Un beau malaise

Capture d’e´cran 2014-04-16 a` 21.50.20« Gabrielle...? Ça fait longtemps qu’on est ensemble...». La vidéo du Malaise à un 5 à 8 de l’Université de Sherbrooke a été vue plus de 16 000 fois depuis une semaine. Autopsie d’une improvisation prise au sérieux.

Nora T. Lamontagne

Il était une fois un 5 à 8 de fin de session normal en génie, quand tout à coup, un étudiant monte sur scène, s’empare du micro, et commence sa déclaration. Le coeur de la moitié de l’auditoire fond. Ok. C’est peut-être pas un coucher de soleil à Honolulu, mais une demande de mariage publique, ça reste quand même une source d’anecdotes au moins jusqu’au divorce.

Sauf que l’inconnu ne veut marier Gabrielle. Plutôt le contraire. Il la laisse, comme ça, devant plus d’une centaine de personnes et en s’écriant « PARTY » la seconde d’après. Le moment (filmé) marque les esprits présents.

« Pour n’importe qui ayant déjà vu quelques matchs d’impro, c’est tout de suite très clair que ç’en est une. On n’invente rien, c’est un pattern qui revient souvent! » insiste Gabrielle Pariseau, «la» Gabrielle qui se fait larguer. « Mais les gens y ont cru, et ça a pris des proportions démesurées. »

Et pas qu’un peu. Suffit de survoler les commentaires laissés sur Youtube pour s’apercevoir des réactions qui vont du très poli au très injurieux et mal orthographié. Et 16 000 visionnements, ça représente quand même la moitié de la population étudiante de Sherbrooke (et 16 fois plus que les adeptes du Collectif sur Facebook). La vidéo explicative, elle, a été vue par 8000 personnes.

Une semaine après cette improvisation, la LUIS (Ligue d’impro de l’Université de Sherbrooke), a encore un peu de misère a y croire. Le but était d’improviser partout, comme le mouvement improv everywhere le fait ailleurs, dans des espaces publics comme le métro à New York. À peine répétée (pas de texte, un mini-caucus avant le 5 à 8), l’improvisation-kamikaze se voulait une manière de surprendre les étudiants plus que de faire une quelconque critique sociale sur les gars de génie, les relations amoureuses d’aujourd’hui ou la quétennerie des demandes en mariage publique. On voulait surtout amener le théâtre invisible là où les gens s’y attendent le moins (dans un 5 à 8 de génie, par exemple).

Mission réussie pour la LUIS. Sauf que l’AGEG (Association générale des étudiants en génie) n’est pas très contente. Les organisateurs du 5 à 8 n’avaient pas été prévenus, et le nom de la vidéo parlait plutôt d’un 5 à 8 en génie quand elle a été mise en ligne, ce qui pourrait nuire à la réputation de l’association étudiante, à la faculté de génie et à ses étudiants, surtout quand on connaît la viralité de la vidéo.

« On est désolés », s’excuse Gabrielle Pariseau. « On n’a pas imaginé une seconde que ça prendrait ces proportions là. On se disait que c’était juste entre moi et Carmine, sauf que ça se passait devant une foule...»
La LUIS a son propre comité pub, qui a planifié l’improvisation de Gabrielle et Carmine. Il avait même comme projet de faire un rap battle en pleine cafétéria, mais le temps manque d’ici la fin de session.

On ne sait pas vraiment si c’est relié à son coup d’éclat, mais la LUIS a reçu plusieurs demandes d’inscriptions à la ligue depuis une semaine, chose qui n’arrive d’habitude jamais fin avril.

Quoiqu’il en soit, la grande finale de la LUIS aura lieu mardi le 22 avril prochain au Centre culturel de l’Université, et c’est une soirée à ne pas rater.

Des heures de malaise en perspective!

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