Une blague payante

Par Lydia Santos

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C’est à la blague, qu’Alexandre Ouairy, un artiste français de 36 ans, s’est fait passer pour un artiste chinois au nom fictif de Tao Hongjing afin de mousser ses ventes.

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Le vrai du faux

Alexandre Ouairy est un artiste d’origine française formé au National Superior Art School de Grenoble. En 2000, il décide de partir à l’aventure. L’artiste et designer s’installe à Shanghai dans le but de faire connaître ses œuvres (peintures, sculptures et photographies) aux collectionneurs.

L’étranger

Lors de ses premières expositions dans l’une des rares galeries d’art de l’époque, l’artiste français expose ses œuvres sous son vrai nom: Alexandre Ouairy. Malheureusement pour lui, elles ne connaissent pas le succès espéré. Il se dit «frustré» de ne pas pouvoir «créer de dialogue» et que ses créations soient «ignorées».

© AFP/Getty

La naissance

Vers 2005, l’art contemporain chinois connaît un essor fulgurant. Vu l’engouement pour ce type d’art et l’insuccès dû à un nom étranger, Alexandre a une idée. Il contacte le galeriste chinois avec lequel il expose. Ensemble, ils inventent le profil d’un Alexandre Ouairy chinois: Tao Hongjing. Ce prénom s’inspire d’un dit philosophe chinois du 4e ou 5e siècle, reconnu pour son côté blagueur.

Une fausse identité qui rapporte gros

La fausse identité Tao Hongjing permet de vendre jusqu’à deux toiles par mois. Cela marque une augmentation significative des œuvres de l’artiste d’origine française. Cette blague identitaire, qui a duré un peu plus de cinq ans, permet de faire exploser le prix de ses sculptures en céramique. Au début, les prix étaient de 220 euros (315 $ canadiens) et après l’arrivée de Tao Hongjing, ils étaient de 29 000 euros, soit environ 41 500 $ canadiens.

Pour découvrir le style de Tao Hongjing alias Alexandre Ouairy, vous pouvez consulter son site Internet officiel au www.ouairy.com.

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