Te crois-tu en vacances?

Edito-MCBarretteSi des milliers de membres des différentes associations étudiantes au Québec ont donné leur appui à la manifestation, trop peu d’entre eux semblent se rendre dans les rues. Où sont cachés les étudiants qui ont voté en faveur de la grève contre l’austérité?

Par Marie-Claude Barrette

Nous avons entendu plusieurs fois dans les reportages télévisés que « la population a peur d’aller dans la rue pour manifester ». Or, a-t-elle réellement peur ou utilise-t-elle cette raison pour s’éclipser?

J’entends résonner dans ma tête une réplique populaire québécoise : « La guerre, la guerre! Ce n’est pas une raison pour se faire mal! » Une manifestation non plus, d’ailleurs… mais nous ne parlerons pas de « brutalité policière » ou de l’« énervement » de certains militants. Nous ne ferons pas non plus le procès de qui a tort et de qui a raison. Dans un contexte de manifestation, rares sont les fois où toutes et tous respectent les limites parfaitement.

La première question qui se pose dans un contexte de grève (et qui se posait lors des manifestations de 2012 également) est à savoir si une personne peut voter « pour » une grève sans prendre les moyens nécessaires pour l’appuyer. Contradictoire, vous pensez?

Prenons comme exemple une situation particulière de l’Université de Sherbrooke. Lors de l’assemblée générale de grève de l’Association générale des étudiants de la Faculté des lettres et sciences humaines (AGEFLESH), 396 membres ont levé fièrement leur carton pour appuyer une grève de deux semaines (au moment de la publication, l’assemblée générale pour déterminer la reconduction de la grève aura eu lieu). Depuis ce vote du mardi 24 mars, plusieurs manifestations ont été organisées par l’Association concernant la lutte contre austérité. Est-ce que les 396 étudiantes et étudiants ont manifesté dans les rues durant l’une ou l’autre de ces manifestations? Non. Les pavillons de ces étudiants sont pourtant désertés… Mais où sont-ils tous?

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Dans les corridors, je porte une attention particulière aux conversations sur la grève. « Nous devrions finir tous nos travaux rapidement. C’est sûr que nous allons tomber en grève et nous allons avoir deux semaines de congé! » Je m’arrête, feignant de regarder un message important sur mon cellulaire. « Moi je vais voter oui! J’ai déjà prévenu mes parents que je retournerais probablement à la maison pour deux semaines », lui répond son amie. « Même chose pour moi! » Cette conversation isolée est pourtant un reflet juste de la réalité actuelle.

J’ai donc sondé l’opinion d’étudiants. Plusieurs m’ont dit avoir voté pour de la grève, mais aucun n’a pu m’affirmer qu’ils iraient marcher dans les rues lors des rassemblements prévus. Visiblement, ma question les rendait mal à l’aise. Pourtant, il ne suffit pas de s’indigner, mais d’agir concrètement, et surtout de façon cohérente avec votre vote.

Que tu sois rouge, jaune, vert ou sans couleur, assume-toi et affirme-toi!

 

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