Par Louis Gagner

Ne me prêtez aucune intention; les tenants résiduels du courant post-punk grouillent encore au cœur d’une scène underground qui foisonne. Simplement, l’héritage que présente cette exposition énonce une distinction subtile avec les fondements nihilistes d’un mouvement qui fait l’éloge de la destruction. Et pourtant! À une époque où les injustices s’abattent à torrents dans un monde en pleine déconfiture, l’œuvre que nous propose son commissaire, Sébastien Pesot, parvient à dissiper notre appréhension des lendemains incertains. En adoucissant les frontières du mouvement, celle-ci prête un caractère plus accueillant au mouvement punk, dès lors plus accessible pour les non-initiés, alors intrigués par un pan de l’histoire qui a forgé et inspiré toute une génération.

Contre-culture au Centre culturel

D’abord présentée à la Galerie d’art Antoine-Sirois au Centre culturel de l’Université le 14 janvier dernier, la collection d’œuvres empruntées pour l’occasion rassemble le travail d’une dizaine d’artistes. Parmi eux, on retrouve B.L.U.S.H, Brett de Palma, Paryse Martin ainsi que Meky Ottawa, peintre et cinéaste autochtone. À leur manière, par la photographie, l’installation, la vidéo, la peinture ou même la performance (réalisée lors du vernissage ce même 14 janvier), tous profèrent une pensée d’avant-garde par l’entremise d’une esthétique provocatrice. Pour les curieux qui s’intéressent au courant, l’éventail des œuvres présentées offre les premières lignes d’un bon livre à découvrir. Pour les plus gourmands du mouvement, la collation est frugale. On peut néanmoins se réjouir de la vitrine qu’occupe une telle exposition depuis maintenant un mois.

Spunkt, étymologie très punk

«Déconstruire pour reconstruire» est un vecteur idéologique qui s’insère dans la doctrine de la contre-culture. En accord avec ce phrasé, le toponyme derrière la dénomination Spunkt réaffirme cette idéologie par la contraction des vocables spunk (qui signifie avoir du cœur, du cran) et punkt (terme allemand qui rappelle le point d’équilibre). Les lettres qui ornent les deux extrémités du terme punk symbolisent l’ouverture à l’égard d’orientations nouvelles. Le renouvellement de la culture punk accueille ainsi des tendances dites plus contemporaines, moins hermétiques aux réalités de la plus jeune génération.

Sébastien Pesot, prof très punk

Au tournant des années 90, il est musicien puis producteur. Il obtient sa maîtrise en arts visuels puis débute sa carrière comme artiste-plasticien. Ce dernier ne perd aucun temps; il foule les continents pour parfaire son art et présenter ses œuvres. Bien que ses inspirations soient multiples, elles font toutes écho au courant post-punk qui a forgé son identité. Qu’on le reconnaisse comme artiste de performance ou comme chargé de cours à l’Université de Sherbrooke, Sébastien Pesot présente un curriculum pour le moins diversifié. Les plus aguerris se souviendront de General Fools ou alors de Dr. Placebo, groupes de musique au sein desquels M. Pesot assurait le tempo derrière les peaux à une époque où les lecteurs cassettes étaient encore greffés aux radios des autos.

Déconstruire pour reconstruire…

Pressez le pas vers la galerie d’art Antoine-Sirois puisque l’exposition sera démantelée ce dimanche 16 février pour laisser place aux œuvres de Ludovic Boney et Sylvie Rochette. Ainsi, le dicton prend donc tout son sens…

Pour consulter le calendrier des expositions, rendez-vous sur le site web de la Galerie d’art.


Crédit Photo @ La Tribune

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