Violence en réunion : le malaise d’une société face à l’étranger

Par Sofie Lafrance

Violence en réunion, le tout récent court-métrage français, a fait couler beaucoup d’encre ces dernières semaines. Mettant en vedette Vincent Cassel, le court-métrage remet en scène le personnage Vinz, issu du long-métrage La Haine de 1995, où Cassel interprétait un jeune juif au tempérament violent.

Violence en réunion met en scène un homme perturbé, insatisfait de ses accomplissements de vie. Bien que cela soit mystérieux, Cassel affirme qu’il peut effectivement s’agir du retour de Vinz de La Haine. Travaillant comme ouvrier dans une usine et vivant avec sa mère malade, Vinz ressent constamment le besoin de retourner au monde de la rue. Le soir venu, il revêt un niqab et se promène dans les rues de la banlieue pour provoquer les policiers patrouilleurs. Ces derniers, n’étant jamais en mesure de l’attraper, deviennent de plus en plus amers face à ce symbole de résistance. Un soir, Vinz porte même un maillot de l’équipe sportive nationale, Paris Saint-Germain, par-dessus son niqab pour offenser les policiers.

Graduellement, les policiers deviennent craintifs face à cet « inconnu ». Il s’agit d’une forte métaphore de la xénophobie ressentie en banlieue française. L’objectif d’un tel symbole? Désamorcer la réalité d’un pays où l’intégration s’avère un échec lamentable. Les débats vides qui préoccupent les médias détournent l’attention de la réelle problématique, soit celle du vivre ensemble multiculturel. Pour s’y référer, nous n’avons qu’à nous remémorer le débat insensé qui a monopolisé les écrans cet été sur la question du burkini.

La réalité est que la France est submergée par les nouveaux arrivants, car ce pays est physiquement limitrophe de tous les « points chauds » du monde. Toutefois, les Français d’origine africaine ou maghrébine, même les deuxième ou troisième générations d’immigrants, considèrent toujours qu’ils ne se sentent pas perçus comme Français par autrui. Ce sentiment de dissonance identitaire marque une frustration profonde chez ces dernières générations, beaucoup plus affectées par le chômage que la population française générale.

Ainsi, l’apparition de Cassel en niqab, bien qu’elle soit à même de provoquer un profond malaise auprès d’une population consciente de ses déficiences, vient montrer que le débat est à mille lieues d’être résolu. Le fossé de plus en plus profond entre une population désabusée et une population mal intégrée, n’est-il pas d’ailleurs le premier signe précurseur de profonds bouleversements au cœur de la société française? Seul l’avenir est porteur de réponses.

Lien à intégrer quand on parle de Violence en réunion au début du texte : clique.tv/court-metrage-violence-reunion-karim-boukercha-vincent-cassel


Crédit photo © Clique.tv

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