert le bal en déplorant que la politique municipale soit trop souvent réduite à son rôle de gestion. Elle croit qu’outre cette mission, son parti pourrait enrichir la Ville d’une vision. Durant le débat, Mme Pigot a présenté certaines de ses visées : une gestion durable, une participation citoyenne et un développement économique basé sur le local.

Bernard Sévigny, maire sortant et chef du parti Renouveau sherbrookois, s’est pour sa part présenté comme l’homme d’expérience – celui qui a fait ses dents comme conseiller avant de se présenter à la mairie. Il gouverne le conseil municipal depuis maintenant huit ans : il croit donc être le plus outillé pour parfaire la gestion de Sherbrooke.

Œuvrant dans le domaine de la finance, le candidat indépendant Steve Lussier avoue accorder une grande importance au point de vue économique, mais il affirme également vouloir rehausser les infrastructures et la qualité de vie. Ses projets incluent des autobus express sur les grandes artères de la ville (proposition également partagée par Mme Pigot) ainsi que l’interconnexion des pistes cyclables.

Enfin, M. Denis Pellerin, également candidat indépendant, a moins parlé de ses plans qu’il n’a dénoncé les décisions passées de M. Sévigny. Il s’est néanmoins présenté comme étant un candidat sérieux, déjà très impliqué en politique municipale, qui apporterait des idées neuves pour la gestion de Sherbrooke et la création d’emplois.

Quelques moments cocasses

Malgré le sérieux avec lequel les candidats se sont prêtés au débat, la soirée a été ponctuée de ripostes amusantes.

Par exemple, M. Pellerin a conclu son intervention sur l’inclusion en politique en déclarant que « la place des femmes, c’est partout. Ceux qui n’aiment pas ça iront ailleurs que partout ». La prise de parole revenait ensuite à Mme Pigot, qui a saisi l’occasion pour répliquer à la blague : « Bien, écoutez, si vous voulez vraiment que les femmes soient partout, votez pour moi! »

Le débat a également été animé par quelques interventions plutôt provocatrices de la part de M. Lussier, comme lorsqu’il a déterré le « scandale » des pancartes de Mme Pigot ou qu’il a rétorqué du tac au tac « En faites-vous du vélo, M. Sévigny? »

Pellerin a quant à lui diversifié le ton de la soirée, tantôt en critiquant vivement certaines décisions de M. Sévigny, tantôt en ajoutant quelques touches humoristiques pince-sans-rire – pour ensuite revenir à la charge en objectivant : « J’en vois qui rient, mais ce n’est pas drôle! »

Un échange apprécié

« C’était mon premier débat, donc j’avais un petit peu de nervosité », confie M. Lussier, ajoutant qu’il a bien aimé la discussion.

Pellerin a pour sa part applaudi le format du débat, soit quatre prises de position en réponse à une question, suivies d’une brève mêlée. « Ça permet de donner ce que j’appelle des petits coups de pelle dans les genoux. J’aime bien ça, parce que ça sort les candidats de leurs zones de confort », explique-t-il.

Le principal receveur desdits coups de pelle, M. Sévigny, partage cet avis : « Ça a permis des petits duels, mais c’est de bonne guerre. Ça nous a permis d’exposer notre vision du développement de la ville de Sherbrooke. On l’a senti qu’on n’a pas nécessairement le même angle, et c’est correct, c’est la diversité!

Mme Pigot croit quant à elle que la séance aura nourri la réflexion des auditeurs. « C’était très intéressant de voir les échanges et voir où chacun se plaçait. Parce que là, on voit se dessiner une ville de Sherbrooke qui sera différente selon qui sera au poste de la mairie », énonce-t-elle.

C’est en effet l’impression des participants. « J’avais déjà une idée en tête, mais ça permet vraiment de voir, de confirmer ce que je pensais. On connait un peu plus les lignes directrices de chacun des partis. Les indépendants, c’est sûr qu’on les voyait moins, donc c’était vraiment pertinent à mon avis de voir qui ils étaient », rapporte Oliver, étudiant en biochimie de la santé.

« C’est sûr qu’on aurait aimé ça que les cinq candidats et candidates soient présents », concède William Leclerc-Bellavance, président du REMDUS. « Il y en a quatre qui ont répondu, donc on était contents que ces quatre-là soient présents. Sinon, la qualité des échanges, ça a quand même été respectueux, puis on a parlé d’idées aussi – […] c’était pas juste des réponses vagues et floues », témoigne-t-il.

La suite 

Les candidats et candidates à la mairie débattront de nouveau au Eggs Fruit sur la rue King Est le 24 octobre. Ce rendez-vous de type 5 à 7 est organisé par ODACE (organisme de développement d’affaires commerciales et économiques), mais l’évènement est payant (25 $ le billet), car il inclut consommations et nourriture.

Vous pouvez également voir ou revoir le débat du 11 octobre sur Facebook, dans la section vidéo des pages du REMDUS et de la FEUS.

Que ce soit le 29 octobre au vote par anticipation (de 12 h à 20 h) ou le 5 novembre pour le jour du scrutin (de 10 h à 20 h), vous êtes invités à exprimer votre vision pour Sherbrooke.


Crédit Photo © Gabrielle Gauthier

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