Sport-EditoQuand on dit avoir abattu plusieurs stéréotypes, ils ont peut-être évolué avec le temps et vieillis avec nous, mais ils sont toujours présents! L’évolution sociale me révolte fréquemment lorsque je me rends compte du conformisme qui se retrouve dans le sport.

Par Andrée-Anne Roy

Si on suit la forte logique des films et des émissions sportives auxquels nous sommes exposés, tels que les classiques Blue Mountain State, Bring it on, One Tree Hill ou même pour les plus locaux, À vos marques party!, les idéaux sportifs sont souvent loin de la réalité. Il est facile de croire tout ce qu’on voit et surtout il est complexe de défaire de tels mythes.

Ouverture ou fermeture?

À quand l’arrivée de la vraie diversité dans le sport? Ayant moi-même joué au hockey masculin et féminin depuis que je suis haute comme trois pommes, j’ai toujours dû prouver aux autres que le sport chez les femmes pouvait être aussi intense que chez les hommes, sans oublier le fait que j’ai dû convaincre plusieurs sceptiques que le hockey féminin n’était pas nécessairement joué que par des lesbiennes! Dans la même optique, à chaque fois qu’un athlète sort du placard, la communauté sportive en entier semble scandalisée. Ils ont le droit de s’exprimer sans être pointés du doigt ou même marqués d’une cible! Le sport demeure un des endroits les plus tabous quant à l’acceptation des différences, selon la communauté LGBT (lesbienne, gai, bisexuel et transgenre). Toutefois, l’ouverture dans les sports féminins et individuels crée de l’espoir pour qu’un jour s’abattent enfin les préjugés.

Ce tabou n’a aucune vertu antisportive! Pourtant, le Sports Illustrated n’a jamais présenté un gai ou une lesbienne sur la une depuis ses débuts en 1954! Ce magazine hebdomadaire est lu par plus de 18 000 hommes. Il n’est pas surprenant que les hommes soient en majorité bornés à l’idée. Il semble évident qu’un problème d’idéologie soit présent dans le monde du sport. Il est peut-être temps de passer à autre chose, non?

Jet Set ou machos?

Si l’idée du jock typique (gars qui s’entraine au gym en camisole déchirée jusqu’aux côtes, avec des shorts de basket) existe, c’est en grosse partie parce qu’elle demeure adoptée par de nombreux sportifs. On imite ceux qu’on aime et les athlètes de haut niveau se créent souvent des styles assez remarquables.

En guise de recherche, j’ai écouté plusieurs séries télévisées et films dits «sportifs» pour voir ce qui en ressort le plus. Les stars de l’équipe sportive se détestent et ont leurs différents, alors qu’un joue le bon et l’autre le méchant. Les gars s’échangent les mêmes filles, se battent, puis canalisent leur mauvaise énergie en une victoire époustouflante. Tandis que dans les équipes de filles, un couple de lesbiennes est toujours mis de l’avant pendant que les autres membres de l’équipe s’arrachent le même homme. Sans oublier le meilleur des clichés, la vedette et la cheerleader!

Il est quasi impossible que la vie sexuelle des athlètes soit aussi dévergondée que ce qu’on nous projette à l’écran. Pour démystifier le tout, j’ai posé la question à quelques athlètes du Vert et Or qui ont répondu, pour la plupart, NON! Une partie des athlètes sont en couple, l’autre partie consolide leur temps entre sports et études.

Fanatisme ou pression?

Tous ces stéréotypes ne sont infligés par nul autre que nous-mêmes, les fans. Nous abreuvons les athlètes de cette confiance, mais aussi de cet amour et très souvent de gros kick. Qui n’a jamais écouté un match de football pour ne regarder que les fesses des joueurs dans leur pantalon moulant? Ou même les compétitions de plongeon pour les gars en speedo ou le volleyball de plage pour les filles en maillot serré? On adore que nos athlètes soient beaux et belles, et si ces stéréotypes existent, ce n’est qu’illusoire : nous créons ces images de perfection en encourageant de tels comportements. Les athlètes ne font que vouloir nous impressionner tant par leur performance et leur apparence que par leur personnalité.

Les classiques se transforment et évoluent, mais ne changent jamais. On retrouvera des gais, des lesbiennes, des bisexuels, des hétérosexuels, des gens éperdument en amour et d’autres moins, des gens en pleines découvertes sexuelles et des vierges. Bref, ce qui est important de garder en tête, c’est que pour qu’une société évolue véritablement, il faut bien plus que des paroles en l’air, il faut des actions et surtout un renouvèlement de pensée.

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