Par Aude Poirier, de l’AVUS

Que ce soit pour des motifs environnementaux, éthiques ou de santé, les adeptes du végétarisme ont de multiples raisons d’avoir effectué un virage alimentaire excluant toute forme de viande. Au-delà des nombreux avantages connus qu’apporte un mode de vie végétarien se trouve un intérêt supplémentaire : et si manger végé permettait d’économiser ?

En règle générale, la viande et le poisson font grimper la facture d’épicerie, constituant des sources de protéines plutôt dispendieuses. Dans cette optique, il semble logique de les substituer par des options végétales. L’Association végé de l’Université de Sherbrooke (AVUS) s’est penchée sur la question afin d’évaluer si cette modification alimentaire a un réel impact sur le portefeuille.

Avant de se retrouver dans notre assiette, les animaux doivent être élevés et maintenus en vie. Cela implique de leur fournir de la nourriture ainsi qu’un toit, mais aussi des vaccins et des soins vétérinaires. Ils doivent dans plusieurs cas subir des opérations, par exemple la castration, pour finalement être abattus. Il va sans dire que toutes ces étapes nécessitent de la main-d’œuvre qui doit être rémunérée. Ces coûts s’additionnent et se reflètent dans leur prix une fois sur le marché.

De leur côté, les protéines végétales telles que les légumineuses, les noix ainsi que leurs dérivés requièrent certes d’être cultivées (et parfois transformées, pour la fabrication du tofu par exemple), mais nécessitent somme toute bien moins d’étapes que la production de viande. C’est pourquoi un gramme de protéine végétale coûte moins cher que son équivalent provenant de viande.

L’alimentation naturelle végétarienne

La base d’une alimentation naturelle végétarienne repose généralement sur des aliments entiers (excluant les similiviandes et compagnies). Ceux-ci constituent les éléments les plus abordables en épicerie : ils sont peu ou pas transformés et se consomment sur une base régulière en subvenant aux besoins alimentaires humains sans être dispendieux. Prenons par exemple les légumes, les féculents tels que les pâtes, le riz ou le pain, les variantes de légumineuses, etc. Ces aliments à moindre coût permettent de garnir les assiettes quotidiennes des ménages en plats simples, nutritifs et exempts d’additifs. Les noix et les graines, bien que plus dispendieuses, sont aussi des choix privilégiés comportant énormément de protéines et de nutriments.

Faire des économies

Des recettes aussi délicieuses qu’un plat de chili, une salade de pâtes, un sauté de riz aux légumes ou encore un gruau agrémenté de garnitures au choix sont en outre totalement réalisables sans viande. Les options sont variées et comblent les appétits sans pour autant inclure de viande : on réduit alors le prix total du plat souvent de moitié.

En effet, remplacer la viande hachée par des lentilles dans les recettes traditionnelles (comme dans un pâté chinois ou un burger) représente une économie de 1,26 $ par portion. Pour 100 g, la viande hachée se vend environ 1,50 $ alors que les lentilles ne coûtent que 0,24 $ en moyenne. Le même principe s’applique dans l’exemple suivant : un plat de légumes et de riz accompagné d’une portion de tofu coûte au plus 5 $ par portion. Remplacez le tofu par une poitrine de poulet et le prix grimpe à 7 $ immédiatement. Certes, de façon isolée, l’écart ne semble pas significatif, mais au bout d’un mois, il est possible de constater une économie importante.

Il est toutefois important d’apporter certaines précisions : il existe, à ce jour, plusieurs dérivés végétaux qui sont somme toute plutôt coûteux.

Par exemple, les imitations de poulet, certaines saucisses ou encore certains types de barres tendres et de granolas végétaliennes. Dans le cas des produits transformés, les prix avoisinent souvent ceux des aliments issus de sources animales. L’exemple le plus flagrant est celui du yogourt végétal ou du faux mage, qui se révèlent plus dispendieux que leur option laitière. Toutefois, la liste d’ingrédients de ces alternatives véganes est dans la plupart des cas bien moins longue et consistent en des choix plus santé. Pour économiser de façon marquée en devenant végé, il est de mise de cuisiner soi-même la majorité de ses repas et d’éviter de tomber dans le piège pourtant alléchant du « fast-food » végan.

L’adoption d’un régime alimentaire excluant partiellement ou entièrement les protéines animales permet assurément de faire des économies lorsque l’on choisit des aliments peu ou pas transformés. Bien sûr, à court terme, on n’épargne que quelques dollars, mais ces derniers s’additionnent au fil du temps et peuvent sérieusement permettre d’économiser. Nous avons aussi vu que ces économies ne se font pas au détriment de la portion et de la qualité de ce qui se retrouve dans nos assiettes.

En plus des bienfaits qu’entraîne le végétarisme sur la santé, la planète et la cause animale, ce mode d’alimentation peut être économique. On a toutes les raisons de l’adopter !


Crédit Photo @ Simon RD

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