Un bon départ, ou la continuité d’un plan signé Bergevin

Par Dave-Enrick Proulx

C’en est pour ainsi dire fait du premier quart de la saison dans la Ligue nationale de hockey (LNH), et voilà venu le temps de dresser un portrait de nos glorieux favoris – du moins pour une majorité d’entre nous, j’ose espérer – les Canadiens de Montréal. S’agit-il d’un bon départ ou plutôt de la continuité du plan d’avenir de Marc Bergevin, directeur-gérant du tricolore?

Un bon départ

Le CH a effectivement connu un excellent début de saison: au moment d’écrire ces lignes, l’équipe occupe le premier rang du classement général, ayant remporté plus des deux tiers des matchs qu’elle a disputés. Cependant, à qui peut-on attribuer les succès de la troupe du club?

Des performances à souligner

Tout d’abord, on peut féliciter les prouesses du gardien, Carey Price (13-4-1, .922 de pourcentage d’arrêt, 2.35 buts accordés par match et 2 blanchissages). N’oublions pas son auxiliaire, Dustin Tokarski, qui a bien fait jusqu’à maintenant pour épauler le cerbère étoile qui, à mon grand bonheur, ayant jusqu’ici obtenu le plus de votes du public, trône au premier rang des gardiens de la ligue en vue du match des étoiles de la LNH.

Du côté de la brigade défensive des Canadiens, cette fois-ci, P.K. Subban domine avec 5 buts (dont deux en avantage numérique) et 13 points. On peut aussi noter la belle fiche de 2 buts et 10 points du vétéran, Andreï Markov.

Enfin, à l’attaque, Max Pacioretty mène l’équipe au chapitre des buts (10), des points (18), du différentiel (+10) et des tirs (80). Toutefois, il ne faudrait pas omettre de mentionner que Tomas Plekanec pilote très bien son trio, ayant jusqu’ici récolté 8 buts (dont deux en désavantage numérique) et 17 points. On peut aussi remarquer les récentes prouesses de Lars Eller qui, au centre du troisième trio, a connu son lot de difficultés en début de campagne. Cependant, depuis que Rene Bourque s’est vu d’abord écarté, puis échangé, le Danois s’impose comme le meneur de l’équipe pour les buts gagnants avec un total de 4 (le quart du total de l’équipe).

Les bons coups de Marc Bergevin

On peut ajouter aux performances des joueurs le brio dont a fait preuve le directeur général du club, Marc Bergevin. Effectivement, après avoir arraché les services du jeune attaquant tchèque, Jiri Sekac, aux nombreuses autres formations qui le convoitaient, le manager a troqué un attaquant de quatrième trio, Travis Moen, pour un vétéran défenseur ayant laissé sa marque dans la LNH, Sergei Gonchar. Le Russe de 40 ans s’élève au seizième rang pour les meilleurs pointeurs chez les défenseurs, s’avérant par le fait même le premier chez les défenseurs toujours actifs avec 800 points. Plus récemment – et comme mentionné précédemment – Bergevin a aussi échangé l’attaquant Rene Bourque aux Ducks d’Anaheim, obtenant en retour le défenseur Bryan Allen. Ainsi, financièrement, l’organisation dispose à ce jour d’un peu plus de 2,8 millions de dollars pour effectuer des transactions sans outrepasser le plafond salarial. On peut aussi souligner l’arrivée de Manny Malhotra, l’été dernier, qui influence grandement le pourcentage des mises en jeu remportées, propulsant l’équipe au sommet du classement avec 54,6%. Le centre défensif du CH est parvenu à remporter un impressionnant total de 62,3% de ses mises en jeu, le meilleur parmi les joueurs en ayant disputé 100 ou plus.

Et ceux de Michel Therrien

On pourrait louanger les joueurs pour leurs performances et le manager pour son bon travail, mais il ne faudrait pas négliger le groupe qui agit comme intermédiaire entre l’instance patronale et les hockeyeurs: les entraîneurs. En effet, l’équipe ne connaîtrait probablement pas le même succès sans Michel Therrien et ses adjoints pour encadrer les joueurs dans leur campagne. Plus concrètement, Michel Therrien a connu du succès en alignant 7 défenseurs lors des derniers départs de l’équipe et il est parvenu à faire produire l’avantage numérique qui, avouons-le, laissait à désirer. Pour sa part, Stéphane Waite, entraîneur des gardiens, a fait un excellent travail avec Carey Price depuis son embauche et il semble sur la bonne voie pour faire de même avec le jeune Dustin Tokarski.

Miser sur l’avenir

Enfin, après que l’équipe eut terminé sa course au tout dernier rang de la conférence de l’Est au terme de la saison 2011-2012, depuis la saison suivante – la première de Bergevin à titre de directeur général pour les Canadiens de Montréal – l’organisation s’est d’abord hissée au deuxième rang de sa division avant de se rendre jusqu’en demi-finale de la Coupe Stanley, l’an dernier.

Ainsi, oui, l’équipe a bel et bien connu un excellent premier quart de saison. Toutefois, selon moi, cela a débuté il y a un peu plus de deux ans, alors que l’organisation embauchait Marc Bergevin et que celui-ci élaborait son plan pour faire de la Sainte-Flanelle la meilleure équipe possible.

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