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Un pub hors campus payé par les étudiants?

Posted on 28 avril 2013 by admin

701xOHs0L3roaFl1eLnYG9STSclWxE42GmLTNkfpEUE,EH46-Ykt3-_VY9tulY9NRa91ZmR1REpavtMneESlMqo,IA3hC-SPrm0uW0d4QijqpI_T1933zNFPpynjyjNGS2sAffirmant avoir été exclue du projet de bistro sur le campus principal, la Fédération étudiante de l’Université de Sherbrooke (FEUS) songe à acquérir un pub entièrement dédié aux étudiants hors des terrains de l’établissement.

Carol-Anne Massé

Il y a peu de temps, cette idée relevait encore de la simple blague. «Si les étudiants avaient un pub…», s’imaginait en plaisantant Guillaume Lessard, vice-président à la condition étudiante de la FEUS. Si le projet lui trottait dans la tête, c’est qu’il trouve dommage que divers groupes d’étudiants, la Kocus par exemple, louent des salles comme le Théâtre Granada ou celle du Cartier, faute d’un lieu adéquat sur le campus pour tenir certains types d’activités.

En commission des affaires étudiantes, le 13 avril, M. Lessard a surpris les associations des différentes facultés en proposant que l’argent du Fonds pub de la FEUS soit réorienté vers l’achat d’un pub par et pour les étudiants. Même si la proposition n’était pas au programme, on pouvait sentir l’enthousiasme dans la salle, selon le membre du conseil exécutif de la FEUS. «Les gens avaient du feu dans les yeux», a-t-il raconté au Collectif.

Même si de nombreux obstacles possibles ont été évoqués ce jour-là, les associations ont tout de même appuyé la proposition à l’unanimité, acceptant que la FEUS fasse une étude de marché pour évaluer dans quelle mesure le projet est réalisable. Si cette étude se révèle favorable à l’achat d’un pub, la Fédération étudiante a également le feu vert pour recommencer à prélever un montant à cet effet sur la facture des étudiants.

La cotisation au Fonds pub ne serait pas une nouveauté, puisque celle-ci a fait son apparition à l’automne 2008, alors que la FEUS souhaitait amasser de l’argent pour le projet de bistro sur le campus principal. Passant de 2 $ à 3,50 $ par session à l’hiver 2011, la cotisation payée par les étudiants du premier cycle du campus principal a permis l’accumulation de plusieurs dizaines de milliers de dollars.

La FEUS sentant qu’elle ne serait finalement pas «partie prenante» du projet de bistro, il a récemment été décidé que la cotisation serait suspendue à l’automne prochain. Comme une somme importante a toutefois été accumulée dans les dernières années, la proposition de Guillaume Lessard ne tombait pas de nulle part. «Légalement, [l’argent] doit être utilisé pour un pub, un bistro ou des services alimentaires» a expliqué le vice-président à la condition étudiante.

Malgré l’excitation suscitée par le projet, la FEUS souhaite cependant y aller étape par étape. «On ne va pas se doter d’un pub sur un coup de tête», a clarifié M. Lessard, affirmant être conscient des risques.

Un bistro convoité

Bien qu’optimiste en raison de son récent projet de pub, la FEUS reste déçue en ce qui concerne le bistro. L’association avance qu’elle a été mise de côté dans ce dossier au cours de la dernière année, elle qui souhaitait «être actionnaire». «On est exclu définitivement, a exprimé Guillaume Lessard. Les étudiants n’auront pas de parts dans les décisions ni dans les profits. »

Selon lui, le gestionnaire du futur bistro, Café CAUS, était ouvert à une implication de la Fédération étudiante dans le projet et c’est la direction qui aurait fait pression pour ne pas que cela se produise. La FEUS a été informée de la situation par la coopérative elle-même, selon M. Lessard. «Le message a été très clair», a-t-il indiqué.

Du côté du rectorat, on dit ignorer le genre d’implication que souhaitait la FEUS dans le projet. Martin Buteau, vice-recteur aux ressources humaines et à la vie étudiante, se souvient qu’il a déjà été question de la composition du menu. «Ça a été la demande initiale à l’époque», s’est-il remémoré, précisant que la FEUS avait alors été dirigée vers Café CAUS, responsable du contrat.

Plus tard, lorsque la FEUS a parlé d’une plus grande implication dans le projet, la direction de l’Université a fait la même chose, a expliqué M. Buteau. «Ça s’est arrêté là», a-t-il raconté, disant ne pas se rappeler que la possibilité pour l’association d’être actionnaire ait été évoquée.

Selon Martin Buteau, la direction est ouverte à évaluer des propositions avec lesquelles la coopérative serait à l’aise. «On n’a reçu aucun projet, a-t-il précisé. Ça nous fera plaisir de voir si c’est réalisable [si on reçoit une proposition].»

La FEUS est catégorique : on leur a fermé la porte à toute implication. L’association s’inquiète maintenant que le bistro ne soit pas pensé en fonction des étudiants en ce qui a trait notamment au menu et aux emplois créés. Selon Guillaume Lessard, l’endroit pourrait se transformer en un «endroit huppé avec des steaks et des pintes de bière à 12 $».

M. Buteau indique en contrepartie que la direction n’a pas à se mêler du menu et d’une éventuelle participation de la FEUS de ce côté-là. S’il était question de participation financière, le rectorat aurait alors son mot à dire. Selon le vice-recteur aux ressources humaines et à la vie étudiante, si la FEUS veut avoir une part des profits, elle devra également vivre avec les possibles pertes.

La forme que prendra le futur bistro demeure inconnue, et la FEUS dit vouloir attendre sa construction avant tout achat.

L’étude de marché sur la faisabilité du projet de pub hors campus devrait débuter sous peu, le rapport devant être déposé au plus tard à la fin du mois de septembre.

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