« Un baume sur ma carrière… » — Olivier Hinse

Par Mathieu Fontaine

Ceux qui suivent les activités des Cantonniers de Magog depuis quelques années se souviendront sans doute d’Olivier Hinse. Le hockeyeur sherbrookois avait marqué 45 buts en 44 matchs en 2007-2008, soit neuf de moins que le meilleur marqueur cette année-là, un certain Louis Leblanc. L’un fût repêché en première ronde, l’autre ne jouera probablement jamais dans la LNH, mais qu’on se le tienne pour dit : la carrière d’Olivier Hinse est loin d’être un échec. Au contraire, Olivier a réussi là ou bien d’autres ont échoué.

Une carrière junior en dents de scie

Au total, Hinse aura joué 213 matchs dans la LHJMQ, amassant au passage 32 buts et 52 passes. Après un début encourageant à sa première saison avec les Tigres de Victoriaville, Olivier subit une fracture de la mâchoire qui viendra mettre un terme à sa première année. Il doit donc patienter à la campagne suivante avant de renouer avec l’action. Toutefois, son temps de glace est plus limité et les points ne viennent pas : « Dans le junior majeur, tout est une question de timing et d’utilisation. Dans mon cas, ç’a été plus difficile », rapporte l’athlète de Fleurimont.

Il sera finalement échangé aux Remparts de Québec à la mi-saison, où il connaîtra sa part de succès, particulièrement en séries éliminatoires, récoltant 19 points en 27 matchs. Toutefois, ce ne sera pas assez pour qu’il reste avec l’équipe, qui compte un surplus de joueurs de vingt ans lors de sa dernière saison. Résultat : il se retrouve avec les Cougars du Collège Champlain dans la LHJAAAQ et, comble du malheur, il subit une seconde fracture de la mâchoire qui le tient à l’écart du jeu pendant plus de 6 semaines. Il terminera finalement son stage junior avec l’Armada de Blainville-Boisbriand y disputant un total de 38 parties, dont 11 en éliminatoires.

Comme tous les joueurs de son âge, il ne rêve encore que d’une seule chose : jouer au niveau professionnel. Par contre, Olivier possède quelque chose qui le démarque de bien d’autres qui terminent dans la LHJMQ. À 20 ans, il possède son DEC et il est prêt à faire son entrée à l’université : « C’est un des points positifs qui ressort de ma carrière junior. Pour en arriver là, j’ai dû rester sérieux sur et en dehors de la patinoire. » Il décide donc, d’un commun d’accord avec sa famille, d’opter pour l’université plutôt que le hockey professionnel; une décision qui changera sa vie.

Retrouver la touche magique

C’est à l’Université Concordia que le joueur de centre décide de poursuivre sa carrière. Après une première saison tout à fait modeste, Hinse retrouve le goût du hockey et, du même coup, sa production offensive : à ses trois campagnes suivantes, il totalise 53 buts en 82 matchs dans une ligue hautement compétitive. Il sera même nommé capitaine à sa troisième campagne, un rôle qu’il assure avec autorité depuis.

De plus, les succès se multiplient à l’extérieur de la patinoire. En effet, il reçoit plusieurs bourses de l’Université Concordia, il est nominé quatre fois pour le Randy Gregg award (remis au joueur-étudiant de l’année au Canada) le remportant en 2014-2015. Il sera aussi nominé trois fois pour le prix Guy Lafleur (remis au joueur-étudiant de l’année au Québec) et le remportera également en 2014-2015.

À la suite de sa quatrième année, l’heure est aux décisions. Il a terminé son baccalauréat en Child Studies et pourrait entrer sur le marché du travail ou même tenter sa chance en Europe. Il est cependant admissible pour une dernière saison universitaire avec l’équipe qui a su raviver sa passion. Après mûre réflexion, il prend la décision de s’inscrire au certificat en administration des affaires et d’effectuer un dernier tour de piste avec les Stingers.

La consécration

Cette année, Hinse connaît encore beaucoup de succès. En 23 matchs, il totalise 17 buts et 11 passes, soit un but de moins que son plus grand total en une saison, et ce, avec cinq rencontres à disputer. Cependant, il ne jouera qu’une seule de ces rencontres. En effet, il se trouve au Kazakhstan depuis le 23 janvier dernier, où, en compagnie de 23 autres joueurs de la conférence OUA, il représente le Canada aux Universiades d’hiver : « Ça ne pouvait arriver à un meilleur timing! C’est une belle façon de terminer ma carrière universitaire », avoue Hinse, qui assurera un rôle de leader pour la formation canadienne, soit le poste de capitaine. Pour le principal intéressé, il s’agit d’un honneur inestimable : « Pour moi, c’est le plus bel honneur au monde que de pouvoir être capitaine de Team Canada! »

Certes, Olivier Hinse n’aura pas connu la plus grande des carrières au niveau junior, mais il demeure un exemple pour les jeunes joueurs de hockey. Son assiduité au travail et sa maturité l’auront conduit jusqu’à l’accomplissement de son DEC, de son baccalauréat ainsi que de son certificat, tout en pratiquant le sport qu’il aime le plus au monde. Il ne s’agit pas du chemin que l’on pourrait qualifier de « typique » pour les joueurs qui souhaitent évoluer au niveau professionnel, mais il prouve qu’il est possible d’atteindre ses rêves autrement. D’ailleurs, Olivier dit ne garder aucun regret de son passage dans le hockey québécois : « Au début, mon plan A, c’était le hockey, mais j’ai bien vite compris que je devais me tourner vers l’école. Maintenant, à 26 ans, j’ai mon plan A en poche et je suis prêt à me tourner vers l’Europe ou d’autres endroits pour continuer ma carrière. » À son retour, le capitaine tentera de mener les Stingers aux grands honneurs, eux qui occupent présentement le troisième rang de la division Est de la conférence OUA.


Crédit photo ©  Matt Garies

Laisser une réponse