Ta mort à moi : un roman qui n’est pas à l’eau de rose

C’est en ouvrant un colis livré à la porte de ses locaux que l’équipe du journal Le Collectif a fait la découverte du dernier roman de l’auteur multitalentueux, David Goudreault, intitulé Ta mort à moi. Une œuvre qui, à travers son intrigue, entraîne le lecteur dans différents univers et le confronte à ses propres travers et valeurs. Diplômé de l’Université de Sherbrooke en travail social, David Goudreault est on ne peut plus versatile. Slameur, poète, romancier et animateur, l’artiste nous transporte cette fois-ci dans un contexte totalement différent. 

Par Martine Dallaire

 

Un récit axé autour de la vie d’un génie créatif

La thématique de la fatalité est exploitée dans cette œuvre relatant l’existence mouvementée d’une poétesse, dont la vie est bouleversée dès l’enfance. Elle vit dans une famille meurtrie à jamais par un terrible drame. S’enchaînent, à un rythme soutenu, différentes épreuves qui créent de petits et grands tourments dans la vie de l’inventive poétesse et qui, malheureusement, entraîneront sa déchéance. Se pourrait-il que la vie des inventeurs et des génies créatifs soit dotée d’un dénominateur commun ? Celui de graviter autour de drames ?

 

Des personnages tourmentés

Le lecteur entre dans l’univers et le journal intime de Marie-Maude Pranesh-Lopez, une future écrivaine de renom, au visage ingrat, vivant au sein d’une famille dysfonctionnelle où la vie est parsemée d’embûches. Celle-ci a un frère jumeau, Victor-Hugo, avec qui elle n’a rien en commun, qui s’avère être le protégé de la matriarche qui ne voue qu’un intérêt second à sa fille aînée. Idolâtré par sa mère, le cadet occupe une grande partie de la première partie du roman. Arrive ensuite son père : un immigrant et écrivain raté pour qui le travail passe au second plan et qui, négligé par sa femme, butine de maîtresse en maîtresse. Il voue cependant de l’affection à sa fille et semble lui porter de l’admiration. Enfin, sa mère Dolorès est une enseignante obsédée du français avec qui elle ne s’entend pas du tout. Ce n’est pas pour rien que cette brillante fillette est aux prises avec des troubles de l’attachement et qu’elle parvient difficilement à s’intégrer dans la société. Celle-ci confie d’ailleurs à son journal intime qu’elle aimerait mieux être jolie et populaire que brillante.

Des clins d’œil à la littérature et… au travail social

En parcourant les pages de Ta mort à moi, on remarque une forme d’hommage aux génies littéraires qui ont marqué les différents siècles, particulièrement les plus tourmentés. D’autre part, l’auteur évoque certaines références à sa formation en tant que travailleur social. C’est le cas notamment lorsque l’histoire s’arrête, et qu’en aparté, il y a des explications relatives à différentes problématiques comportementales, histoire de comprendre ce qui se passe dans la tête de l’héroïne. Légers, les commentaires prennent l’allure de fun facts, question de ne pas alourdir davantage l’histoire. 

 

Un livre qui se lit d’une seule traite

Si le contexte dans lequel évoluent les différents personnages peut sembler lourd, il n’en demeure pas moins que les différents rebondissements captivent le lecteur jusqu’à la fin. Force est de reconnaître que l’on se retrouve un peu dans les grandes questions existentielles que se pose la poétesse.

 

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