Un projet d’envergure de la Ville de Sherbrooke pour le bien de nos entreprises agricoles

Par Sarah-Anne Bissonnette

Dernièrement, la Ville de Sherbrooke a annoncé qu’elle possédait désormais tous les acteurs et actrices qu’il lui fallait pour que se réalise le Plan de développement de la zone agricole (PDZA). Ce plan est le résultat d’un travail participatif avec des membres des secteurs agricoles et agroalimentaires. C’est en mars 2018 que la Ville a adopté le plan qui vise à supporter la relève ainsi que les entreprises en milieu agricole de la région et à les faire rayonner auprès de la population québécoise.

Bonne nouvelle pour les secteurs agricoles et agroalimentaires qui seront soutenus dans les prochains temps par les activités d’intervention du PDZA. La réalisation des activités devrait s’échelonner jusqu’en 2023. La Ville a récemment confirmé les acteurs qui seront responsables du suivi du Plan : des agriculteurs et agricultrices ainsi que des représentants et représentantes des secteurs de la transformation, de la mise en marché, de la relève, de l’UPA-Estrie et du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ). La Ville a également annoncé dans un communiqué que ce sera l’organisme Pro-Gestion Estrie qui s’occupera du développement des projets dans le secteur agroalimentaire. Pro-Gestion Estrie est un organisme à but non lucratif déjà reconnu à Sherbrooke pour avoir supporté de nombreuses personnes dans leurs démarches entrepreneuriales et contribué à leur succès. Par ailleurs, l’organisme sera responsable de réaliser les actions du Plan. Ce sera madame Marie-France Audet, agente de développement agroalimentaire, qui, désormais, sera la personne en charge du soutien dans tous projets agroalimentaires sur le territoire de la Ville de Sherbrooke et de tous questionnements s’y rattachant.

Le PDZA de la Ville de Sherbrooke a pu être réalisé grâce au soutien financier du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, en vertu de l’entente Canada-Québec Cultivons l’avenir 2. Plusieurs partenaires ont aussi contribué à son élaboration, dont l’UPA-Estrie et les agriculteurs et agricultrices, les éleveurs et éleveuses et les transformateurs et transformatrices.
Quel est le but du Plan de développement de la zone agricole?

Concrètement, le PDZA a pour but de développer la zone agricole de la Ville de Sherbrooke. On souhaite que la zone soit connue, reconnue et soutenue par sa population et par les personnes participantes au tissu social, économique et environnemental. On espère également valoriser l’agriculture et la foresterie, ses attraits, son importance dans le développement économique ainsi que son apport à l’enrichissement collectif. On voudrait qu’elle soit plus accessible à la relève et aux consommateurs. Finalement, on aimerait qu’il existe plus de modèles d’affaires distincts et d’offres de services.

Pourquoi la Ville de Sherbrooke s’intéresse-t-elle au développement de sa zone agricole?

Selon le compte rendu du comité directeur du PDZA, le territoire agricole de Sherbrooke présente un grand potentiel pour son exploitation, cependant plusieurs démarches doivent être mises en œuvre pour que ce développement soit possible. Le Plan présente d’abord plusieurs faits saillants qui démontrent que Sherbrooke possède une zone agricole favorable à l’épanouissement d’une économie locale. Entre autres, la ville se situe au cœur de l’Estrie et est positionnée à 30 minutes de la frontière des États-Unis. Son emplacement se trouve également stratégique considérant que la ville est au centre du triangle formé par Montréal, Québec et la Nouvelle-Angleterre. La zone urbaine est tout près du territoire agricole, ce qui facilite l’accès aux consommateurs. De plus, la zone agricole à exploiter représente 37 % du territoire, une statistique considérable compte tenu de la zone urbaine bien peuplée qui l’entoure. Aussi, c’est 35 % des peuplements (érablières) en zone agricole qui sont jugés excellents pour l’acériculture. La ville de Sherbrooke, contrairement au reste de l’Estrie, cumule plus d’entreprises de transformation dans le secteur des boulangeries et pâtisseries, du chocolat, de confiserie et du café, thé et épices, la classant au premier rang dans la région.

Constats sur la relève agricole : pourquoi intervenir?

Le transfert familial se trouve à être la manière la plus courante de voir de nouvelles personnes reprendre une entreprise par rapport aux entreprises émergentes. À ce jour, on estime que 34 % sont des entreprises agricoles en démarrage alors que 65,9 % sont des entreprises transmises entre générations. Démarrer une entreprise sans héritage représente un grand défi. Aussi, le manque de relève dépendrait surtout des activités de production qui se font plus rares. D’ailleurs, 47 % des agriculteurs et agricultrices déclarent avoir un autre travail, faute de ne pas avoir une rémunération assez importante de la ferme. Encore plusieurs faits justifient que la Ville doit intervenir dans le secteur agroalimentaire. Le potentiel économique latent du territoire agricole de Sherbrooke et le manque de ressource pour aider quiconque voudrait démarrer une entreprise agricole ou poursuivre ses activités sont au cœur des enjeux du PDZA.

Les actions d’intervention retenues pour la réalisation du projet

En tout, 26 activités d’intervention ont été retenues de la première formulation du plan. Celles-ci se déploient sous trois orientations intégrant seize objectifs visés : accroître et diversifier les activités sur le territoire agricole, reconnaître, valoriser et intégrer l’agriculture et la foresterie dans le développement de la municipalité et améliorer le soutien et la concertation entre les services d’aide au développement du territoire et des activités agricoles. Parmi les activités, on voudrait collaborer au projet qui faciliterait l’accès à de la formation spécialisée en région et organiser une tournée des produits innovants des producteurs et transformateurs puis les diffuser grâce aux événements et aux activités ou par un portail Web. Également, on aimerait organiser des rencontres de réseautage en innovation et des conférences en développement des affaires et en commercialisation de l’agriculture et de la foresterie.

La Ville a défini ses priorités d’action en fonction de l’atteinte de ses objectifs, ce qui signifie qu’il faut d’abord qu’elle débute ses démarches par la reconnaissance, la valorisation et l’intégration de l’agriculture et de la foresterie dans son développement.


Crédit Photo @ Sarah-Anne Bissonnette

Partager cette publication