La SPECQUE : un levier pour nos étudiants et diplomates de demain

Par Quentin Laborne

Le dimanche 30 juillet 2017, une délégation de huit étudiants de l’Université de Sherbrooke se rendra à Prague en République tchèque pour participer à la plus grande simulation francophone reproduisant les travaux du Parlement européen.

La SPEQUE : entre privilège et travail ardu

Mis sur pied il y a vingt ans par l’Université Laval, la Simulation du Parlement européen Canada – Québec – Europe (SPECQUE) est un événement qui attire cette année plus de 200 étudiants universitaires en provenance du Canada et de l’Europe issus de domaines d’études différents, mais liés par une seule et même passion pour l’art de la politique. Le nombre très limité de participants reflète le privilège qui est accordé aux étudiants qui ont la chance d’y participer, mais aussi le travail assidu qui les attend avant et pendant la simulation. Aussi faut-il ajouter que le système politique européen est largement différent du système canadien ou onusien par exemple. En ce sens, il s’agit pour nos étudiants sherbrookois d’apprendre les rouages d’une mécanique qui leur est en grande partie inconnue, jusqu’à en maitriser parfaitement les processus complexes et les subtilités qui l’accompagnent. De plus, il leur incombe de devoir maitriser l’art de parler en public, de négocier, de rapporter et de rédiger. Bref, tout un panel de connaissances qui exige un haut niveau de dévouement et de motivation pour être ne serait-ce que partiellement maitrisé.

« Un projet PAR les étudiants, POUR les étudiants »

Guillaume Lévesque, étudiant à l’Université de Sherbrooke, n’en est pas à sa première simulation. Il assurera cette année un rôle phare : celui de la présidence de la plénière. Selon lui, la SPECQUE est une des simulations, si ce n’est LA simulation, la plus réaliste qui soit :

« Non seulement la simulation couvre les  débats parlementaires au centre desquels se retrouvent les députés, mais elle y intègre tout un écosystème politique où l’on retrouve des lobbyistes, des représentants de commissions, des journalistes, etc. Cet aspect est souvent négligé lors des simulations, mais s’avère pourtant d’une importance primordiale en politique. »

En effet, chaque délégation se compose de deux corps : le corps diplomatique, en l’occurrence quatre députés rattachés à quatre comités différents et le corps non diplomatique, à savoir les chefs de délégation, les journalistes, les lobbyistes et les rédacteurs de projets de loi. Si les corps non diplomatiques sont recrutés par l’organisation de la SPECQUE au travers d’anciens participants tels que Guillaume, il incombe cependant aux étudiants ayant des postes de responsabilité de susciter de l’engouement auprès de leur communauté étudiante afin de recruter les corps diplomatiques. « Il faut savoir que la simulation est gérée PAR les étudiants, POUR les étudiants. En ce sens, ce ne sont pas toutes les universités qui créditent cette simulation, voire qui la financent : les étudiants sont en très grande partie responsables de prendre en main toute la logistique entourant leur participation. Pensons simplement à l’inscription, au voyage, au logement, mais surtout à l’apprentissage et au financement », ajoute Guillaume.

Si les étudiants de la délégation de l’Université de Sherbrooke n’auront pas le plaisir de constater le gain de crédits relatif à leur participation à la simulation sur leur relevé de notes à la fin de leurs études, ceux-ci pourront néanmoins se narguer d’en tirer des apprentissages et des bénéfices tant au niveau personnel que scolaire et professionnel. Clémence Pavic, étudiante qui sera bientôt plongée dans l’univers à la fois palpitant et déroutant d’un député de Parlement européen, souligne d’ailleurs ceci : « Avec mes collègues députés, nous aurons pour mission d’évaluer une proposition de règlement visant à encadrer l’usage des drones civils. C’est un sujet avec lequel j’étais jusque-là peu habituée, mais grâce à mes recherches, j’ai pu élargir mes horizons et approfondir mes connaissances en la matière. »

Laurence Poulin, rédactrice en chef au journal Le Collectif, aura l’occasion de retrouver son chapeau de journaliste lors de la SPECQUE. « Les points forts de cette simulation sont pour moi de mettre en application de nombreuses connaissances liées à mon parcours scolaire au baccalauréat en études politiques appliquées et à la maitrise en droit international et politique appliqués. Ce sera par ailleurs la première fois que je me plongerai autant dans la politique européenne et ce sera donc une chance d’en apprendre sur les rouages de l’Union européenne. »

Le reflet du monde interconnecté dans lequel nous vivons

Un autre aspect intéressant et original de cette simulation vise d’ailleurs à renforcer ces liens : il s’agit du binômage entre inconnus. En effet, les étudiants canadiens se retrouvent en binôme dans leur comité respectif avec des étudiants européens. Avant leur arrivée à Prague, la plupart ne se seront jamais rencontrés auparavant malgré les longs mois de préparation que nécessite un tel projet. En effet, l’idée derrière la simulation consiste à renforcer les liens entre l’Europe et le Canada en rassemblant les futurs diplomates des deux continents autour d’un forum commun. C’est la possibilité pour eux d’élargir leur réseau de contacts, d’explorer de nouvelles perspectives politiques et pourquoi pas, de nouer des amitiés qui auront une influence déterminante sur leur parcours professionnel. « C’est fabuleux de constater que de telles initiatives étudiantes peuvent contribuer à renforcer les liens entre deux continents. En permettant à des Canadiens et à des Européens de se rencontrer, cette simulation participe à un échange culturel très enrichissant. Elle est le reflet du monde interconnecté dans lequel nous vivons », ajoute Clémence.

La délégation de l’Université de Sherbrooke sur son départ

La SPECQUE débutera le 30 juillet à Prague. Les étudiants qui formeront la délégation de l’Université de Sherbrooke organiseront plusieurs événements de financement afin d’amasser les fonds nécessaires à la mise en œuvre de leur périple. Il est possible d’encourager ces étudiants en apportant une aide financière. Il s’agit là de supporter nos jeunes dans un projet qui met en vedette leur créativité, leur intelligence et leur dévouement. Pour davantage d’information, communiquez avec :  specque.usherbrooke17@gmail.com.

Sur la photo (de gauche à droite) :

Laurence Poulin, Guillaume Lévesque, Clémence Pavic, Harriet Vince, Éric Laverdure, Chloé Blouin-St-Gelais et Marie Talaia-Coutandin. (Absent : Jeremie Tessier-Vigneault).


Crédit Photo © Emanuelle Boutin-Gilbert

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