Suspiria : « Give your soul to the dance »

Par Inès Lenglet

Envie d’écouter un film cette semaine ? Laissez-vous tenter par Suspiria, film fantastique et d’horreur, réalisé par Luca Guadgnino. Nous l’avons vu et nous vous en parlons…

Présenté pour la première fois à la 75e édition du festival international de la Mostra de Venise, Suspiria est un remake du film éponyme de Dario Argento, sorti en 1977. Sorti le 9 décembre dans les salles, le film présente un mélange des genres, entre horreur, fantastique, suspense et policier.

Synopsis

Composé en 6 actes et un épilogue, Suspiria raconte l’histoire de Susie Bannion (Dakota Johnson), une jeune danseuse américaine, qui intègre l’école de danse de ses rêves, Markos, située à Berlin, dans les années 70 ; elle les réalise d’autant plus quand Madame Blanc (Tilda Swinton), une professeure réputée, participe à son examen d’entrée. Pourtant, tout dégringole petit à petit : des danseuses disparaissent ou quittent le cursus. Susie, comme le spectateur, commence à avoir des doutes. De plus, la disparition de Patricia (Chloë Grace Moretz), récemment renvoyée de Markos, interpelle son psychiatre, le Dr. Josef Klemperer (Tilda Swinton) qui commence alors à enquêter. Dans ce contexte de tension politique, serait-ce une école de danse banale ou une façade pour une secte de sorcière, comme Patricia le prétendait ?

La danse comme moyen de communication

Ce qui rend le film vraiment intéressant est l’utilisation qui est faite de la danse : art communicatif, il est utilisé comme lien, comme moyen de communication entre les différents personnages. Elle exprime l’intériorité d’un personnage par son interprétation, mais surtout la douleur : douleur physique, douleur psychologique, infligées à soi-même mais aussi aux autres. Les sorcières utilisent les mouvements de la danseuse principale pour manipuler la danseuse à punir, associant alors les deux corps, l’un marionnette, l’autre marionnettiste. La danse n’est plus belle, elle est douleur.

Une ambiance particulière

Le traitement de la couleur, dans des tons sombres et désaturés, donne une ambiance inconfortable : tout est gris, fade, nous sommes facilement mal à l’aise devant l’écran. Mais cela est surtout dû aux différents plans : oubliez les jumps scares, votre angoisse viendra plus des plans fixes que de réels éléments de surprise.

Les seules couleurs réellement présentes sont le rouge, l’orange et le jaune ; ce sont les seules tons chauds du film. Et du rouge, vous allez en voir! Entre le sang qui gicle par litres, les cheveux roux de Susie ou encore les costumes de danse, cette couleur est mise en avant, grâce aux tons fades habituels, étant la couleur des excès, de la féminité et des secrets, lorsqu’il est sombre.

Si vous n’arrivez pas à tout saisir du premier coup, ne vous inquiétez pas! Nous n’avions pas tout compris non plus, de prime abord. En plus d’être un remake - donc référencé -, il est celui du second opus d’une trilogie ! Dans tous les cas, avec ou sans la référence, ce film ne vous laissera pas de marbre.


Crédit Photo @ Suspiria

Partager cette publication

Laisser une réponse