Une journée avec le Père Noël du Carrefour (le vrai)


{La lecture de cet article est fortement déconseillée à toute personne ayant encore son coeur d'enfant. L'individualiste n'est pas responsable des rêves brisés.}


Par Marc-André Lafrance

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Cette fin de semaine marquait le début officiel des festivités de Noël. En effet, c’est cette semaine que Papa Noël descendit au Carrefour pour la première fois cette année, afin de noter les commandes de chaque enfant, et ainsi poursuivre cette merveilleuse tradition du temps des fêtes.

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Pour des fins purement journalistiques, j’ai eu la chance de suivre Saint-Nicolas toute la journée. J’ai pu être témoin de ses moindres faits et gestes, mais j’ai surtout eu la chance de découvrir l’homme derrière l’icône. Comment s’y prend-il ? Comment peut-il conserver une image aussi exemplaire malgré l’émergence des nouvelles technologies ?

Un reportage exclusif, présenté avec une touche de magie des fêtes.

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9h : J’arrive au Carrefour de l’Estrie. On m’a suggéré de me présenter tôt, pour éviter la foule. Cependant, une foule est déjà meublée devant le trône, alors que la sortie de Saint-Nicolas n’est prévue qu’à 10h. Soit.

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9h59 : Après une heure d’attente, le Père Noël arrive enfin. La foule assemblée devant son siège devient folle. Les gens crient de joie, certains même pleurent.  Prenant place dans son trône, Papa Noël fit signe aux lutins de faire monter le premier enfant.

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Le Père Noël à son arrivée au Carrefour de l'Estrie.

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10h05 : Je vais voir le relationniste du Père Noël, qui pour l’occasion, était aussi Olaf, le bonhomme de neige dans Frozen. Je devais avoir une entrevue individuelle avec Monsieur Noël. Olaf m’indique que malheureusement, tous les gens présents sur place sont là pour la même raison que moi. Je me résous donc à aller en file.

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10h45 : Toujours en file. Ça n’avance pas du tout. Je perds patience.

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11h30 : Épuisé, je me rends à la salle de bain. Alors que je rentre dans la toilette, un des lutins de l’accueil sort de la cabine et s’en va directement vers la porte, sans se laver les mains. Je dis ça de même.

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12h55 : Je m’apprête à perdre patience. Je décide de sortir du Carrefour pour prendre l’air. À côté de la porte, je rencontre Mickey Mouse et le Minion cyclope qui fument une cigarette. Je décide de leur faire la conversation, en attendant mon tour pour voir le Père Noël. Mickey me disait qu’il était rendu à faire la tournée des centres d’achats dû aux coupures dans la culture, qui avaient grandement affectées sa maison de production. Le Minion cyclope parlait un langage étrange, mais en gros, j’ai pu comprendre qu’il faisait ça pour payer ses études en génie civil. Bref, j’avais hâte de rencontrer le Père Noël pour des propos pertinents.

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Portrait grossier de la scène dans le portique du Carrefour.

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14h07 : Toujours en file, une jeune fille devant moi se retourne et me demande ce que je vais demander au Père Noël. Je lui réponds que je veux seulement une entrevue avec lui : ce qu’il pense de la région, fait-il du ski ou du snowboard...

La jeune fille me traite de « nerd » et se retourne (note de l’auteur : elle a demandé un toutou à l’effigie du gars qui m’a passé une cigarette tantôt, qui est le nerd, maintenant?).

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16h02 : C’est enfin mon tour. Je m’avance vers Papa Noël, qui me fait signe de s’assoir sur ses genoux. Étant un professionnel et un citoyen du monde, je me soumets à sa coutume. Voici donc l’entrevue tant attendue :

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Père Noël : Que veux-tu pour Noël mon enfant ? Ho Ho Ho !

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Marc-André Lafrance : Enchanté, mais je crois que ce serait mieux si je posais les questions.

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PN : Donc tu veux une entrevue ?

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M-A L : En effet.

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PN : Eh bien, as-tu été gentil cette année ?

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M-A L : Je sens que ça devient très personnel, très vite. J’aurais voulu parler de Rudolph…

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PN : Si tu as été gentil, le Père Noël t’amènera une entrevue le 25 décembre. Pour le reste, parle à Olaf. Joyeux Noël.

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Donc c’est ça. Le Père Noël est bête et j’ai perdu mon samedi à me faire mépriser par des enfants. Pour ceux que ça intéresse, Mickey Mouse m’a rajouté sur Linked In et la princesse dans Frozen ne m’a pas donné son numéro.

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C’est pour ça que je ne serai surement jamais journaliste.

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