Par Emanuelle Boutin

Blonde aux yeux bleus, souriante, chaleureuse et volubile, Jessica Janssen correspond un tout petit peu, juste un peu, à l’idée qu’on se fait d’une Allemande. Venant du nord de ce pays, nous l’avons rencontrée afin de déconstruire les stéréotypes allemands.

«L’Allemagne dont on entend davantage parler est généralement l’Allemagne du Sud…», affirme Jessica alors qu’elle décrit les traditions et les coutumes de son pays. L’Oktoberfest qui arrive tout droit de Bavière est un bel exemple. La choucroute et la saucisse en sont d’autres.

Qu’est-ce qui différencie l’Allemagne du Nord de celle du Sud alors? «Les gens que vous y rencontrez vous sembleront peut-être froids, mais une fois que ce sont vos amis, ce seront vos amis pour la vie», répond-elle, heureuse de vanter cette qualité bien de chez elle.

Puisque cette édition se veut la dernière avant les fêtes et qu’elle est dédiée aux festivités marquant le solstice d’hiver, Jessica en profite pour décrire toutes ces traditions que l’on pratique ici et qui nous sont parvenues de son pays d’origine.

Allemagne: berceau des Fêtes

«Les marchés allemands, les Christkindlmarkt, sont assez connus, c’est une bonne tradition allemande», commence-t-elle. «On installe des petits kiosques où on y vend de la nourriture, des boissons, le vin chaud, les saucisses, les biscuits, les pains épicés, et il y a aussi des gens qui vendent des petites figures faites en bois, ce sont vraiment des artisans qui vendent leurs produits et c’est une belle atmosphère…», raconte-t-elle, le sourire aux lèvres.

D’ailleurs, «au sud de l’Allemagne, à Nuremberg, se trouve le plus populaire des marchés de Noël allemands», ajoute-t-elle. Il faut rappeler que cette tradition remonte à il y a très longtemps, en fait certains écrits disent que l’existence du marché de Noël daterait de 1296.

Il va s’en dire qu’il faut également parler du fameux calendrier de l’avent, repris aujourd’hui à toutes les sauces. Apparue en Allemagne, au XIXe siècle, cette tradition consistait alors à accrocher tous les jours, dès le début du mois de décembre jusqu’au 24, une image pieuse. Ce n’est que tout récemment, en 1958, que le calendrier de l’avent comme on le connaît aujourd’hui, avec des petites fenêtres à ouvrir et du chocolat qui s’y cache, apparaît pour la première fois.

L’arbre de Noël, les couronnes et les décorations sont des coutumes apparues autour du XVIe siècle et qui proviennent également d’Allemagne.

Le Père-Noël

La célébration du Saint Nicolas arrive quant à elle un peu plus tôt en Europe, soit au XIIe siècle. D’abord une figure célébrée dans les régions aujourd’hui délimitées par les frontières de la Turquie, le culte de ce saint est exporté jusqu’au Nord, en France, lors de croisades puis traverse vite les frontières jusqu’aux Pays-Bas, en Belgique et en Allemagne. Prenant différents noms selon les régions – Knecht Ruprecht en Allemagne, Krampus en Bavière orientale et en Autriche ou encore Hans Trapp au Palatinat et en Alsace – c’est des racines flamandes de Sinter Klaas qu’on tire l’appellation actuelle de Santa Claus.

Pour ceux qui croient que c’est Coca Cola qui a inventé la représentation du Père-Noël comme on la connaît aujourd’hui détrompez-vous, car l’image «[d’]un lutin sympathique, fumant la pipe, dodu et souriant, qui distribue les cadeaux en se déplaçant sur un traîneau tiré par huit rennes» se retrouve pour la première fois dans un conte écrit par un pasteur américain, Clément Clarke Moore, dans les années 1820.

L’idéal, après avoir revu toutes ces traditions liées à la fête de Noël, c’est encore d’aller passer un mois de décembre en Allemagne pour vivre réellement la féerie de ces festivités. Pour ceux qui veulent voyager sans les coûts astronomiques liés au transport en avion, il y a une panoplie de marchés de Noël en région jusqu’à Montréal et Québec.

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