Par Jeanne Bergeron-Lavoie

Il y a un an, presque jour pour jour, se tenait la soirée de dévoilement du projet pour l’édition 2019 du Groupe de collaboration internationale de l’Université de Sherbrooke (GCIUS). L’année dernière à presque pareille date se tenait l’inauguration du projet. Beaucoup s’est passé depuis, dont un changement de projet, des activités de financement, des préparatifs de départ et bien évidement, la réalisation d’un stage de quatre mois au Bénin. C’est la fin d’une épopée pour ces sept stagiaires que nous avons la chance de partager avec Le Collectif.

Plus qu’une inauguration

Tradition partagée dans différentes cultures, l’inauguration a pour objectif de célébrer le commencement d’une nouvelle étape pour une entreprise, événement que le GCIUS ne voulait pas manquer. Bien que le centre n’ouvre pas ses portes avant plusieurs années, le groupe tenait à marquer la solidification du partenariat entre le GCIUS et l’ASC ainsi que le début de la construction de ce complexe spécialisé en toxicomanie. Trois aspects primordiaux sont ressortis des discussions du groupe concernant cet événement : souligner la fin de la construction du bâtiment, sensibiliser sur les enjeux de santé mentale et remercier la communauté. Pour le premier, une exposition photo des étapes de réalisation a été présentée dans les différentes salles du bâtiment à l’occasion de l’inauguration et de la bénédiction du bâtiment. Loin de vouloir seulement montrer outils et matériaux, l’équipe tenait à ce que les photos témoignent du travail des équipes employées.

« La fierté dans les yeux des femmes qui ont travaillé sur le chantier lorsqu’elles se sont vues dans l’exposition, pour moi, c’était mission accomplie », raconte Jenny Briand, étudiante en génie biotechnologique et stagiaire au GCIUS.

En ce qui a trait à la sensibilisation en santé mentale, dont la situation est alarmante dans la région (voir l’article de l’édition précédente « On est ensemble : construction d’un centre d’hébergement pour toxicomanes au Bénin »), le groupe s’est donné comme mission d’informer la communauté sur ces enjeux et ainsi avoir davantage leur appui pour les constructions à venir. Pour cet atelier de sensibilisation, trois panélistes se sont déplacés pour témoigner de leur parcours avec l’ASC et avec leurs enjeux de santé mentale, soit Grégoire Ahongbonon, fondateur de l’ASC, et Idelphonse Bahouncole et Nadège Houessinon, deux anciens patients qui travaillent maintenant pour l’ASC. Les témoignages ont su résonner dans les cœurs des participants, dont celui de M. Hubert Atchehoun, père d’accueil de deux stagiaires au GCIUS. Il témoigne ne jamais avoir eu connaissance du sort qu’est réservé aux malades mentaux dans son propre pays et de sa volonté à continuer d’aider cet organisme. Finalement, pour parler de la santé mentale, il faut des personnes pour écouter. Une cinquantaine de personnes se sont mobilisées pour venir à l’événement : travailleurs, familles d’accueil, personnes rencontrées par le groupe durant le stage. L’important, c’était d’avoir la communauté présente, comme elle sera un acteur important pour la suite des avancements du centre.

Au revoir

En industrie et au bureau, les stagiaires sont habitués : on dit bonjour à nos collègues au premier jour et on dit au revoir au dernier. Certains seront tristes de devoir faire ces adieux, d’autres auront hâte de retrouver leur vie à Sherbrooke. La fin du stage au GCIUS n’était pas comme tous les autres stages. Ce n’est pas des collègues à qui ont dit à la prochaine et qu’on ajoute sur LinkedIn. Les membres du GCIUS ont dit leurs adieux à leurs partenaires, à leurs amis, à leur famille d’accueil, à leurs frères et sœurs, à leur vie au Bénin. Une vie de travail au chantier et de travail de bureau. Une vie de courses au marché avec maman et de discussions politiques avec papa. Une vie de devoirs avec sa sœur et de football avec son frère. Une vie de déplacements à taxi-moto et de marche en sueur. Une vie de chasse-moustique et de crème solaire. Une vie d’amour et de simplicité. Une vie qui finit. L’incertitude de revoir ces personnes qui ont marqué la vie des stagiaires rend la séparation difficile. Les Béninois le disent : « si Dieu le veut ». En effet, si Dieu le veut, nous nous reverrons, mes frères.

Nouveau départ

Grâce au Collectif, vous avez pu suivre les stagiaires du GCIUS cet automne. Bien que leur projet tire à sa fin, une nouvelle édition est déjà au travail pour leur stage à l’automne 2020. Composée actuellement de six étudiants et étudiantes en génie, l’équipe a tenu son souper de dévoilement de projet. En effet, l’édition a choisi le projet Saraswati offert par Ingénieurs Sans Frontières Québec en partenariat avec l’organisme Jeunes Musiciens Du Monde. Le projet consiste en la réfection d’une cuisine reliée à l’École Kalkeri Sangeet Vidyalaya, située dans l’état du Karnataka, en Inde. Cette nouvelle cuisine permettra d’offrir trois repas par jour à 300 personnes. Les défis qui les attendent seront « d’optimiser les espaces de stockage et l’ergonomie des installations culinaires en plus de l’ajout d’une source d’énergie plus propre pour la cuisson », nous partage Mathieu Blanchard, étudiant en génie électrique et membre de l’édition 2020.  Comme les infrastructures se désagrègent et que la combustion du charbon représente un danger pour la santé des femmes qui travaillent dans les cuisines, le groupe travaillera de pair avec la communauté pour améliorer ses conditions d’existence.

Le groupe travaille donc activement à amasser le financement nécessaire pour ce projet, ainsi qu’avec son partenaire, pour s’occuper de tous les préparatifs. D’ailleurs, ils seront en période de recrutement en janvier pour un 7e membre qui sera responsable des relations publiques et politiques sur le terrain, si jamais le cœur vous en dit, n’hésitez pas à les contacter.

Finalement

C’est avec fierté que les stagiaires quittent le Bénin, la mission est accomplie : le bâtiment est terminé, un partenariat solide est créé avec l’ASC et un premier pas vers la sensibilisation de la communauté sur la santé mentale est fait. C’est avec le cœur lourd que s’annonce le départ de groupe, mais ce n’est pas sans savoir que la relève est déjà là, en train de mettre en œuvre un autre projet exceptionnel.

Encouragez l’édition 2020 ici.


Crédit Photo @ Olivier Roy

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