« Soirée postélectorale » avec le Cercle de politique appliquée

Par Alexandre Dumas-Gingras

C’est à La Capsule Bistro-Cinéma, située sur la rue Wellington Sud, que se tenait mercredi soir dernier une rencontre du Cercle de politique appliquée. Le thème de la soirée? Un retour sur les élections américaines. Qui de mieux pour discuter du sujet que Karine Prémont et Serge Granger. Les deux professeurs de l’Université de Sherbrooke donnaient donc rendez-vous aux intéressés. Plusieurs semblaient évidemment grandement concernés par la question. C’est un sujet qui fait couler beaucoup d’encre depuis le fameux scrutin du 8 novembre, et l’élection du nouveau président des États-Unis, Donald Trump, n’a pas fini d’alimenter les discussions.

Présentation de Karine Prémont

Chercheuse à l’Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand de l’UQAM, Karine Prémont est souvent convoquée lorsqu’il est question de politique américaine. Le dynamisme de sa présentation a semblé plaire à l’auditoire présent. Le ton plutôt sarcastique de la conférencière se prêtait bien à l’ambiance qui régnait. Sa présentation intitulée « Le Monde selon Trump » visait à faire une mise au point de la situation à la suite de l’élection du controversé candidat républicain.

Le caractère très imprévisible du nouveau président suscite plusieurs questionnements. Tout d’abord, parce qu’il déroge de la ligne idéologique traditionnelle du parti républicain. Le discours et le ton très populiste de M. Trump en campagne auront porté fruit, il aura réussi à exacerber les peurs et les frustrations des citoyens américains avec brio. Maintenant qu’il est au pouvoir, va-t-il être en mesure de faire tout ce qu’il a proposé? On pense au mur qu’il veut faire construire tout le long de la frontière avec le Mexique... Que va-t-il faire avec les accords et traités que sont l’ALENA et l’OTAN? À quel genre de relation diplomatique peut-on s’attendre avec la Russie et Poutine? Le caractère anti-establishment du richissime homme d’affaires, ne possédant par ailleurs aucune formation politique, éveille également les soucis de tout un chacun.

C’est l’heure pour M. Trump de former le prochain cabinet présidentiel, alors que deux choix sont déjà confirmés. Soit Reince Priebus, en tant que chef de Cabinet de la Maison-Blanche, ainsi que le suprémaciste blanc, Steve Bannon, en tant que responsable à la stratégie. Plusieurs rumeurs circulent voulant qu’à la tête de l’Environmental Protection Agency (EPA), ce soit le climatosceptique Myron Ebell qui soit nommé. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ces nominations donnent le ton.

Présentation de Serge Granger

Le professeur utilise quant à lui son expertise des pays comme la Chine et l’Inde pour faire état des réactions sino-indiennes à la suite de l’élection de Donald Trump. Alors qu’en Inde, les réactions sont diverses, allant de l’inquiétude à la réjouissance, en Chine, on constate une attitude axée davantage sur la méfiance à l’égard de cette élection.

Tout au long de la campagne électorale, nombreuses furent les déclarations du candidat républicain au sujet des relations américano-chinoises. Rappelez-vous qu’il soutenait, par ailleurs, que le réchauffement climatique est une invention de la Chine. Maintenant, faut-il prévoir une guerre commerciale entre les deux pays, avec, par le fait même, une hausse des tarifs douaniers? C’est une question tout à fait légitime et inquiétante qui est soulevée par le professeur Granger. Pensez à tous ces produits « Made in China » qui circulent aux États-Unis, cette guerre commerciale anticipée pourrait donc avoir des répercussions catastrophiques.

Il faut maintenant tourner notre regard vers le futur

C’est à partir du 20 janvier que le nouveau président Trump sera officiellement au pouvoir. Il faudra donc donner du temps pour ainsi avoir réponse aux nombreuses questions soulevées lors de cette soirée. Les étudiants qui se trouvaient sur place étaient fort concernés et soucieux de comprendre l’enjeu réel de cette élection et de la victoire de M. Trump qui, au départ, semblait improbable et farfelue, alors que plusieurs experts ne semblaient pas prendre la candidature du magnat de l’immobilier au sérieux. Maintenant qu’il est élu 45e président des États-Unis, le regard du monde entier est tourné vers le pays de l’Oncle Sam. À M. Trump de jouer.


Crédit Photo © Marjorie Côté

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