Une femme d’exception : la guerre du genre

Par Jasmine Godbout

Suspense, jeu de pouvoir et féminisme, voici ce que réserve le film Une femme d’exception, présenté depuis le 11 janvier à la Maison du cinéma. Un film américain réalisé par Mimi Leder, où Felicity Jones, dans la peau de Ruth Bader Ginsburg, porte le film sur les épaules. Ruth, jeune avocate idéaliste, se bat en cour pour mettre fin à un siècle de discrimination à l’encontre des femmes.

Au bout de son siège

Diplômée de Harvard en droit, Ruth termine l’école et n’arrive pas à trouver d’emploi dans un cabinet d’avocats. La cause? La discrimination du sexe féminin. Elle finit par obtenir un poste d’enseignante, mais sa vocation première lui manque. Avec l’aide de son mari Marty (Armie Hammer), l’imposant avocat de 6’5’’, RBG trouve un cas judiciaire particulier auquel s’attaquer dans le but de faire avancer la cause des femmes.

Ce cas la portera à la Cour suprême américaine. L’histoire se déroule à un bon rythme, malgré quelques scènes superflues. L’équipe de réalisation réussit à rendre l’intrigue palpitante, bien qu’on s’attende à une fin heureuse et optimiste. Le spectateur a hâte de voir le dénouement final du cas judiciaire, et surtout, de comprendre comment la femme de tête et ses alliés réussissent à défier le pouvoir masculin autoritaire.

La scène finale, en Cour entraîne certainement quelques frissons grâce aux talents de Felicity Jones, admirable, particulièrement au moment du plaidoyer. Un film qui ira trouver le côté féministe intérieur de tout le monde qui le regardera.

Actrices, femmes poignantes

Outre Jones, les interprètes des femmes présentes dans le film dégagent toutes une puissante force. Kathy Bates, dans le rôle de Dorothy Kenyon; Cailee Speany, qui joue Jane Ginsburg, et toutes les autres de l’entourage de RGB, sont des modèles de résistance inspirants.

Par exemple, la fille Ginsburg surprend sa mère à quelques reprises avec sa façon de penser révolutionnaire, les élèves engagés de Ruth ainsi que la secrétaire de l’avocate qui se propose pour retaper le dossier du plaidoyer au complet après lui avoir mentionné que le terme « sexe » revenait trop souvent et de le remplacer par « genre ».

Soupirs d’étonnement

Les propos et les actions discriminatoires, omniprésents dans la version originale anglaise de On the Basis of Sex, ne manquent pas de provoquer des ondes de choc chez les spectateurs. Les hommes au pouvoir ne manquent pas de passer des commentaires odieux. Plusieurs auraient abandonné leurs rêves avant Ruth, guidée par sa persévérance.

Une mention spéciale aux costumes se doit d’être faite. Ils servent à rendre l’atmosphère de l’époque. Bien qu’il ne soit pas le métrage le plus fort sur la carrière de RBG, il comporte son lot d’émotions.

Certains éléments captivants et répliques de la bande-annonce auraient pu être mieux développés. Une scène a tout de même soulevé bien des rires dans la salle, soit lors du repas de bienvenue de Harvard où le directeur leur demande leurs raisons de vouloir étudier dans cet établissement reconnu. La réponse de Ruth montre bien son fort caractère et sa volonté.

C’est donc un film à voir à La Maison du cinéma !


Crédit Photo @ Une Femme d'Exception, le film

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