Si près, mais… si loin

Par Marie-Élaine Lehoux

Texto, courriel, forum, blogue, site de rencontre… Mais où s’en va la communication? Dans l’anonymat derrière l’écran, on pense pouvoir tout dire, tout écrire ou tout faire. Derrière l’écran, on se sent puissants et inatteignables. Dans ce tourbillon qu’est la technologie du 21e siècle, on oublie l’essence même de la parole. On préfère taper sur un clavier. Il faudrait se demander si c’est l’identité culturelle que nous voulons projeter aux futures générations. Vous souvenez-vous des jours où on devait chercher dans le bottin téléphonique le nom de notre crush? L’angoisse qu’on avait quand on composait les premiers chiffres sur le téléphone à l’idée de lui parler de vive voix. Maintenant, en deux clics de souris, on l’a sous nos yeux. L’angoisse est d’écrire un mot de cinq lettres ainsi que les mots classiques qui suivent : « Salut, ça va? » C’est beaucoup plus pratique, diront les gens. Est-ce logique de penser ainsi? Combien d’entre nous écrivent sur les réseaux sociaux plutôt que de téléphoner ou d’aller prendre un café en tête à tête? Beaucoup trop… Est-ce qu’on devient des paresseux de la communication?

Dans ce tourbillon qu’est la technologie du 21e siècle, on oublie l’essence même de la parole.

Cependant, il faut se mettre à jour. Le temps de nos grands-parents ne reviendra pas. Le temps où les gens se saluaient dans les rues. Fini le temps où tous les dimanches, les villageois restaient sur le perron de l’église pour parler de tout et de rien. Terminé le temps où les gens devaient marcher des kilomètres pour aller visiter les membres de leur famille. De nos jours, on n’a pas besoin de se déplacer. On reste bien confortables et on se fait aller les pouces. Tadam, le tour est joué. Maintenant, on préfère écrire à ceux qui ne sont pas avec nous plutôt que de profiter de ceux qui sont physiquement présents. On a une soirée entre amis et les uns après les autres, on regarde si on a reçu un message. C’est plus fort que nous. On aime mieux passer du temps virtuel avec ceux qui sont loin. De plus en plus, on n’ose plus déranger les inconnus dans les rues ou dans les autobus. On préfère rester plongés dans notre nuage de technologie. C’est notre petit confort.

Oui, la cybercommunication est bénéfique. On ne peut pas le nier. On est des étudiants tout de même. Beaucoup d’entre nous viennent de loin et on peut facilement garder contact avec nos racines. Néanmoins, est-ce que cela nous amène à nous déplacer de moins en moins? J’ai l’impression que c’est la vague du 21e siècle : Facebook, Facetime, Skype, etc. Allons-nous finir par voir plus souvent nos proches en virtuel qu’en personne? Ce serait bien dommage, non? Malgré les méfaits de la vague de communication du 21e siècle, il faut dire qu’elle a l’avantage de permettre une grande proximité. Même si nous sommes loin, nous avons la chance de rester près. Ce qui était pratiquement impossible avant.

En tant qu’étudiante, j’ai parfois de la difficulté à cerner l’essence de la communication au 21e siècle. Mais je me rends compte que mon instinct d’écrire est plus fort que celui de parler. C’est plus simple, plus accessible. J’ai bien peur que ce soit ce qu’on transmettra aux générations futures. Faisant partie d’une génération qui nage dans l’ère de la techno, j’assume amplement que je passe beaucoup trop de temps devant l’écran. Par contre, c’est ce qu’on connait. Pouvons-nous le changer? J’en doute. Laissez-moi vous mettre au défi! Essayez d’oublier votre cellulaire durant une journée entière et voyez ce que cette expérience vous procure. Vous ressentirez surement un grand vide, une légèreté dans vos poches. Tentez de le faire, vous verrez à quel point on se noie dans la technologie.


Partager cette publication