Tout ce qu’il me reste de la révolution au FCMS !

Par Mireille Vachon

Lors de l’avant-dernière soirée du festival, le long métrage français Tout ce qu’il me reste de la révolution de Judith Davis, qui a gagné le prix du jury au dernier Festival d’Angoulême, a été projeté à La Maison du Cinéma.

Judith Davis, une touche-à-tout

En 2008, Judith Davis et sa troupe collective L’Avantage du doute ont monté un pièce de théâtre intitulée Tout ce qu’il nous reste de la révolution, c’est Simon. Le film Tout ce qu’il me reste de la révolution, sorti en 2018, n’est pas l’adaptation du spectacle au cinéma, mais il en prolonge l’esprit. Judith Davis, qui a été scénariste, réalisatrice et actrice principale de son film, a failli ne pas interpréter le rôle d’Angèle : « J’aurais pu choisir de travailler avec une actrice pour me concentrer sur la réalisation, mais tous les acteurs qui participaient au projet m’ont dit que ce personnage était trop proche de moi pour qu’il soit interprété par quelqu’un d’autre. », a déclaré Judith Davis en entrevue pour le dossier de presse du film.

Désillusion profonde

Tout ce qu’il me reste de la révolution, c’est un long métrage humoristique et politique qui traite d’engagement, de renoncement, de rêves brisés et de survie dans un monde où l’individualisme prime sur la collectivité. Angèle, jeune urbaniste née « trop tard » dans un monde de déprime politique alarmant, est en colère contre sa mère, qui a abandonné ses combats politiques du jour au lendemain, contre sa sœur, qui a choisi le monde de l’entreprise, contre les mensonges de son père, contre son patron sexagénaire, qui l’a virée sans ménagement, contre le conformisme, contre tout. Angèle s’allie à une bande de désabusés de la vie, comme elle, pour créer un collectif militant, où chacun peut s’exprimer librement, où il n’y a pas de leaders et où règne une ambiance supposément harmonieuse. Un petit pas à la fois, chacun tente de changer le monde à sa façon, si cela est encore possible…

Et pourquoi une comédie?

On peut se demander pourquoi la réalisatrice a choisi l’humour pour traiter d’un sujet qui dénonce le désabusement de la société.  C’est bien simple : selon Judith Davis, si ça avait été un film sérieux, ça aurait été trop déprimant. De plus, « passer par la comédie, c’est aussi un geste politique. Rire de ce qui nous arrive fait du bien, nous fédère. Rire ensemble, c’est déjà le début de quelque chose. », affirme la réalisatrice dans le dossier de presse. Avec humour et intelligence, l’artiste parisienne a réussi à mettre de l’avant le désarroi politique des uns et la rage étouffée des autres avec une touche d’humour, sans toutefois tomber dans le cynisme.


Crédit Photo @ Tout ce qu’il nous reste de la révolution, c’est Simon

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