VG360 : un projet de serre qui porte bien son nom

Par Mai Lie Caya

Le Collectif rencontre quatre membres de Bâtiments intelligents de l’Université de Sherbrooke (BIUS) afin de discuter de leur projet VG360. Le groupe technique travaille sur la construction d’une serre domotisée qui respecte l’environnement. D’ici l’été 2018, le campus étudiant comptera sur son territoire une serre maraîchère attendant seulement d’être officialisée par l’administration de l’université.

Quand la domotique rencontre la nature 

L’originalité de la serre proposée par BIUS repose sur la place de la domotique dans la conception du projet. La domotique se définit par l’ensemble des techniques permettant d’automatiser un habitat. Le vice-président de BIUS Simon Therrien affirme que la domotique servira d’une part à l’automatisation de la serre, d’autre part au monitorage à distance de paramètres tel que le niveau de CO2, de lumière, d’humidité et de température de l’abri maraîcher. C’est en accordant une aussi grande importance à l’environnement qu’à la domotique que les étudiants de BIUS construiront un bâtiment autonome énergétiquement et facile d’utilisation pour toutes les familles.

Des légumes frais à longueur d’année

Tel que Josiane Morissette, membre de BIUS et étudiante en environnement à l’université l’annonçait lors de la rencontre, l’output alimentaire de la serre de 3 mètres sur 6 mètres servira à une production maraîchère capable de nourrir une famille de trois personnes pendant 365 jours. La serre fera pousser des tomates, des poivrons, des concombres, des patates et des carottes. Autour de la serre, les étudiants pensent faire pousser des fines herbes pour rendre l’espace encore plus vert. VG360 représente un moyen de sensibiliser les familles à l’autosuffisance alimentaire. Non seulement elles retrouveront une fraîcheur des aliments, mais les familles bénéficieront aussi d’une éducation à la science de l’agriculture.

Des déchets à l’usage pratique

La serre quatre-saisons a la particularité d’être autonome énergétiquement. Selon cette idée, l’énergie solaire servira à l’éclairage naturel du bâtiment en même temps de procurer une source de chaleur nécessaire au chauffage de la pièce. De plus, BIUS souhaite récupérer la chaleur émise par le compost pour chauffer l’habitacle. D’ailleurs, le dioxyde de carbone (CO2) fabriqué par les micro-organismes en décomposition aidera à faire pousser les légumes de la serre. Toutefois, le compost demeure une proposition potentielle à la réalisation de la serre. Le but du projet, comme le souligne Raphaël Boisjoly Sallafranque, étudiant en génie civil, insiste pour que chaque membre du groupe propose des solutions innovantes à la réalisation de la serre. Toutefois, une fois le prototype expérimenté, il est possible d’obtenir un rendement qui n’est pas optimal.

Un « DIY » sur comment faire une serre

Les membres de BIUS accordent une grande importance au partage de leurs connaissances auprès du public. Simon Therrien, le vice-président du groupe, ajoute que BIUS doit « partager ce qu’[ils ont] réussi à faire ». Des vidéos explicatives seront disponibles sur Internet afin d’expliquer aux gens comment construire une serre et comment s’en occuper. Les vidéos seront adaptées aux personnes aux connaissances restreintes en domotique et en horticulture afin qu’elles soient en mesure de gérer une serre à elles seules. En effet, les membres de BIUS travaillent sur le développement d’une serre accessible à tout le monde. Comme le souligne Josiane Morissette, « toutes [leurs] informations seront libres de droits, de sorte que le projet de serre soit perpétué chez plusieurs familles ayant à cœur la fraîcheur des aliments, l’environnement et l’innovation ». C’est d’ailleurs pourquoi Raphaël Boisjoly Sallafranque, étudiant en génie civil, ajoute que « les coûts de réalisation de la serre devront rester abordables pour attirer monsieur et madame tout le monde ».

Recycler à tous les niveaux

Les membres de BIUS s’engagent à prendre le plus de matériaux alternatifs possible pour construire l’abri maraîcher. Comme le rappelle une des membres de BIUS Josiane Morissette, « l’aspect environnemental est important pour le choix des matériaux ». Par exemple, les murs de la serre seront composés de gabion, qui est en fait une cage de fil de fer remplie de pierres. Le choix du gabion au détriment du béton, une énergie grise, donc dommageable pour l'environnement, est économique et écologique.

De plus, la laine minérale dans les murs sera remplacée par la laine de mouton, un autre écomatériel. En effet, la laine d’ovins sera récupérée pour isoler les façades de la serre de BIUS. La réutilisation d’une quantité aussi importante de laine permet d’une part d’y donner une deuxième vie et d’autre part de réduire la production de déchet. Non seulement le BIUS témoigne d’une volonté de recycler les matériaux employés pour la serre, mais aussi assure-t-il une conception majoritairement composée de matériel provenant de la région.

Ensemble pour un avenir vert

VG360 est un projet tenu à cœur par une quarantaine de membres regroupés dans le BIUS. Ensemble, ils partagent connaissances, expériences et valeurs les aidant à poursuivre la construction d’une serre intelligente. Le projet de serre interfacultaire rassemble des recherches issues de la robotique, de l’environnement, de l’étude des matériaux, de l’informatique, de la biochimie et de bien d’autres. Le groupe BIUS insiste sur l’aspect collaboratif des recherches exécutées. Il reconnaît que les diverses connaissances de chaque membre assurent la réalisation d’un projet d’une aussi grande envergure.

« Nous serons ceux qui réussiront »

Depuis 2014, différents groupes de l’université luttent pour la construction de la serre sur le campus. Au départ, la serre figurait comme projet de session en génie informatique. Le groupe à la tête de ce projet de session s’associa ensuite à l’été 2017 à Génie Vert, qui, une session plus tard, sera repris par le groupe BIUS pour réaliser à plus grande échelle ce qui avait été initié.

Pour des raisons administratives, la construction de la serre demeure un défi de taille pour les membres du groupe. Le projet ne peut être réalisé que si une vision à long terme est envisagée. L’université veut s’assurer de la conformité des mesures du bâtiment, de l’entretien de la serre et de l’endroit où elle sera installée sur le campus, choses qui sont toujours en état de discussion. L’étudiante en génie technologique Maragtira Melkoumov ajoute que la construction de la serre n’est toujours pas officialisée par l’université. Comme s’enthousiaste sa collègue Josiane Morissette : « nous serons ceux qui réussiront [à construire la serre sur le campus] ». Le Collectif leur souhaite bonne continuité!


Crédit Photo @ Bâtiments intelligents de l’Université de Sherbrooke (BIUS)

Partager cette publication