Une collaboration entre les Forces armées et l’Université de Sherbrooke

Par Martine Dallaire

Un projet d’envergure entre les Forces armées canadiennes et l’Université de Sherbrooke verra le jour au cours des prochaines semaines. Ce dernier servira à déterminer la capacité des militaires à s’adapter au phénomène de la déshydratation lors d’exercices ou missions en régions sinistrées ou désertiques, par exemple.   

Le projet, d’une durée de 6 mois, a séduit les responsables du programme Innovation pour la défense, l’excellence et la sécurité (IDEeS) de la Défense nationale. L’Université de Sherbrooke a d’ailleurs reçu une allocation de 200 000 $ pour les six prochains mois.  Le gouvernement canadien a remis quelques 160 subventions à travers le pays dans le cadre dudit programme. C’est le ministre de la Défense nationale, Harjit Sajjan, qui en a fait l’annonce lors de son passage à l’Université de Sherbrooke, le mercredi 16 janvier dernier. Ce dernier croit qu’un tel projet s’avère essentiel pour s’assurer que les troupes bénéficient des avantages de la fine pointe de la technologie.

Deux chercheurs sherbrookois mis à contribution

Le projet est chapeauté par le professeur Éric Goulet, également chercheur à la faculté des sciences et de l’activité physique de l’université. Ce dernier est appuyé de Martin Lamontagne-Lacasse, assistant de recherche. Monsieur Lamontagne-Lacasse agit aussi comme réserviste au sein de l’unité des Fusiliers de Sherbrooke depuis 26 ans. Les deux membres du personnel universitaire recevront une première tranche au montant de 97 000 $ d’ici avril, de même qu’une somme identique par la suite, ce qui leur permettra de mener leur projet à terme.

Un problème sérieux dans les environnements hostiles

Les problèmes hydriques lors d’exercices ou de missions, que celles-ci se déroulent dans un cadre humanitaire ou de combat, sont préoccupants.

Les unités déployées doivent souvent faire face à la déshydratation lors de missions sous les chauds climats désertiques. De même, les déploiements en zone sinistrée obligent les militaires à purifier l’eau en raison de la pollution occasionnée par les sinistres de toutes sortes : tremblements de terre, cataclysmes et inondations, entre autres. Cela oblige les unités à transporter d’importantes quantités d’eau, compliquant ainsi la logistique des missions puisque l’accès à l’eau potable est complexe dans ce type d’environnement.

Pour les missions au nord du globe

Outre son impact sur les missions dans les pays du Moyen-Orient, le projet de recherche permettra aussi de comprendre comment le corps réagit lorsque les troupes travaillent dans des conditions de froid sibérien comme l’Arctique. La souveraineté du pays étant d’une importance capitale, l’impact des changements climatiques dans le nord du continent fait en sorte que certaines unités devront s’y déplacer plus souvent.  La recherche permettra donc de créer des outils qui augmenteront l’efficacité des troupes. De plus, comme des communautés nordiques y vivent, la Défense nationale souhaite être en mesure de répondre à leurs besoins lors des opérations de sauvetage.

Des impacts sur la santé des troupes

Les professionnels du domaine de la santé savent depuis longtemps que la déshydratation aiguë est néfaste tant pour la performance physique que les performances psychologique et cognitive chez l’Homme. Ses effets sont encore plus importants chez les militaires, compte tenu du fait qu’ils doivent souvent demeurer de longs moments dans des environnements dépourvus d’eau potable, dans des conditions de chaleur extrême et éloignés des accès à des points d’eau.

Personnel militaire et réserviste recherchés

La recherche visera à déterminer s’il est possible pour le corps humain de s’ajuster aux effets de la déshydratation. Les participants à la recherche s’entraîneront à s’habituer à perdre du liquide. L’équipe de recherche tente de recruter des participants pour se prêter aux essais. La priorité sera accordée aux militaires de la région.

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