Un stage estival au Sénégal

Crédit photo © Catherine Hughes

Par Catherine Hughes

La saison estivale se voit être un thème extrêmement large, dans lequel je me demandais bien comment je pouvais contribuer considérant que dans le passé, mes étés s’étaient contentés à travailler dans des emplois peu intéressants. Toutefois, à l’été 2015, j’ai participé à un stage de coopération internationale au Sénégal.

En août 2015, j’allais entamer ma deuxième année du Baccalauréat en histoire à l’UdeS. Je savais que je m’intéressais au continent africain et que je voulais me rediriger vers le développement international, par contre, je n’étais jamais allée en Afrique. Je me suis dit qu’il fallait bien y aller pour savoir si j’aimais réellement ça.

Ainsi, après avoir parlé avec quelques connaissances, je me suis mise à regarder les sites des ONG québécoises (Oxfam, Paul Gérin-Lajoie, Carrefour International, etc.) pour trouver leurs programmes Québec Sans Frontières. Le programme QSF permet aux jeunes de réaliser des stages de solidarité internationale. Ainsi, les programmes QSF sont différents des autres voyages humanitaires dont on entend parler, où les gens vont quelques semaines pour faire ce qui est maintenant connu comme du « tourisme humanitaire ». Après avoir été sélectionnée, tu participes à plusieurs formations pré-voyage. Ces formations sont essentielles pour la réussite du voyage. Je pense que n’importe qui voulant faire de la coopération doit être conscient dans quoi il s’embarque et la préparation en est la clé.

Dans mon cas, le projet de coopération visait à supporter des regroupements de femmes de villages sénégalais, c’est-à-dire travailler avec les femmes dans leurs champs. On y travaillait cinq jours par semaine, on vivait avec nos familles respectives, puis on participait à la vie familiale et du village. Je ne vais pas le cacher, c’est une expérience avec beaucoup de hauts, mais également de bas. Il faut être prêt à vivre dans un environnement complètement inconnu. Les odeurs, la nourriture, les paysages, les sons, tout est différent. Par exemple, le Sénégal étant un pays à prédominance musulmane, j’entendais la mosquée 5 fois par jour, et ce même à 3h du matin. Les chiens, chats, ânes, chèvres dans les rues, ça aussi c’est la norme. Après le temps d’adaptation, nécessaire et tout à fait normal, on voit la beauté derrière leur façon de vivre. Bien sûr que sur certains aspects, nos points de vue restent très différents. Cependant, en vivant dans une famille, tu réalises vite qu’à la base, c’est tout à fait pareil que comme chez nous.

La réussite d’un voyage du genre réside dans l’adaptation à la famille et l’intégration au sein de celle-ci. Les gens vous ouvrent leurs portes et vous accueillent au sein de leur famille et vous considèrent vraiment comme leur fils, fille, sœur ou frère. J’ai eu la chance de vivre au sein d’une famille dans laquelle j’avais deux sœurs adolescentes qui parlaient français (parce que bien que le français soit la langue nationale, le wolof est la langue couramment parlée dans les villages). Les centaines d’échanges que j’ai pu avoir avec mes sœurs sur des sujets bien diverses sont réellement les moments les plus marquants de mon expérience. Pouvoir parler de sujets tabous dans leur communauté était un grand privilège et une grande marque de confiance.

Si j’avais qu’un conseil à donner à n’importe qui, c’est de faire le plus d’expériences du genre. Ces expériences permettent d’en apprendre autant sur soi-même que sur nos ambitions. Bien que notre éducation universitaire nous en apprenne beaucoup, il n’y a rien comme des expériences concrètes… Et la saison estivale est la période parfaite pour le faire ! Un dernier petit conseil à garder en tête, renseignez-vous auprès de votre département voir si vos projets pourraient être crédités par l’université. Dans mon cas, le stage m’a été crédité comme un cours, qui m’a autant appris, sinon plus que des cours assis en salles de classe…


 

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