Super Lynx Deluxe : la sauce n’est pas réinventée, mais elle nous fait groover

Par Jean-Christophe Morin

Deux ans après la parution de l’excellent Zulu, Galaxie retente de nous faire taper du pied de façon incontrôlable au moyen de rythmes endiablés et de paroles complètement loufoques. Si Super Lynx Deluxe présente assez peu d’éléments nouveaux, il réussit à tout le moins le mandat de nous tenir en haleine et de nous faire claquer des doigts.

Au fil des albums, Olivier Langevin et sa bande de bleuets ont tranquillement délaissé le « son du Lac » pour atteindre un mélange déjanté entre le rock pesant et l’électro. Un cocktail agrémenté par des paroles absurdes qui sont, bien entendu, toujours en majuscules. Ce nouvel opus présente une suite logique à Zulu et Tigre et Diesel; Langevin délaisse peu à peu le son original de Galaxie pour laisser une grande place aux synthétiseurs et créer des ambiances planantes.

La première moitié du disque est tonique. La frappe brute de Pierre Fortin à la batterie combinée aux typiques riffs de Langevin crée un ensemble qui dégage une énergie absolument folle. Des lignes sans queue ni tête telles que « On est des Super Lynx Deluxe baby, on brise le mur du son » agrémentent cet ensemble déjà dynamique et on saisit aisément que les musiciens ne se prennent pas trop au sérieux et ne tiennent qu’à casser la baraque. Mission accomplie pour ce qui est des trois premiers titres.

Ceci étant dit, malgré sa courte durée, l’album s’essouffle relativement rapidement. Jujube sent le déjà vu et O XO OOXO est loin d’être la meilleure pièce que Galaxie ait composée jusqu’à maintenant. Une aura de réchauffé plane autour de plusieurs riffs, mais fort heureusement les synthétiseurs sauvent la donne. Leur usage est dosé avec flair. Que ce soit dans les moments half-time de Big Ass Bloody Ceasar ou dans les vacillements de l’excellente MDMA, ils créent une ambiance planante qui offre une pause entre les passages de rock brut. Et que dire de Barabbas : la dernière pièce est un morceau ambiant qui présente une atmosphère brumeuse et qui constitue probablement le seul véritable élément de nouveauté de tout l’album.

Les deux derniers disques du groupe présentaient une production impeccable, et force est de constater que ce nouvel opus n’échappe pas à la tradition. Il est d’ailleurs intéressant que des pièces de style quasi rock de garage présentent des arrangements si minutieusement réfléchis et exécutés. Là se trouve en partie le charme de Galaxie : gît en surface une énergie brute et des paroles faisant croire à un « je-m’en-foutisme pis je fais de la pilule au Lac Saint-Jean », mais une si belle attention aux détails et à la production est à l’arrière-plan. Quoi qu’il en soit, une indéniable dose de groove se retrouve dans ce nouvel album malgré ses quelques imperfections et vous aurez la gigote en l’écoutant.


Crédit Photo @ Galaxie

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