Un an après les événements tragiques au Bataclan - Création d’une Chaire UNESCO en prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violent en collaboration avec l’Université de Sherbrooke

Par Laurence Poulin

Il y a un an, la soirée du 13 novembre fut un réel point tournant pour les Parisiens, les Français, et pour le reste du monde. Trois hommes ont fait feu sur une foule de spectateurs au Bataclan lors d’un spectacle du groupe Eagles of Death Metal .

Le 13 novembre 2015

Depuis les attentats de Charlie Hebdo en début d’année 2015, les soldats armés dans tous les lieux publics, de la tour Eiffel aux quais de métro, font partie du quotidien des Parisiens. Pourtant, le 13 novembre 2015, les services de police n’ont pas réussi à faire le poids avec ceux des tireurs. Selon Jean-Luc Taltavull, du Syndicat des commissionnaires de la police nationale française, les policiers ont été limités dans leur capacité d’action et ne disposaient pas d’une arme collective assez puissante. C’est aussi ce qui a été mis en lumière par une commission d’enquête parlementaire qui a suivi les événements. Faire autrement et intervenir plus rapidement pour ne plus que ça se reproduise.

Chaire UNESCO en prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violent

Cependant, cette lutte au terrorisme passe notamment par la prévention à la source. Un message est constamment martelé, soit que la lutte contre le terrorisme est l’affaire de tous. Ainsi, l’Université de Sherbrooke annonçait au début du mois de novembre la création de la Chaire UNESCO en prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violent. Cette annonce a été faite par la ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Christine St-Pierre, en marge de la Conférence « Internet et la radicalisation des jeunes : prévenir, agir et vivre ensemble ». Ce projet consiste en une chaire mondiale de recherche en prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violent. Elle sera menée en collaboration avec l’Université de Sherbrooke et l’Université du Québec à Montréal. Le professeur agrégé spécialiste en sécurité et vice-doyen aux études supérieures et aux affaires internationales à la Faculté des lettres et sciences humaines, David Morin, sera cotitulaire de la Chaire avec le professeur à l’École de politique appliquée, Sami Aoun.

Cette Chaire permettra de déployer d’autres projets misant sur l’importance « du dialogue interculturel et sur le renforcement de l’esprit critique et du sens de la responsabilité chez les jeunes

Cette initiative vise entre autres à mettre sur pied une plateforme virtuelle d’informations et d’échanges afin de créer une valeur ajoutée considérable pour l’ensemble des chercheurs et des praticiens du domaine. Elle vise aussi à mettre en réseau les acteurs et les initiatives mises en place pour prévenir la radicalisation. Cette mise en commun permettra d’identifier et de comparer les bonnes et moins bonnes pratiques déployées sur le terrain.

Cette Chaire s’inscrit dans les priorités du Plan d’action gouvernemental québécois de lutte contre la radicalisation. Déjà, certains projets ont été lancés à Sherbrooke et à Québec dans les cégeps pour ouvrir le dialogue avec les étudiantes et étudiants. À mettre en exergue : Cette Chaire permettra de déployer d’autres projets misant sur l’importance « du dialogue interculturel et sur le renforcement de l’esprit critique et du sens de la responsabilité chez les jeunes ».

Consultation publique sur la sécurité nationale

En plus de la création de cette Chaire, Sherbrooke a aussi été au cœur d’une consultation publique sur la sécurité nationale le mois dernier, alors que la ministre Marie-Claude Bibeau, aussi députée de Compton-Stanstead, a pu recueillir l’opinion et les idées de citoyennes et citoyens ainsi que d’étudiantes et étudiants en matière de lois et politiques canadiennes sur la sécurité nationale. Un échange pertinent a alors eu lieu sur l’importance du partage d’information entre les services de surveillance, sur l’équilibre entre les principes de liberté et de sécurité, sur l’implication des jeunes et leur appartenance au tissu social, mais aussi sur le rôle des médias dans la perception de la menace terroriste.

Interrogé lors des événements au Bataclan, le professeur Morin avait d’ailleurs insisté sur le fait qu’« à moyen ou long terme, le terrorisme ne peut pas vaincre des sociétés et des régimes politiques comme les nôtres ».


Crédit photo © La Croix

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