Surprise et déception

Par Charles Ferron

Malgré son superbe match contre les Carabins, Sherbrooke devra absolument aller remporter une autre victoire si l’équipe veut participer aux éliminatoires. Avec sa défaite contre les Stingers la semaine suivante, le Vert et Or ne détient officiellement pas les bris d’égalité sur McGill et Concordia et sera forcé de battre Laval pour rester en vie.

Peu de gens donnaient une chance au Vert et Or contre les Carabins, encore invaincus à 6-0 au début du mois. Même si Sherbrooke avait bien joué lors du premier duel à Montréal perdant une rencontre serrée 18-9, l’équipe de Mathieu Lecompte était vue comme les négligés par la grande majorité des observateurs en raison de leurs nombreux problèmes offensifs.

Avant son affrontement contre Montréal, l’unité offensive menée par Anthony Robichaud et brièvement Zachary Cloutier au poste de quart n’avait été en mesure de marquer que 16,6 points par match. Pire encore, Sherbrooke n’avait que 5 touchés en 5 parties et un seul par la voie des airs. Montréal, de son côté, n’accordait que 9 points par match et avait limité le Rouge et Or à 18. En résumé, avant même de connaitre l’identité du quart partant contre les Carabins, on devait espérer un duel défensif du côté de Sherbrooke.

Les Carabins muselés

Pourtant, c’est plutôt le quart-arrière, Dimitri Morand, et son offensive qui ont connu énormément de difficultés durant le match, récoltant 134 verges totales dans les deux premiers quarts de jeu. Les Carabins ont eu le ballon à 8 reprises lors de cette demie et Montréal a réussi plus de 28 verges sur une seule de ses séquences. Celle-ci s’est finie avec une interception, la deuxième de la partie, par le demi défensif Jean-Simon Guilbert dans le territoire de Sherbrooke. Morand est revenu au troisième quart avant d’être remplacé par Frédéric Paquette-Perreault après avoir mené deux séries se terminant en deux jeux et un botté de dégagement.

Dans cette même demie, Sherbrooke était tout simplement en feu. Anthony Robichaud entre autres a été presque parfait. Il a lancé ses deux premières passes de majeurs de la saison à Khennache et Moisan tout en étant très précis et en prenant de bonnes décisions. Louis Tardif a aussi ajouté un placement de 24 verges au pointage, faisant 17-2 Sherbrooke à la demie. C’est cependant au quatrième quart que l’offensive du Vert et Or a montré son caractère.

Mené maintenant par Paquette-Perreault, les Carabins revenaient dans le match et n’étaient qu’à 8 points de créer l’égalité après un touché de 38 verges du porteur Giraud. Sherbrooke se devait de répliquer et c’est ce que l’équipe a fait. Sur le premier jeu de la séquence subséquente, Robichaud a rejoint William Flamand sur une petite passe que le receveur a transformée en 51 verges en suivant la ligne de côté. Ce fut suffisant pour aller chercher un placement de 32 verges, quelques essais plus tard, et donner une avance de 23-12. Étant contraints de marquer deux fois par ce trois point supplémentaire, les Carabins ont dû se contenter d’un placement en deuxième et 10 au 18 de Sherbrooke avec 27 secondes à jouer. Montréal a ensuite raté le botté court et perdu le match 23-15.

Quatrième quart à oublier

C’est avec beaucoup de confiance que Sherbrooke s’est présenté pour la partie face à Concordia et ça paraissait. Après trois quarts, le Vert et Or dominait complètement à tous les niveaux : temps de possession, verges totales et positionnement de terrain. L’équipe avait toutefois laissé beaucoup de points au tableau. Louis Tardif a raté deux placements alors qu’il en avait manqué un seul durant l’année et Sherbrooke a été arrêté à la porte des buts à deux reprises, ne se contentant que de 6 points. L’unique majeur à ce point-ci de la rencontre a été inscrit par Charles Giroux avec 19 secondes à jouer au deuxième quart lorsqu’il a brisé quelques plaqués pour marquer sur 13 verges. Le pointage après 45 minutes : 16-3 Sherbrooke.

Tout était néanmoins encore possible pour les Stingers. Quelques séquences après un touché de Jeremy Murphy, William Benoit a intercepté au 32 de Concordia une passe de Robichaud qui semblait avoir été déviée à la ligne de mêlée permettant un deuxième placement pour Concordia. Les Stingers ont continué à attaquer grâce à James Tyrrell, qui capta une passe de 42 verges au-dessus de son épaule en double couverture pour amener son équipe à la porte des buts. Kevin Foster en profita, le jeu suivant, pour faire 20-16 Concordia. Robichaud a tenté d’aller répliquer, mais en troisième essai au mi-terrain, il lança une interception qui a été retournée pour un majeur par Khadeem Pierre avec 52 secondes à faire, ce qui scella le sort de Sherbrooke. Score final : 27-19 Concordia.

Le plus gros test de la saison

En raison de cette défaite, Sherbrooke n’a pas le choix. Ils doivent l’emporter à domicile le 26 octobre contre Laval pour continuer leur campagne puisqu’ils ne détiennent aucun bris d’égalité vis-à-vis leurs rivaux au classement. Le Vert et Or a perdu le différentiel de points contre McGill par 5 et possède une fiche de 0-2 face aux Stingers. Comme Concordia et McGill s’affrontent lors de la dernière semaine d’activité, l’une des deux formations va terminer sa saison à 2-6. Pour survivre, Sherbrooke doit donc finir avec une fiche de 3-5.

La tâche ne sera pas facile pour le Vert et Or. Sherbrooke n’a jamais gagné dans toute son histoire face à Laval. Voici toutefois quelques facteurs qui pourraient aider Sherbrooke. D’abord, en raison des performances en dent de scie de Samuel Chénard, le Rouge et Or a été obligé de changer de quart-arrière au milieu de la campagne et de faire jouer une recrue, Thomas Bolduc. Habituellement, Laval préfère utiliser des quarts-arrière qui ont passé deux ou trois années sur le banc à apprendre le système de Glen Constantin, mais le Rouge et Or n’a pas ce luxe cette année. Sherbrooke sait donc que Laval va prioriser son jeu au sol. Ensuite, ce match ne veut rien dire pour Laval. Ils ont déjà solidifié leur première place avec leur victoire contre Montréal la semaine précédente et pourraient décider d’économiser leurs joueurs vedettes pour les éliminatoires. Finalement, Sherbrooke a connu une bonne demie à Laval lors du premier affrontement. Si l’équipe peut reproduire cette demie durant 60 minutes devant leurs partisans, elle aura une chance, même si celle-ci est très mince.


Crédit Photo @ Yves Longpré

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