Stages rémunérés en enseignement : les mouvements étudiants célèbrent une victoire

Par Dorian Paterne Mouketou

Plusieurs mouvements étudiants au Québec célèbrent enfin la victoire d’une lutte de longue haleine avec le gouvernement du Québec. Ce dernier a mis en place, après des années de revendications étudiantes, le Programme de valorisation des futures enseignantes et futurs enseignants visant à rémunérer le stage final en éducation. Une nouvelle qui a fait la joie des principales associations étudiantes revendicatrices.

Une mesure attendue depuis longtemps

Le mouvement CRAIES,, Pour une compensation financière des stages de prise en charge et l’Union étudiante du Québec (UEQ) célèbrent le nouveau programme du gouvernement visant à accorder une compensation financière pour le stage final en éducation. « Le Programme a pour objectif de valoriser les futures enseignantes et futurs enseignants et la formation à l’enseignement. Il vise donc à reconnaître l’importance du rôle attribué au stagiaire et de sa participation à la réussite des élèves au cours de son stage final », indique sur son site le Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur du Québec.  

Interrogé par Le Collectif, Guillaume Lecorps, président de l’UEQ, voit cette annonce comme une bonne nouvelle. « L'UEQ accueille favorablement l'officialisation de la bourse de 3900$ pour chaque stagiaire au stage 4 en enseignement. Il s'agit d'un excellent premier pas vers la juste compensation financière des stages », a-t-il déclaré. Les stages rémunérés sont essentiels pour prévenir la précarité des futurs enseignants et enseignantes. « Les revendications mises de l'avant par l'UEQ et la CRAIES visaient à obtenir une compensation juste et à mettre fin à la précarité des stagiaires durant leur stage. Avec le versement d'une portion de la bourse en début de stage, nous venons directement nous attaquer à la situation de précarité vécue durant le stage », a ajouté le président de l’UEQ.

La Fédération étudiante de l’Université de Sherbrooke voit l’initiative du gouvernement d’un bon œil. « La FEUS salue l’initiative gouvernementale et les efforts mis dans la valorisation de la profession enseignante dans son ensemble. Il s’agit d’un pas important vers la reconnaissance du travail des stagiaires, un enjeu d’importance capitale pour nous. Aussi, il s’agit d’un pas dans la bonne direction quant à la lutte à la précarité qui touche massivement la population étudiante », souligne Roxanne Gaudreault, présidente de la FEUS. Tout comme les autres fédérations étudiantes, la FEUS s’est impliquée dans cette lutte. « Assez tôt dans l’historique de cette lutte, l’AGEEFEUS, une des premières associations à avoir joint le mouvement de la CRAIES, a demandé aux associations membres de la FEUS du soutien dans cette lutte, soutien qu’elle a reçu. Ainsi, la FEUS s’est toujours impliquée dans le dossier aux côtés des représentants et représentantes d’éducation, plus dans une optique de support que comme leader », fait remarquer la chef de l’exécutif.

Tout est gagné?

Guillaume Lecorps croit que le geste du gouvernement marque un pas dans la bonne direction. Toutefois, il reste du travail à faire : « certaines améliorations pourront être apportées dans l'avenir, que ce soit au niveau du montant de la bourse, de la logistique des versements ou de la communication des informations relatives au programme. L'UEQ poursuivra son suivi avec les différents ministères afin de s'assurer que le programme soit optimal et qu’il reflète les réels besoins des stagiaires », lance-t-il. La somme de 3 900 $ que recevront les stagiaires en enseignement n’aura donc pas réglé tous les problèmes. C’est du moins ce que croit la présidente de la FEUS. « Le statut de stagiaire reste un grand oublié en termes de conditions. Les mesures actuelles seront bénéfiques pour les étudiants et étudiantes en éducation, mais laissent de côté des milliers d’autres stagiaires qui font un travail considérable dans leur milieu », note-t-elle.

Garder un vent d’optimisme

« Il ne faut pas s’asseoir sur les gains actuels, mais plutôt utiliser cette ouverture pour faire reconnaître le droit des stagiaires à des conditions de travail décentes et à la hauteur de la charge qu’ils et elles ont à prendre sur leurs épaules », a conclu Roxane Gaudreault. La FEUS espère que cette mesure ouvrira une porte pour que les stagiaires aient de meilleures conditions dans leurs milieux de stage. Guillaume Lecorps appuie cette perspective dans la même lancée. « Par ailleurs, il est clair que les stagiaires du Québec méritent un peu plus d'amour. En effet, plusieurs milieux de stage - bien souvent traditionnellement féminins et en milieu public - devront rapidement se voir compensés financièrement et voir leurs conditions améliorées. Il est anormal que nous observions une si grande disparité entre les stages en milieu privé et en milieu public », a-t-il terminé à son tour.

« À tous les profs de demain, à tous les profs d'aujourd'hui, à tous ceux et toutes celles qui croient que la profession enseignante doit être valorisée et que l'éducation au Québec doit être une priorité, cette victoire vous appartient. »

- Antoine Côté, porte-parole de la CRAIES, et Guillaume Lecorps, président de l’Union étudiante du Québec.

Le mouvement CRAIES plus qu’enthousiaste

Le 27 août dernier, le mouvement publiait le fruit de ses revendications sur ses plateformes web. Dans une publication Facebook, le mouvement écrivait : « Aujourd'hui, soyons heureux. L'Aide financière aux études vient de dévoiler son programme de valorisation des futures enseignantes et des futurs enseignants ». Celui-ci compte faire une campagne d’information à travers le Québec pour annoncer cette « bonne nouvelle ». D’une main liée dans cette solidarité, le porte-parole de la CRAIES, Antoine Côté, et le président de l’UNQ, Guillaume Lecorps, s’exclamaient : « À tous les profs de demain, à tous les profs d'aujourd'hui, à tous ceux et toutes celles qui croient que la profession enseignante doit être valorisée et que l'éducation au Québec doit être une priorité, cette victoire vous appartient ».


Crédit Photo @ Journal Métro, Chantal Lévesque

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