Un bulletin enviable pour l’UdeS au chapitre de l’économie d’énergie

Par Martine Dallaire

Non seulement l’Université de Sherbrooke a-t-elle fait ses devoirs en matière d’économie d’eau potable, mais elle est aussi une bonne élève quand vient le temps de réduire sa consommation d’énergie. C’est ce que démontrent les résultats du programme de mesures d’efficacité énergétique mises en place en 2002-2003. Il s’est consommé 41 % moins d’énergie sur les trois campus, même si la clientèle étudiante et l’aire du parc immobilier ont augmenté de 55 % depuis les débuts de cette initiative par rapport aux données de 1990.

Le bilan du programme est plus qu’appréciable, car il a non seulement permis à l’Université de Sherbrooke de faire des économies substantielles en matière d’argent, mais une réduction importante des émissions de gaz à effet de serre (GES) s’en est également suivie. En tout, c’est une quarantaine de projets en matière d’efficacité énergétique, ayant vu le jour dès 2003, avant même l’adoption du plan d’action de 2006, qui a contribué à diminuer l’impact énergétique de l’institution.

Des objectifs prioritaires

Trois objectifs prioritaires avaient été ciblés. L’installation de thermopompes pour le chauffage des bâtiments a ainsi permis de maximiser l’utilisation de l’hydroélectricité. De plus, l’instauration d’un système de récupération de certaines sources de chaleur comme celle de l’air évacué par les laboratoires et celle du Centre de calcul combinée à l’utilisation de roues thermiques ont fait en sorte de réduire les pertes de chaleur, mais surtout d’éviter de recourir à une source d’énergie supplémentaire. Des technologies alternatives utilisant l’énergie renouvelable telles que la géothermie, les plaques photovoltaïques ainsi que des murs solaires se sont ajoutées comme sources contributoires d’énergie à faible coût.

Un retour sur investissement rapide

Le potentiel économique est énorme. Actuellement, la facture énergétique des trois campus se situe aux alentours de 9 M$ annuellement. L’année 2016-2017 a toutefois donné le coup de barre alors que 6,5 M$ ont été dépensés pour acquitter les coûts en énergie. Comme il s’agit d’une économie potentiellement récurrente chaque année, les résultats devraient se faire sentir dans le portefeuille universitaire à long terme. On estime que le retour sur un tel investissement est d’en moyenne six ans. On peut d’ores et déjà penser que la période d’amortissement des investissements effectués par l’UdeS sera moindre.

Certains locaux grugeurs d’énergie

Les laboratoires de recherche sont les plus grands consommateurs d’énergie, alors que les espaces à bureaux et les classes sont les moins énergivores. Ceci est tout à fait compréhensible en raison des exigences en matière de santé et de sécurité liées à l’occupation et à l’utilisation des laboratoires. Ces derniers requièrent un pourcentage d’air frais de 100 % alors que le pourcentage pour les classes et bureaux est de 15 % à 40 %. Cependant, afin de minimiser la facture et l’empreinte énergétique des laboratoires, plusieurs aménagements ont été faits dans le but d’économiser à long terme. C’est le cas, par exemple, de l’optimisation des hottes qui fut réalisée dans les Facultés de génie et des sciences.

Objectif : 100 % renouvelable

Les résidences sont également mises à contribution, puisque l’Université de Sherbrooke projette convertir les sources d’énergie actuelles des résidences G, situées sur le Campus principal, en énergie renouvelable à 100 %. S’il s’agit d’un objectif ambitieux, il n’est toutefois pas inatteignable. Reste à voir quelles mesures concrètes seront utilisées pour atteindre le but visé.


Crédit Photo @ Skyscraper.com

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