Tribune libre: Concilier les études et la famille

Par Marie Lapchuk-Dubé 

À 19 ou 20 ans, lorsqu’on poursuit ses études à l’université, le défi est de trouver sa voie. Quelquefois, on trouve son métier, puis après quelques années, on désire en faire un autre, et tel fut mon cas. Après avoir travaillé pendant huit ans dans la même entreprise et avoir eu trois enfants, mes intérêts ont soudain changé de trajectoire, et c’est avec une grande détermination que je me suis inscrite dans un programme de quatre ans.

Ce n’est qu’une fois les deux pieds dans mes cours, mes travaux, les rencontres de groupe et les examens que je me rendis compte de la folie de ce projet, car avec le temps, j’avais un peu oublié l’ampleur de la tâche! Mon univers est soudain devenu très complexe. Il fallait que je jongle avec mon horaire et celui des enfants, mes travaux et les devoirs des enfants, mes tâches ménagères et sans oublier mon mari. Oui! Ce mari à la fin de la liste, qui encourage, qui soutient et qui subit aussi les hauts et les bas des sessions.

Pour réussir cette recette magique, il faut d’abord des ressources financières et un réseau familial présent. Ce réseau est vite exploité lorsque Charlotte est malade ou que mon mari est en déplacement! Ensuite, une organisation à toute épreuve (qui sera désorganisée au moins trois ou quatre fois) et une capacité à peu dormir, car les études et les travaux se font, pour ma part, durant le sommeil de mes trois loulous, c’est-à-dire entre 21 h et minuit.

Même avec tout ça, la partie n’est pas gagnée, car l’épuisement et l’anxiété peuvent vite devenir un facteur d’échec dans la balance. Par mon expérience, ce qui m’aide à rester motivée au quotidien, ce sont les amis en classe et la cohésion de ma cohorte. L’appartenance à cette « gang » devient inspirante et réconfortante, surtout si elle est ancrée sur des liens d’entraide et de coopération.

Pour poursuivre des études, il faut donc de multiples ingrédients, et la recette n’est jamais pareille pour personne. Le deuil de la famille parfaite est à faire dès le début. Même si pendant des années, notre figure parentale était dotée d’une sainte patience, l’université détruit au quart de tour cette réalité et l’associe davantage aux cas étudiés en psychologie…

Comme toute ascension vers le point culminant d’une montagne, le périple est semé d’embûches, mais la fierté de la réussite est aussi grande que la tour Eiffel, aussi émouvante que l’Hallelujah de Leonard Cohen, aussi honorable que le parcours de Marie Curie! Bref, le jeu en vaut la chandelle!

Les obstacles sont donc surmontables et les sacrifices en valent la peine. Mes enfants, mon mari et mes parents sont si fiers de moi, et j’inspire même mes amies à suivre leurs passions pour améliorer leur vie, car aimer son travail est fondamental pour l’épanouissement personnel. Ce qui est drôle et absurde à la fois, c’est que la seule chose que l’on oublie durant ce parcours pour soi est… soi!


Crédit photo © Glenn Carstens Peters

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