Par Ariane Lacerte

Plusieurs facultés ont annoncé la tenue d’une Assemblée générale concernant une possible grève pour l’environnement, qui sera tenue potentiellement du 30 mars au 3 avril. Comme la communauté étudiante avait peu d’information concernant la Semaine de la transition, le journal Le Collectif s’est entretenu avec Andréanne Désormeaux, responsable à la mobilisation ainsi que co-porte-parole de la Coalition étudiante pour un virage environnemental et social (CEVES), pour en apprendre davantage sur les motivations derrière la Semaine de la transition.

En tant que regroupement étudiant, qu’attendez-vous de la part de la communauté étudiante dans la lutte pour un virage vert ?

Nous nous attendons à ce que, tout d’abord, les étudiants et étudiantes prennent conscience que nous sommes dans un contexte d’urgence climatique et que dans ce cas, il faut augmenter la pression sur les gouvernements pour qu’ils prennent des engagements sérieux. Ce faisant, nous nous attendons à ce que la population étudiante de l’ensemble des facultés de l’Université de Sherbrooke se mobilise pour entrer en grève du 30 mars au 3 avril et qu’elle participe aux activités de la Semaine de la transition afin de s’informer davantage quant à la crise climatique.

L’expression Semaine de la transition circule beaucoup sur les réseaux sociaux, pouvez-vous nous expliquer concrètement ce qu’est la Semaine de la transition ?

La Semaine de la transition est une semaine de grève pour se réapproprier son éducation dans un contexte d’urgence climatique. Nous invitons la population étudiante à entrer en grève durant cette semaine afin d’augmenter la pression sur les gouvernements, mais également afin de libérer du temps pour s’informer afin d’être mieux outillée pour savoir quelles solutions mettre en place pour faire face à la situation.

Lors de la Semaine de la transition, plusieurs activités seront organisées pour mobiliser les étudiants et étudiantes, pouvez-vous nous donner quelques exemples d’activités qui seront offertes ?

Durant la Semaine de la transition, il y aura plusieurs activités telles que des conférences sur la décroissance, sur la décolonisation, sur les projets GNL Québec et de Goldboro, mais également des ateliers de discussion et des cafés réparation afin de se rassembler et d’informer les populations étudiante et non étudiante au sujet de l’urgence climatique. De plus, le point culminant de la Semaine de la transition sera le 3 avril avec une manifestation mondiale. Également, il y a encore la possibilité de rajouter des activités. Ainsi, j’invite les étudiants et étudiantes qui ont envie d’organiser une activité de nous en faire part, les membres de la CEVES seront très heureux de tenter de la concrétiser.

Comme votre nom est la Coalition étudiante pour un virage environnemental et social, invitez-vous tous les niveaux de scolarités à se joindre à la Semaine de la transition ou seulement les établissements postsecondaires sont concernés ?

Oui, tous les CÉGEPS et Universités du Québec sont invités à participer à cette semaine. Il y a également plusieurs établissements d’enseignement du secondaire qui effectuent des procédures afin de participer à la manifestation du 3 avril. De plus, les activités de la Semaine de la transition sont ouvertes à la population non étudiante qui souhaite en apprendre davantage sur le sujet. 

Comme plusieurs facultés n’ont pas encore eu d’Assemblée générale pour le vote de la grève, quels sont vos principaux arguments pour éclairer la communauté étudiante dans son choix ?

  1. La grève dérange et ne peut pas être ignorée. Ce n’est qu’en établissant un rapport de force suffisant que l’on pourra obliger les gouvernements à nous écouter et à mettre en place le plan d’urgence demandé. Jusqu’à maintenant, nous avons fait une journée de grève accompagnée d’une manifestation à plusieurs reprises, et malgré tout, le gouvernement manque d’ambition climatique. Il a même annoncé qu’il ne respecterait pas les recommandations du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), même si la plus grosse manifestation de l’histoire du Québec a eu lieu cet automne pour l’environnement.
  2. Les grèves fonctionnent. La plupart des acquis sociaux que nous avons aujourd’hui, comme le droit de vote pour les femmes, la journée de 8 heures, les vacances payées, ont été acquis grâce à la grève. Elles permettent aussi de s’opposer à certains enjeux qui sont affectés par l’acceptabilité sociale, comme le projet GNL Québec.
  3. Nous sommes dans un contexte d’urgence climatique. À un réchauffement de 2 degrés, des parties des villes de Québec et Saguenay seront sous l’eau, et près de 50 % de la population mondiale sera soumise à plus de 20 jours de chaleurs extrêmes et mêmes mortelles d’ici 2050. Si le gouvernement s’en tient à ses présents engagements, nous nous dirigeons vers un réchauffement de 3 degrés. Le temps n’est plus aux demi-mesures, il faut agir pour notre avenir. La grève ne ruinera pas notre éducation, mais l’inaction ruinera notre avenir.

La CEVES semble vouloir lancer un appel d’urgence au gouvernement actuel, qu’attendez-vous comme action de la part du gouvernement en matière de virage vert ?

La revendication de la CEVES est que le gouvernement mette en place un plan d’urgence pour la justice climatique qui soit à la hauteur de la crise actuelle. Ce plan d’urgence devra être basé sur sept principes. Il devra respecter la science et les savoirs autochtones, avoir des cibles annuelles de réduction de GES qui forcent l’atteinte de la carboneutralité d’ici 2030, exiger la mise en œuvre complète de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, assurer la protection des communautés vulnérables du Canada, œuvrer en collaboration avec les populations du globe qui sont disproportionnellement affectées par la crise climatique, exiger la mise en œuvre à tous les paliers d’éducation de la Stratégie québécoise d’éducation en matière d’environnement et d’écocitoyenneté et exiger un arrêt complet et immédiat de tout projet d’exploration, d’exploitation et de transport d’hydrocarbures.

La visite d’une Équipe mobile pour aider à la réalisation de la semaine de la transition est offerte sur votre site internet, mais en quoi consiste l’Équipe mobile ?

L’Équipe mobile permet de coordonner les actions entre les différents comités campus. De plus, cette équipe permet d’aider à mettre en place des idées d’actions pour mobiliser les gens, en plus de partager son expertise acquise en aidant d’autres comités campus.

Les membres de la communauté étudiante qui aimeraient s’impliquer de loin ou de près à la Semaine de la transition peuvent communiquer leur intérêt à la page Facebook Comité Mob LPSUDS H2020, un membre de la CEVES pourra répondre à vos questions.

Sur ce, bonne prise de position !


Crédit Photo @ La Presse

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