Ski de fond en Mauricie

Sur la photo : La tente et le tombeau de Gaétan, protégés du vent par des murs de neige de 1,50 m

Par Paul Labranche

Six membres du Club Plein Air Altitude de l’UdeS ont parcouru la distance d’un marathon la semaine dernière dans le Parc national de la Mauricie. Voici leur récit des 40 kilomètres parcourus en deux jours.

Première journée éprouvante

L’expédition a commencé le 2 mars dernier au matin pour Jasmine Godbout, Victor Pelletier, Gaétan Pottier, Orane Gallois, Matthieu Mehl et Paul Labranche. À leur arrivée au Parc national de la Mauricie, secteur Rivière-à-la-Pêche, ils ont enfilé leur combinaison, ciré leurs skis et serré les sangles de leur sac pour le départ à 10 h 30. Portant chacun environ 20 kilos, ils ont d’abord peiné à parcourir les deux premiers kilomètres jusqu’au lac Bouchard. Pour un sentier facile, la piste numéro 6 était particulièrement vallonnée et le groupe s’est alors scindé en deux. Un guide les a même prévenus de renoncer à leur objectif de 22 kilomètres ce jour-là. Pourtant, ils ont facilement ajusté leur rythme et parcouru les sept prochains kilomètres jusqu’au Lac du Fou. Le sentier longeant la route fermée permettait de skier côte à côte et offrait de longues lignes droites. Malgré l'épuisant dénivelé positif, il y avait tout de même plusieurs longues descentes graduelles.

Cinq kilomètres plus loin, vers 13 h 30, en approchant le chalet Édouard, ils se réjouissaient à l'idée de dîner au chaud. Ils ont pourtant ravalé leur joie en ne découvrant qu’un bâtiment de service en rénovation, sans poêle ni banc. Ils n’ont donc pas savouré longtemps leur repas dans cet espace humide à 18°C, avant de se remettre en route. C’est avec un mélange de regret et de soulagement qu’ils ont découvert 500 mètres plus loin le vrai chalet Édouard, où ils ont pu se réchauffer, terminer leur repas et attendre les autres. Bien reposés, ils ont repris les huit derniers kilomètres pour arriver au chalet Marie avant la tombée de la nuit, où ils ont pu profiter de toilettes sèches et d’un poêle pour faire sécher leurs vêtements et bouillir de l’eau.

Repos bien mérité et derniers kilomètres

Bien que le chalet Marie soit spacieux et chauffé, il est interdit de dormir à l’intérieur. Armés d’une pelle portative, ils ont donc creusé une tranchée à travers 1,50 m de neige poudreuse afin d’installer leurs tentes à l’abri du vent. Gaétan a même dormi dans un tombeau improvisé. La nuit fut douce et paisible, avec une merveilleuse couche de neige étincelante au réveil.

Après avoir engouffré une bonne quantité de gruau et de petits croissants, ils sont repartis sur de la neige fraîche et sous un soleil réconfortant pour les 14 kilomètres restants. Ils ont rejoint le lac à la Pêche dans le temps de le dire, grâce à l’important dénivelé négatif, puis ont longé la rive jusqu’au chalet Isaïe, où ils ont rencontré un couple de skieurs français assez comique. Ils ont finalement regagné le stationnement de Rivière-à-la-Pêche, où ils ont enfin pu s’affranchir de leurs lourds sacs à dos. Afin d’arrondir leur périple à 40 kilomètres, ils ont rapidement parcouru au pas de patin les quatre kilomètres de la boucle familiale, avant de rentrer vers Sherbrooke bien épuisés.


Crédit Photo @ Paul Labranche

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