Sortir des sentiers battus après un doctorat : Quatre histoires racontées dans des vidéos

De gauche à droite : Valérie Aubut, Kateri Raymond, Pier-Luc Turcotte (auteur), Adèle Morvannou (auteure), Marc-Antoine Nolin et Kristelle Alunni-Menichini, tous étudiants aux Programmes recherche en sciences de la santé

Par Adèle Morvannou, Pier-Luc Turcotte

Au courant de la dernière année, six étudiants-chercheurs en sciences de la santé à l’Université de Sherbrooke (UdeS) se sont demandé quelles pistes s’offraient à eux après leurs études universitaires. Partage d’une expérience de réalisation par et pour des étudiants aux cycles supérieurs.

Amorcer le projet et établir le plan de match

L’université est un moment charnière : on y fait de nouvelles connaissances, on apprend et on discute de l’avenir entre étudiants. L’idée largement répandue est que les étudiants font des études doctorales afin de devenir professeur à l’université. Nous nous sommes donc penchés sur la question et avons découvert un rapport du Conference Board du Canada. Selon ce rapport publié en 2015, la majorité des personnes qui obtiennent un doctorat – environ trois sur quatre — ne deviennent pas professeurs et poursuivent plutôt une carrière en dehors du milieu universitaire. Cette nouvelle nous a alors grandement étonnés puisqu’elle était contraire à la conception que nous avions au départ. Après avoir pris conscience du flou qui existait concernant les possibilités d’avenir après un doctorat, l’idée de monter un projet a émergé. Il s’agissait de réaliser des vidéos qui présenteraient à la fois des possibilités de carrière hors du milieu universitaire et les bons ingrédients pour se préparer à choisir cette voie. Finalement, nous voulions aussi comprendre en quoi un doctorat peut être utile même si on ne devient pas professeur.

Le projet a commencé avec un petit groupe d’étudiants impliqués et désireux de laisser une trace de leur passage au Campus de Longueuil de l’UdeS. Nous avons alors élaboré un « plan de match » pour mener à bien ce projet tant du point de vue du financement que de l’organisation. Le projet a été accueilli avec enthousiasme par deux associations étudiantes qui nous ont octroyé du financement : le Regroupement des étudiants à la maîtrise et au doctorat (REMDUS) et le Regroupement des étudiants-chercheurs en médecine (RECMUS) de l’UdeS. Grâce à leur soutien financier, des techniciens pour le tournage, le montage et le mixage ont été engagés. D’anciens étudiants de la Faculté de médecine et des sciences de la santé ont accepté de témoigner de leur expérience, donnant lieu à la production de trois vidéos dont voici le résumé de l’une d’entre elles.

Réussir son doctorat… et après?

Le but de la première capsule était d’exposer des profils diversifiés de carrière hors du milieu universitaire. Quatre anciens étudiants au doctorat d’un programme de sciences de la santé ont donc été sélectionnés. La première, Lynda Rey, est devenue directrice du suivi et évaluation aux apprentissages à la Fondation OneDrop, un organisme qui œuvre à l’accès durable à l’eau potable. Étienne Lemieux est quant à lui directeur et fondateur de la compagnie SPI Biosensing, dédiée à la création de senseurs biologiques qui détectent des bactéries dans les milieux à risques, tels que les tours de refroidissement des hôpitaux. Pour sa part, Jorge Flores-Aranda est chercheur d’établissement à la Coalition PLUS où ses fonctions consistent à développer des projets avec des organisations internationales qui se préoccupent de la lutte contre le virus du SIDA. Finalement, Stéphanie Corriveau occupe un poste de liaison médicale et scientifique chez Bristol-Myers où elle rencontre différents professionnels de la santé afin de partager les données scientifiques entourant les molécules préconisées pour leurs patients. Malgré des profils si différents, leur objectif est similaire : améliorer la santé et le bien-être de la population québécoise.

L’arrivée sur le marché du travail après un doctorat

Chaque parcours pour arriver sur le marché du travail comporte des obstacles distincts et communs. Pour les relever et réussir une transition vers un emploi hors du milieu universitaire, les anciens étudiants rencontrés nous ont partagé leurs conseils. Étienne s’est d’abord voulu rassurant en rappelant aux étudiants : « Ne paniquez pas. » Stéphanie quant à elle est catégorique et déterminée : « J’utiliserais le mot “agressif”, mais dans le bon sens du terme… Je pense que quand on est passionné et qu’on veut quelque chose, il faut tout faire pour aller le chercher. » Selon elle, tous les moyens sont bons pour se démarquer et il faut user de créativité. Selon Jorge, trois approches sont à privilégier par les futurs étudiants avec un doctorat en poche : « Se faire confiance, suivre ses convictions et aller de l’avant avec ce qu’on ressent. » Pour certains, il faut se préparer et prendre une pause pour réfléchir à ses aspirations, alors que pour d’autres, il faut foncer et créer ses occasions. Enfin, Lynda rappelle l’importance de la patience, une qualité essentielle qu’elle a acquise dans ses études : « Il faut être persévérant, ça prend du temps et c’est une question de chance aussi. »

En plus de répondre à l’objectif principal d’identifier les possibilités d’avenir professionnel des doctorants, ce projet nous a permis de répondre à certaines de nos interrogations et de renforcer nos liens d’amitié. Ce qui nous rend si fiers, c’est d’avoir pu rassembler une grande diversité de parcours qui ont mené, à leur façon, à sortir des sentiers battus.


Crédit photo © Adele Morvannou

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