Par Megan Morin-Gendron

Sorti en 2019, le documentaire Sur la corde raide, réalisé par le Franco-Ontarien Claude Guilmain, a été présenté dans le cadre du Festival cinéma du monde (FCMS) virtuel, qui s’est déroulé du 18 au 25 juin. Le long métrage est disponible gratuitement sur le site de l’Office national du film du Canada (ONF), et présente les coulisses d’un moment historique : les raisons du refus canadien d’intervenir en Irak en 2003 aux côtés des États-Unis.

Le film met de l’avant la relation entre le Canada et son voisin du sud suite à la grande décision prise par les Américains d’envahir l’Irak en 2003. Cette décision a fait suite à l’attentat terroriste du 11 septembre 2001 à New York, qui a amorcé la « révolution Bush », modifiant le cours de la politique étrangère. Les États-Unis ont d’ailleurs toujours fait des interventions sur la scène internationale, dans le cadre où cela servait leurs propres intérêts économiques et géostratégiques.

Le long métrage documentaire informe le public sur la nature des décisions de l’équipe du 43e président des États-Unis George W. Bush, qui ont radicalement changé avec les attentats du 11 septembre. La politique américaine à l’égard de l’Irak a ainsi pris le chemin de la guerre. Le sort de l’Irak et de son dirigeant, Saddam Hussein, a été rapidement mis sur la table : le président et plusieurs conseillers ont démontré leur intention de procéder à un changement. Tout a été mis à disposition pour rassembler le gouvernement américain, le Congrès, l’opinion publique et l’Organisation des Nations unies (ONU).

C’est à ce moment précis que le rôle du Canada entre en jeu. « Cette décision historique aurait pu être lourde de conséquences pour le Canada », peut-on lire dans le synopsis du documentaire. « En s’opposant au principe de la guerre préventive élaboré à Washington et aux ambitions du complexe militaro-industriel soutenues par le Pentagone, le Canada prend ses distances dans un contexte international tendu », explique Claude Guilmain en entrevue avec le journal Le Droit.

Par le refus de participer à l’invasion en Irak, certains Canadiens et pays alliés craignaient des représailles de la part des Américains, comme il est expliqué dans le documentaire. Cependant, pour Jean Chrétien, premier ministre du Canada de 1993 à 2003, « c’était une très grande affirmation de l’indépendance du Canada au cours des 50 à 75 dernières années ». Cette prise de position respectait les valeurs canadiennes.

Le documentaire de Claude Guilmain présente des personnages importants lors de plusieurs moments historiques, dont le très honorable Jean Chrétien et ses conseillers politiques, Claude Laverdure et Edward Goldenberg. Il a aussi fait des entrevues avec l’ex-ambassadeur du Canada aux Nations Unies, Paul Heinbecker, des analystes militaires, des universitaires et des journalistes pour clarifier les événements. Beaucoup de travail et de recherches ont été faits pour ce documentaire d’une durée de 1 h 22 minutes.

Il faut mentionner que les différentes photos d’archives ainsi que les images utilisées dans le film ont été prises par des photographes de guerre, qui font un travail exemplaire dans des conditions défavorables et dangereuses pour leur propre vie.

Ce documentaire est une belle façon de bien comprendre de ce qui s’est réellement passé et ce que le Canada a fait pour respecter son indépendance face aux Américains. Que vous soyez un mordu de la politique ou non, ce documentaire s’adresse à tous.

À propos du réalisateur

Claude Guilmain est un auteur, scénographe, metteur en scène et réalisateur. Il a aussi réalisé un documentaire au sujet du Royal 22e Régiment à la suite de son passage en Afghanistan en 2011. Cette expérience l’a d’ailleurs inspiré pour son dernier documentaire : « Cette situation est devenue la base du documentaire Sur la corde raide », mentionne M. Guilmain sur le site de l’ONF.

Finalement, ce n’est pas le premier film qu’il réalise pour l’ONF, mais bien le septième. Il a réalisé entre autres Portrait d’un parfait inconnu (2006), Entre les lignes (2008), La sentinelle (2010) et Le 22e Régiment (2011).


Crédit Photo @ Office National du Film

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