Par Vicky Constantineau

La saison hivernale rime souvent avec les voyages « tout inclus » dans le sud. C’est facile, la plupart du temps les prix sont plutôt accessibles et cela permet de se reposer sur une plage sans se compliquer la vie. Pour ceux et celles qui décideraient de s’envoler vers Cuba en ce temps des fêtes, je vous propose un petit historique de la ville de La Havane. Capitale de Cuba, la ville est souvent accessible par les autobus de ville qui font un détour sur les sites d’hôtels.

La ville est fondée en 1515 par Diego Velázquez de Cuellar, sur la côte sud de l’île de Cuba. Après reconsidération, la ville est déplacée sur la côte nord, dans le détroit de Floride. Cette position était effectivement plus stratégique, car il était plus facile de protéger et surveiller le territoire. De plus, les nombreuses activités portuaires qui se déroulent sur le territoire expliquent le succès de la ville, qui devient la capitale de la colonie en 1607. À compter de ce moment, les Espagnols ont commencé à bâtir à La Havane plusieurs monuments, tous d’inspiration européenne. On souhaite que la ville soit tout aussi belle que les plus grandes villes européennes. C’est dans ce contexte que sont construits le couvent de Saint-Augustin, le château d’El Morro, la fontaine de Dorotea de la Luna ou encore la chapelle de Humilladero.

Pendant la guerre de Sept Ans (1756-1763), la Grande-Bretagne prend possession de La Havane. Ceci ne dure que quelques années, car le Traité de Paris de 1763 accorde La Havane aux Espagnols. Ces derniers entreprennent alors la construction de la forteresse San Carlos de la Cabana afin de protéger la ville des futures attaques ou invasions. Il est d’ailleurs toujours possible de visiter la forteresse.

Par la suite, la guerre hispano-américaine de 1898, qui opposa les États-Unis à l’Espagne, se solda par la fin de l’empire colonial espagnol et par conséquent, l’île de Cuba est soumise à un gouvernement militaire américain. En 1901, Cuba adopte une constitution de type présidentiel. Toutefois, le lien avec les États-Unis demeure très présent, car toute décision diplomatique et militaire doit passer par le gouvernement américain avant de pouvoir être officiellement acceptée. Cette ingérence de la part des États-Unis demeurera en place jusqu’en 1934, alors qu’ils renoncent à leur droit d’intervention. Cette période d’influence américaine s’est toutefois fait ressentir énormément, particulièrement dans la capitale cubaine. La construction de grands hôtels et de casinos a contribué à attirer de nombreux touristes. L’engouement pour la ville de La Havane était très grand, alors que le rhum et les plages attiraient énormément de touristes également.

La révolution de 1959 a eu de grands impacts sur Cuba. En effet, la grande volonté de rupture avec le passé ainsi que la volonté de mettre en place le communisme se traduisent notamment par la mise en place d’une réforme agraire ainsi que par la nationalisation des entreprises de tout le pays. En ce sens, La Havane sera touchée également, car on cherche à freiner sa croissance. Ainsi, les constructions du passé demeureront, mais aucune nouvelle infrastructure n’y sera construite.

Malgré tout cela, La Havane demeure tout de même la capitale de Cuba et par le fait même, son centre économique, culturel et politique. Les monuments du passé espagnol font désormais contraste avec la réalité d’aujourd’hui, ce qui donne un paysage plutôt intéressant. Je vous invite donc à en faire la visite si vous avez la chance de mettre les pieds à Cuba cet hiver, ne serait-ce que le temps d’une journée. Pour terminer, dans un contexte où est survenu récemment le décès de Fidel Castro dans la ville de La Havane, il sera intéressant de porter attention aux commémorations lui étant adressées. Il ne serait pas étonnant d’y voir se dresser un monument en l’honneur du père de la Révolution cubaine.


Crédit photo © Le Nouvel Observateur

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