Un mois courageux

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Bien que novembre soit un mois gris et humide, il mérite une attention particulière pour son grand cœur. De la moustache au coquelicot, ce onzième mois est synonyme de courage et de bonté.

Par Marie-Claude Barrette

Les visages barbus de certains hommes laissent place aux mentons et aux joues glabres ; le collet du veston ou manteau est orné d’une petite fleur rouge. Il ne fait alors aucun doute que novembre est entamé.

Si le onzième jour de ce onzième mois est un chiffre à retenir, le cent est tout aussi important. Cent jours? Cent heures? Cent minutes? Plutôt cent ans. En effet, cette année marque le premier siècle depuis le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Soulignée lors d’une cérémonie organisée à Ottawa en août dernier, la commémoration se poursuit tout au long du mois. Cette fois-ci, nous célébrons le courage des vétérans canadiens et de ceux qui ont participé à la défense de notre pays.

Le 11 novembre prochain, notre devise nationale s’étendra de St-John jusqu’à Victoria. Le 11 novembre prochain : « Je me souviens. »

Le moustachu

Une chose qu’ont en commun les anciens combattants et les hommes durant novembre est sans aucun doute la moustache. Très tendance au début du vingtième siècle et garante d’élégance, la moustache renait pour la huitième édition du Movember. Cette campagne qui se veut avant tout une collecte de fonds est aussi une façon amusante de sensibiliser la population en plus de faire connaitre deux cancers ravageurs chez les hommes : celui de la prostate et celui testiculaire.

Au Canada seulement, on estime que 1 000 hommes recevront le diagnostic de cancer du testicule tandis que le nombre grimpe à 23 600 concernant le cancer de la prostate. Ce dernier devient la forme de cancer la plus répandue chez le sexe masculin, touchant 1 homme sur 8. Son pendant féminin est très certainement le cancer du sein, touchant plus de 24 400 femmes chaque année : 1 femme sur 9 sera diagnostiquée.

La cause prend donc tout son sens.

Movember devient une cause encore plus attrayante lorsqu’on connait quelques chiffres. En effet, cette fondation touche 21 pays et plus de 800 programmes. Jusqu’à maintenant, la fondation a contribué à la collecte de quelque 574 millions de dollars à travers le monde, dont 151,6 millions au Canada (!).

Si la première édition demandait la participation principalement (pour ne pas dire uniquement) du genre masculin, sept années plus tard tous et toutes sont de la partie. Hommes, femmes et enfants y trouveront plaisir puisque nous retrouvons désormais des moustaches partout : sur des suces pour enfants, des tasses à café, des lunettes, des bijoux et colliers, des vêtements, des autocollants…

Messieurs, si votre moustache peut sembler affecter votre niveau de crédibilité, elle souligne votre bonté et contribue à apporter soutien et réconfort à tous ceux qui luttent contre cette maladie. Au final, nous en sommes tous gagnants!

L’idée de marketing

Est venue à mes oreilles cette notion d’opportuniste-capitaliste qui plane derrière les campagnes de sensibilisation. Des entreprises qui profitent d’un soulèvement universel, ce n’est pas un concept nouveau. Personne n’a réinventé la roue et nul ne pourra empêcher les plus gros de conceptualiser des idées de rendement autour de sujets de sensibilisation.

Toutefois, est-ce que le détournement marketing enlève l’importance de la cause? Je ne crois pas. Si la santé des hommes et celle des femmes semblent être banalisées au travers des publicités pour certains, ces dernières permettent d’enrayer le tabou qui gravite autour de ce thème pour d’autres. Il y a une vingtaine d’années, le cancer de la prostate était un sujet qui amenait son lot de malaise et d’incompréhension. Le port de la moustache en novembre et l’utilisation qu’en fait une compagnie de rasoir, par exemple, amènent les gens à se poser des questions et à s’informer sur la situation. Et c’est d’abord par la sensibilisation que les avancées médicales débutent.

Les hommes au premier plan

Plus aucun doute, le mois de novembre met l’homme sous les projecteurs. Belle coïncidence, la Journée internationale des hommes est célébrée chaque année la dix-neuvième journée de ce mois. Puisqu’octobre était axé sur la sensibilisation au cancer du sein, l’importance de novembre prend tout son sens.

Nous remarquerons que l’objectif de ces thématiques mensuelles est d’abord et avant tout de porter un regard sur les autres et de promouvoir les valeurs de courage, de générosité et d’entraide. Les différentes collectes de fonds qui y sont associées requièrent l’appui de tous et toutes et retrouvent leur force dans cette notion d’engagement que constitue la solidarité.

Entamez novembre du bon pied en encourageant les hommes à consulter leur médecin et en portant fièrement la moustache et/ou le coquelicot. En aurez-vous le courage?

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