Tout à l’ouest de l’Europe

Par Emanuelle Boutin

Le teint caramel au beurre, les cheveux foncés et les yeux noisette brûlée, Nelson Anacleto est un jeune étudiant à la maîtrise qui est d’origine portugaise. Souriant, chaleureux, il donne l’impression dès les premières minutes d’être votre frère ou votre cousin. Le sens de la famille, il a ça dans le sang.

D’ailleurs, la culture portugaise repose sur ce pilier, la famille. Tout part de là. La langue, les traditions, l’amour de la bonne nourriture, simple, mais diversifiée. Et cette prédisposition pour la nostalgie, la tristesse due au regret pour le passé. Cet état, on l’appelle au Portugal la «saudade». Pour le poète Luís de Camões, cette forme d’état est «un bonheur hors du monde», alors que pour certains autres auteurs, elle représente une sorte de nostalgie de l’avenir, un sentiment de vide dans l’instant présent. Le «fado» est certainement la forme musicale qui exprime le mieux cette tristesse interne perpétuelle.

Ce n’est pas pour autant que les Portugais n’ont pas le sens des festivités, bien au contraire. «Les réunions de famille sont toujours très animées», se rappelle Nelson, alors qu’il raconte ces rassemblements de la communauté portugaise des quartiers montréalais où il a grandi.

La connaissance du portugais, Nelson la doit aussi à cette communauté, grâce à laquelle une école de fin de semaine existe pour que les enfants nés d’immigrants puissent se rapprocher de leur culture d’origine.

Discrets lorsqu’ils sont expatriés, les Portugais se retrouvent et s’unissent. Pour la plupart d’entre eux, l’apprentissage du français n’a pas été si difficile, car il s’agissait d’une langue fréquemment parlée et enseignée jadis au Portugal. D’ailleurs, ceux qui s’y rendent en voyage pourront constater que la population de la génération de nos parents et de nos grands-parents se débrouille plutôt bien dans cette langue qu’est la nôtre.

Pourquoi ont-ils été nombreux à quitter leur pays? C’est l’incertitude, cette peur d’un avenir incertain…La «saudade», encore une fois. Plusieurs Portugais ont donc immigré en France et aussi au Canada dans l’espoir d’offrir un avenir meilleur à leurs enfants. Les communautés les plus importantes au pays se trouvent ainsi dans les métropoles comme Montréal et Toronto, tout particulièrement.

Nelson transporte ensuite son interlocuteur jusqu’au Portugal lorsqu’il se met à décrire l’architecture portugaise. Des trottoirs faits de pierres blanches et noires aux «azulejos», ces céramiques colorées qui recouvrent les bâtiments du Portugal, des maisons aux centres d’art, en passant par les maisons toutes blanches de Lisbonne, on pourrait déjà s’y croire.

Nelson fait également une escale pour parler de saucisse, dont les variétés changent selon les régions, mentionnant tout de même celle qui est la plus connue, le chorizo. Et c’est sans compter la morue fraîche, les sardines salées et grillées et tous les autres plats succulents portugais. Sur ce, bon appétit!


© Nelson Anacleto à la plage de Nazaré au Portugal.

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