Slam du Tremplin : la puissance des mots

Par Sandra Favier

Il y a de cela deux semaines, le vendredi 7 octobre, il n’était pas rare de croiser dans les rues sherbrookoises de drôles de personnages dans de singuliers accoutrements. Vous êtes surement nombreux à vous être demandé d’où venaient, mais surtout où allaient ces éberlués. Eh bien non, ils ne célébraient pas Halloween en avance, mais avaient rendez-vous avec la poésie moderne.

C’est à la Salle du Tremplin que Frank Poule et son équipe ont ainsi commencé leur dixième saison des soirées Slam du Tremplin, une compétition de poésie, sur le thème du bal masqué. Vendredi, slameurs débutants ou confirmés et simples amateurs de beaux mots se sont retrouvés le temps d’une soirée pour partager quelques instants volés à la vie quotidienne. La plupart des spectateurs présents se connaissent, se saluent chaleureusement et échangent quelques mots avant d’aller s’asseoir autour d’une des nombreuses petites tables disposées devant la scène. L’endroit dégage une ambiance douce, confortable et intimiste, au plus près des artistes. Un peu comme à la maison…

C’est devant une salle comble que l’animateur et slameur émérite Frank Poule amorce la soirée. Il y déclame quelques-uns de ses textes avec puissance, émotion et humour. Les performances de Frank sont assez rares lors des soirées Slam du Tremplin pour être appréciées à leur juste valeur par un public déjà conquis. Des rires au moindre jeu de mots, des cris d’approbation à chaque coup de gueule et des soupirs de tristesse à l’écoute des passages mélancoliques. L’assemblée est accrochée aux mots du slameur et semble vivre au même rythme que lui : les réactions sont vives, immédiates et enthousiastes.

À la fin du spectacle de Frank Poule — accompagné de son génial musicien Trini — la foule semble encore davantage soudée et animée par une passion commune : les mots. La compétition commence dans une ambiance familiale avec la présentation rapide des huit performeurs de la soirée : ils sont jeunes et moins jeunes, viennent de Sherbrooke ou d’ailleurs, écrivent leurs textes depuis des années comme depuis quelques semaines. Dans leurs accoutrements plus originaux les uns que les autres, les huit artistes se succèdent sur la scène. Ils sont assis dans le public, écoutent, applaudissent et jugent comme tout le monde. Mais quand vient leur tour, chacun entre dans la peau de son personnage et déclame sa poésie. Que ce soit une ode à la femme ou à la vie d’artiste, un spectacle comique ou bien encore un plaidoyer virulent, les textes poétiques sont souvent empreints d’une grande sensibilité et porteurs d’un message profond. Plus profond encore que le sens premier des mots prononcés. Au travers de leur poésie, les artistes arrivent à nous faire réfléchir, à nous faire rire, voire pleurer…

Après un deuxième round de moindre qualité, c’est finalement la célèbre herboriste et amoureuse de poésie moderne Anny Schneider qui remporte la première compétition de slam de la saison. Son énergie débordante et ses textes engagés, nostalgiques de la période prospère hippie, ont su faire vibrer le public qui l’a désignée gagnante de loin. Sa fierté est à peine perceptible tant la compétition est amicale aux soirées Slam du Tremplin! Elle est d’ailleurs accessible à tous — amateurs ou slameurs confirmés. Il suffit de s’inscrire auprès du comité organisateur et de se lancer! Si parmi vous se cachent de grands amoureux des mots et de la poésie, les soirées Slam du Tremplin se déroulent tous les premiers vendredis de chaque mois à la Salle du Tremplin dans le centre-ville de Sherbrooke. Pratique, pas cher (5 $ tarif étudiant), enrichissant et amusant. N’hésitez plus!


Crédit photo © Destination Sherbrooke

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