L’île de Vancouver, c’est aussi de l’eau et des montagnes à perte de vue. 


Par Virginie Roy 

Partir en stage à l’autre bout du pays en pleine pandémie, c’est comme si ta meilleure amie te surprenait avec ton repas préféré quand tu n’as pas le moral, chaque jour, pendant 15semaines.  

J’ai toujours rêvé de partir m’installer dans un endroit étranger pour vivre à 100la vie locale, mais je ne pensais pas que Victoria serait cet endroit. Jusqu’en novembre dernier, je n’avais même aucune idée qu’il y avait une différence entre Vancouver et l’île de Vancouver.  

Le 25 novembre 2020, j’apprenais que moins de 40jours plus tardje quitterais le Québec pour vivre l’expérience britanno-colombienne. Après une session à l’étranger annulée et plusieurs sacrifices pandémiques, l’année2021 s’annonçait déjà beaucoup plus plaisante que celle d’avant…  

Je crois avoir atterri dans le meilleur des deux mondes : être dépaysée quand je le souhaite tout en me sentant chez nous. En effet, mon stage à la Société francophone de Victoria me permet de travailler en français et d’avoir fait la rencontre de Québécoises qui comprennent mes référents et avec qui l’amitié fut facile à forger.  

L’importance de la communauté 

Je ne vous apprendrai rien de nouveau en disant que l’achat local a pris une ampleur d’autant plus importante depuis le début de la pandémie. À Victoria, et un peu partout sur l’île, j’ai été impressionnée de voir à quel point la communauté se tenait fort. 

Chaque restaurateur semble acheter ses ingrédients auprès d’agriculteurs du coin, les commerçants promeuvent les produits britanno-colombiens et les citoyens choisissent la boutique du coin avant la grande chaîne mondiale. Une belle leçon tirée et que je souhaite incorporer dans mon quotidien à mon retour au Québec.  

Le respect entre individus m’a également touchée. Les chauffeurs d’autobus attendent patiemment que l’aîné soit sécuritairement assis avant de repartir. Une majorité de gens remercie chaleureusement le conducteur avant de débarquer. Les cyclistes et les automobilistes se côtoient sur la route sans anicroche. On se dit Hi partout dans mon quartier, que ce soit la dame aux cheveux blanchissants ou l’adolescent un peu skateux 

Sensibilité linguistique 

Être francophone en milieu minoritaire m’a fait prendre conscience du concept d’insécurité linguistique. Comme l’explique le journaliste Etienne Plamondon Emond, ce concept «désigne un sentiment d’infériorité ou d’incompétence vécu par plusieurs francophones en contexte minoritaire lorsqu’ils s’expriment en français, même s’il s’agit de leur langue maternelle.»  

J’ai de la facilité avec l’orthographe et les accords. Je détecte aisément les anglicismes, les tournures critiquées et les erreurs de syntaxe. Si l’insécurité linguistique a la mention d’être «en contexte minoritaire» dans sa définition, je prends conscience que le français est une langue compliquée et que, même au Québec, il faut faire attention de ne pas isoler ceux et celles pour qui cette facilité n’est pas aussi présente.  

Comme quoi en stage, on fait des apprentissages tant sur le plan professionnel que sur le plan personnel!


Crédit photo @ Virginie Roy

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