Par Alexandre Leclerc

Le festival de Sundance est déjà derrière nous. Il a récompensé, le 1er février dernier, les meilleurs films en compétition. Dans l’une des meilleures éditions de Sundance des dernières années, les réalisatrices ont brillé en remportant plusieurs prix d’envergure. Retour sur l’un des plus grands festivals de cinéma indépendant au monde.

Longs métrages américains (U.S. Dramatic Competition)

C’est sans grande surprise que Minari s’est vu récompensé à la fois du Grand Prix du Jury et du prix du public, devenant ainsi seulement le 8e film à accomplir cet exploit. Le prix de la meilleure réalisation est allé à Radha Blank pour The 40-Year-Old Version, portant sur une dramaturge qui entreprend un changement draconien de carrière à 40 ans et qui se lance dans la musique rap. Le meilleur scénario est allé au film Nine Days, film surnaturel et métaphysique dans la lignée des Charlie Kaufman et Michel Gondry de ce monde. La distribution de Charm City Kings a également été récompensée, et notamment son jeune trio d’acteurs qui livrent une performance haute en émotions. Le meilleur film d’auteur a été remis à Josephine Decker pour Shirley, biographie de l’auteure Shirley Jackson. Enfin, l’excellent Never Rarely Sometimes Always a remporté un prix spécial du Jury pour saluer le néoréalisme dont a fait preuve la réalisatrice Eliza Hittman.

Documentaires américains (U.S. Documentary Competition)

Nous faisions mention, dans notre précédent article sur Sundance, des documentaires Boys State et Dick Johnson Is Dead. Tous deux ont été récompensés lors de la cérémonie de remise de prix. Alors que le premier a reçu le prix du Jury, le second s’est sauvé avec un prix spécial pour sa trame narrative innovante. Ce sont deux prix grandement mérités. Le prix du public est allé à Crip Camp, film sur un camp de vacances pour personnes handicapées, dont les participants sont devenus avec le temps des activistes importants de la lutte pour plus d’inclusion. Le documentaire est d’ailleurs produit par les Obamas. Le prix de la meilleure réalisation est allé à Garrett Bradley pour Time, un documentaire sur un Afro-Américain emprisonné par erreur, produit par le New York Times. Les autres documentaires lauréats incluent Feels Good Man, Welcome to Chechnya et The Fight. Ce dernier, portant sur les joutes légales entourant les restrictions de l’immigration par l’administration Trump, a notamment remporté le prix spécial pour le plus grand impact social.

Longs métrages et documentaires internationaux (World Cinema Dramatic & Documentary Competition)

La compétition officielle de Sundance se divise depuis ses débuts entre une compétition typiquement américaine et une internationale. Alors que Yalda, a Night for Forgiveness et Epicentro ont remporté les prix du Jury pour les catégories de fiction et documentaire respectivement, Identifying Features et The Reason I Jump ont quant à eux mérité le prix du public. Parmi les gagnants notoires, Ben Whishaw (Surge) a remporté avec brio le prix du meilleur acteur pour une performance inspirée et dévouée, et la réalisatrice française Maïmouna Doucouré a reçu le prix de la meilleure réalisation pour Cuties, prochainement sur Netflix.

Globalement, l’édition 2020 du festival de films de Sundance est l’une des meilleures des dernières années : 44 % des films en compétition ont été réalisés par des femmes, et 34 % par des personnes de couleur. De même, le Québécois Alexandre Dostie a eu l’occasion d’y présenter son court-métrage Je finirai en prison. Il n’a malheureusement pas remporté de prix.

Nous tenons à remercier le soutien financier de Projet Milieu, ainsi que CFAK et Le Collectif, qui rendent cette couverture possible.


Crédit Photo @ Sundance Institute

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