Un havre de paix pour les nouvelles Sherbrookoises

Depuis trente ans, le Centre pour femmes immigrantes de Sherbrooke trouve des solutions aux problèmes des nouvelles Sherbrookoises et aide ces dernières à s’installer dans  leur nouvelle terre d’accueil.
 Larisa Egorova

Cet été, dans le cadre du cours « Projet en milieu francophone », mon amie et moi avons choisi  de faire du bénévolat au Centre pour femmes immigrantes de Sherbrooke, car toutes les deux, nous sommes aussi des femmes immigrantes. Pendant notre première rencontre avec la directrice du Centre, nous avons pris connaissance de notre mandat : trouver des épiciers et des épicières sherbrookois qui pourraient aider l’organisme à accomplir sa mission. Comme tous les organismes communautaires, le Centre a subi des compressions budgétaires cette année. Par conséquent, sans assistance financière provenant de l’extérieur, il devait limiter ces projets. C’est pourquoi pendant deux semaines, nous avons exploré des magasins sherbrookois et nous avons essayé de convaincre leurs propriétaires d’apporter leur soutien. Mais pourquoi la mission du Centre, est-elle si indispensable?
Chaque année, des milliers et des milliers d’immigrants viennent au Québec. Selon le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion, au premier trimestre de l’année 2015, plus de neuf mille immigrants sont arrivés à la province. Fait intéressant : cette année, la quantité de femmes dépasse la quantité d’hommes (50,5 % pour 49,5%). Environ 2 % des personnes immigrantes ont choisi Sherbrooke comme terre d’accueil1. Plusieurs d’entre elles ont besoin d’un processus d’intégration assez long, qui comprend la francisation et la recherche d’emploi. Ce sont les femmes immigrantes qui éprouvent le plus de difficultés pendant cette longue adaptation. La plupart d’entre elles s’occupent des enfants et du foyer et en même temps, suivent des cours de français. Imaginez-vous une mère de deux enfants ou plus qui doit préparer la nourriture pour toute la famille, remplir les boîtes à lunch pour tous, faire le ménage, le lavage, etc. Enfin, pendant la nuit, quand ses enfants s’endorment, elle ouvre son manuel de français et apprend les verbes irréguliers. Ce n’est pas facile. Mais toutes les difficultés se multiplient si cette famille a des problèmes spécifiques : la violence conjugale, les problèmes de santé, le chômage prolongé, etc. Dans ces cas, les femmes immigrantes deviennent très vulnérables, car elles ont un réseau social beaucoup plus restreint, et parfois, le niveau de leur français ne leur permet pas d’exprimer leurs problèmes aux employés de la santé et des services sociaux. Parfois, la peur de perdre leur statut les empêche de trouver une solution.  Quant à l’accès à l’emploi, les femmes sont aussi plus vulnérables que les hommes, surtout si celles-ci habitent à Sherbrooke depuis moins de cinq ans et qu’elles appartiennent à une minorité visible.

Le Centre pour femmes immigrantes représente les intérêts de ce groupe de la population dans la région de l’Estrie depuis plus de trente ans. Les spécialistes et les bénévoles du Centre s’occupent de tout : de l’accueil, de l’intégration, de l’accompagnement, de la francisation, de l’aide alimentaire, vestimentaire et même juridique, de la prévention de la violence conjugale, etc. Ici, chaque femme immigrante se sent comme dans un havre de paix. C’est pourquoi la mission du Centre est indispensable pour des Sherbrookoises issues de différents pays.

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