Crédit: Fournie par J-P Hudon

 

Il y a seulement quelques semaines à peine, Jean-Phillipe Hudon ne savait pas à quel endroit il allait poursuivre ses études universitaires. C’est finalement à l’Université de Sherbrooke que l’ancien porte-couleurs de l’Université McGill entame un programme d’études au deuxième cycle, le tout en disputant sa dernière saison de football. 

Par Christophe Lachance-Tardif 

Les dernières semaines ont été mouvementées pour le nouvel athlète du Vert & Or. En effetlsecondeur/demi de sûreté a fait son arrivée à Sherbrooke seulement à la mi-août. En l’espace de quelques jours, Hudon a dû se trouver un endroit pour se loger tout en préparant sa rentrée scolaire. En plus de s’acclimater à une nouvelle ville, un nouveau campus, de nouveaux coéquipiers et entraineurs, et ce, dans l’incertitude entourant la campagne 2020. 

«J’ai eu la chance de compter sur les membres de ma belle-famille qui m’ont hébergé à SherbrookeMaintenant, je suis bien installé et j’ai renoué avec la routine universitaire», explique-t-il.  

Heureux d’être à Sherbrooke 

Après avoir complété un baccalauréat en kinésiologie à l’Université McGill, Hudon n’a malheureusement pas été accepté dans un programme de deuxième cycle dans cette même université. Il s’est donc rapidement tourné vers l’Université de Sherbrooke afin de poursuivre ses études en physiothérapie sous la forme d’un baccalauréat-maitrise. Hudon s’alignera avec le Vert & Or en 2021 pour sa toute dernière saison de football universitaire. 

Malgré un mois d’août rocambolesquele joueur de football se dit très heureux de joindre la formation sherbrookoise : «la relation entre les entraineurs et les joueurs semble vraiment bonne à SherbrookeMême si l’équipe est assez jeune, je crois que nous possédons un bon groupe de leaders qui peut aider cette équipe à aller dans la bonne direction», raconte Hudon.  

L’athlète croit également que le programme de football sherbrookois se démarque des autres établissements universitaires grâce aux installations du Centre sportif, ainsi que par l’appui financier de l’université envers le programme, ce qui est «impératif pour qu’un programme puisse opérer de manière adéquate». 

Un excellent flair pour le ballon 

Malheureusement, les partisans du Vert & Or devront attendre à l’an prochain pour voir Jean-Philippe Hudon à l’œuvre. En plus d’apporter de l’expérience et du leadership à la troupe de Mathieu Lecompte, l’athlète originaire de Lévis amène un élément de jeu physique au sein de la brigade défensive sherbrookoise. «J’essaie de toujours me tenir près du ballon pour être en mesure de faire le plus de jeux possible», explique Hudon. 

Un manque de transparence de la part de la RSEQ 

À la mi-septembre, en raison des circonstances entourant la pandémie, la RSEQ a dû malheureusement mettre fin à la saison de football universitaire avant même que celle-ci ne puisse débuter. Même si Hudon aurait bien aimé disputer sa dernière saison cet automne, il ne cache pas qu’en fin de compte, la décision de la RSEQ était probablement la meilleure compte tenu des évènements. Toutefois, selon lui, la décision a été rendue avec un manque de transparence 

«Je me préparais en conséquence que nous aurions une saison, mais plus les semaines avançaient, plus les doutes commençaient à s’installer dans ma tête quant au déroulement de la saison régulière, affirme HudonD’un côté, je crois qu’il faut s’assurer de la sécurité et de la santé de tous les étudiants-athlètes. Il faut supporter la décision de la RSEQ. D’un autre côté, je crois que la façon dont la décision a été rendue laisse à désirer.» 

Hudon poursuit en affirmant que les propos émis par les dirigeants du Réseau du sport étudiant québécois envers les joueurs contenaienbeaucoup d’incohérences et peu de transparence 

«Lorsqu’ils (la RSEQ) ont rendu publique l’annonce de l’annulation de la campagne, nous (les joueurs) l’avons appris par l’entremise des journalistes sur Twitter. Nous aurions aimé mieux être informés par la ligue directement». 

Quen est-il de la motivation scolaire sans sport? 

Le sport a une valeur inestimable aux yeux de plusieurs étudiants-athlètes de partout en Amérique. Plusieurs d’entre eux ont avoué publiquement par le passé que sans la pratique d’un sport, il aurait été extrêmement difficile d’aller chercher de la motivation d’un point de vue scolaire.  

«Je crois que ça sera difficile d’aller chercher cette motivation pour certains joueurs, surtout pour les plus jeunesCependant, c’est notre travail en tant que coéquipiers d’essayer de trouver des façons de mieux encadrer les joueurs vers la réussite et pour motiver certains joueurs qui apprécient un peu moins l’école. Même chose du côté du personnel d’entraineur, ils devront trouver des façons de motiver les plus jeunes avec, par exemple, des activités d’équipe afin que tout le monde reste motivé», mentionne Hudon.  

«Une saison de football universitaire représente au minimum une trentaine d’heures de travail par semaine, et ce, uniquement pour l’aspect football. Je crois qu’il faut, en quelque sorteprofiter de cette saison annulée pour concentrer le plus possible nos efforts sur l’école afin d’avoir de meilleures notes possible.» 

Un futur dans la LCF ? 

La pandémie de la COVID-19 est tombée bien mal pour l’ancien joueur du Collège de Notre-Dame-de-Foy, puisqu’au moment où la pandémie a paralysé le Québec en mars dernier, Hudon avait été invité au Camp dévaluation national de la LCF en prévision du dernier repêchage. «J’avais vraiment espoir de me faire repêcher, mais avec quelques mois de recul, je suis satisfait d’être ici à l’UdeS en physiothérapieHonnêtement, le football va s’arrêter pour moi un jour et je me réjouis de savoir que mon avenir est assuré dans le domaine de la physiothérapie. Si l’occasion se présente, c’est certain que je vais la saisir, mais je n’aurai pas le cœur brisé si l’inverse se produit» explique le joueur.  

Somme toute, même si Hudon croit qu’une saison annulée aura un impact positif sur le corps des joueurs, il n’en demeure pas moins que c’est avec un pincement au cœur quil constate qu’il ne pourra pas fouler le terrain de football pour une 14e année consécutive cet automne. «Ça va me manquer d’enfiler le chandail la journée d’un match. Le fait d’embarquer sur le terrain avec les boys et d’aller à la guerre ensemble devant la famille et les amis, ça va réellement me manquer !» 

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