Quand le sport n’est plus qu’un simple jeu

Par Mathieu Rousseau

C’était le 14 février dernier. En cette journée internationale des amoureux, le toujours menaçant FC Barcelone se déplaçait justement dans la ville que certains se plaisent à appeler la « Cité de l’amour » afin d’y affronter le Paris Saint-Germain. Les deux équipes allaient se disputer le 1er match d’une série aller-retour dans le cadre des 8e de finale de la Ligue des champions de l’UEFA.

Le PSG est une équipe dangereuse, personne ne remet ce fait en question. Toutefois, avec le départ vers Manchester United cet été de son arme offensive, Zlatan Ibrahimovic, les experts ne donnaient pas cher de la peau de la formation parisienne face aux dangereux attaquants de l’équipe catalane. Cependant, une fois les 90 minutes de ce match aller disputées, les Messi, Neymar et Suarez n’avaient pas réussi à faire parler leur talent, si bien que le score final, 4-0 en faveur du PSG, prit la planète soccer par surprise. Si seulement elle savait ce qui l’attendait…

Le saviez-vous?

Avant de poursuivre, il est important de clarifier la formule des matchs éliminatoires dans les compétitions au soccer. Comme mentionné plus tôt, ces duels se règlent à l’issue d’une série de deux matchs aller-retour et non d’une série « 4 de 7 » avec lesquelles nous sommes habitués ici, avec les séries éliminatoires de la LNH. Dans ces séries aller-retour, si une équipe remporte les deux matchs, elle passe au tour suivant. Là où les choses peuvent se complexifier, c’est si les deux équipes se partagent les honneurs des deux rencontres. Dans cette situation, c’est le total des buts qui est pris en considération. Pour passer en quart de finale, le FC Barcelone doit donc remporter le match retour par cinq buts! Nous parlons bien d’un match de soccer ici. Aussi bien dire mission impossible…

C’est donc avec l’énergie du désespoir que le FC Barcelone reçoit le Paris Saint-Germain à son domicile le 8 mars dernier. Le match commence, et dès la 3e minute, Luis Suarez fait 1-0 pour les locaux. Il est encore trop tôt, malgré tout, pour commencer à croire à une remontée historique. Layvin Kurzama, avec un but contre son camp, double le score tout juste avant la fin de la première demie. Une victoire de 4-0 qui nous enverrait en prolongation serait-elle possible? Tout semble indiquer que oui lorsqu’à la 50e minute, le meilleur joueur au monde, Lionel Messi, fait 3-0 sur un tir de pénalité. Alors que l’espoir renait, cauchemar au Camp Nou lorsque Edinson Cavani marque et fait 3-1. Puisqu’il a encaissé un but à domicile, le FC Barcelone ne peut plus se contenter d’une victoire de 4-0 pour se donner la chance de gagner en prolongation. Il doit absolument l’emporter par cinq buts en temps réglementaire pour passer au tour suivant.

Un comeback impossible

C’est alors qu’à la 88e minute, alors que plus personne n’ose y croire, le prodige brésilien Neymar perce la défensive parisienne pour faire 4-1 avant d’en rajouter, deux minutes plus tard, avec un but sur tir de pénalité. C’est à ce moment 5-1 et tous les partisans du FC Barcelone sont assis sur le bout de leur siège, duquel ils bondissent tous lorsque, dans les arrêts de jeu, Sergi Roberto fait 6-1 à la suite d’un merveilleux jeu collectif, permettant ainsi au FC Barcelone de passer au tour suivant. C’est l’hystérie dans le stade, personne n’en croit ses yeux. Le FC Barcelone vient de réaliser l’impossible en complétant une remontée digne d’un scénario hollywoodien, et le PSG rentre à la maison bredouille, victime du plus gros retour en arrière de l’histoire de la compétition.

Autres remontées

Le FC Barcelone n’est pas la seule équipe à avoir défié les pronostics et complété l’improbable avec un spectaculaire retour de l’arrière. Nous n’avons qu’à penser aux Patriots de la Nouvelle-Angleterre qui, lors du dernier Super Bowl, ont fait taire leurs plus grands détracteurs avec une victoire en prolongation face aux malheureux Falcons d’Atlanta.

Les équipes sportives de Montréal ont aussi connu leur part de rebondissements dans les dernières années. Quel véritable partisan du Canadien ne se souvient pas du match du 19 février 2008 opposant le bleu-blanc-rouge à ses rivaux new-yorkais? Tirant de l’arrière par cinq buts après seulement 25 minutes, le CH s’était retroussé les manches et était parvenu à marquer cinq buts avant de conclure le tout avec une victoire en tirs de barrage, gracieuseté du capitaine Saku Koivu. Le Canadien venait de couronner la plus grande remontée de son histoire. L’Impact de Montréal a également eu droit à son histoire de Cendrillon récemment. Je parle bien sûr du but de Cameron Porter en 2015, lors du match retour des quarts de finale de la Ligue des champions de la CONCACAF contre l’équipe de Pachucha. Porter, du haut de ses 21 ans, était embarqué dans le match à la 85e minute en remplacement du vétéran Nigel Reo-Coker. À la suite d’une bombe de son coéquipier Calum Mallace, il marquait le but qui permettait à l’Impact d’égaliser et de l’emporter au total des buts, tout droit vers une future présence en finale de la Ligue des champions de la CONCACAF. Inutile de vous dire qu’encore une fois, les partisans présents ont bondi de leur siège.

Les belles valeurs associées

C’est ce qu’il y a de beau dans le sport. C’est en étant témoin de moments comme ceux-ci que l’on réalise que le sport, peu importe duquel il est question, est beaucoup plus qu’un simple groupe d’individus athlétiques se disputant un ballon ou une rondelle dans un contexte régi par un ensemble de règlements. Le sport n’est pas qu’un jeu. Le sport, c’est une métaphore de la vie de tous les jours. Le sport, c’est le dépassement de soi, c’est le travail en équipe, c’est de ne jamais abandonner face à l’adversité. C’est la raison pour laquelle des événements comme ceux énumérés plus haut réussissent à faire monter des larmes aux plus solides d’entre nous : le sport, c’est beau!

Nous pouvons conclure avec les commentaires de Neymar après le match aller : « Maintenant nous devons penser au prochain match et voir ce que nous pouvons faire pour faire tourner le vent en notre faveur. Ce sera très difficile, voire impossible, mais nous ne pouvons pas abandonner! » et après le match retour : « C’est le meilleur match que j’ai jamais joué. C’est quelque chose qui ne se produit qu’une fois dans une vie! Personne ne croyait que nous pourrions marquer six buts, mais nous l’avons fait! »


Crédit photo © lequipe.fr

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