Vivre les stages coop autrement

Par Marina Riendeau

Étudier dans un programme universitaire qui offre les stages coopératifs représente une magnifique opportunité de compléter trois stages dans des milieux professionnels avant de se lancer vraiment dans son métier. Avoir l’occasion d’en réaliser un à l’étranger, c’est une chance en or à ne pas manquer.

Trouver un stage

Au début de mon parcours universitaire au baccalauréat en communication, rédaction et multimédia, je me suis promise de partir soit travailler à l’étranger dans le cadre d’un stage, soit d’étudier à l’extérieur pendant une session. Je suis loin de faire exception dans notre génération où la majorité souhaite voyager, explorer de nouveaux horizons. Je savais qu’aller étudier à l’étranger était relativement simple, dans la mesure où mes notes me permettaient d’apparaître sur la courte liste de noms sélectionnés dans mon programme d’études, mais je n’avais pas vraiment idée des démarches à suivre pour effectuer un stage outremer.

Je souhaitais aller dans un pays où la langue française dominait, idéalement en France, dans le sud si possible…mais bon, il ne faut pas trop en demander! Ayant peu d’aide de l’Université dans la recherche d’un stage, je me suis rapidement rendu compte, après l’envoi de plusieurs dizaines de CV un peu partout en France, en Belgique et en Suisse, que j’allais accepter l’offre de la première entreprise qui me répondrait positivement (si au moins l’une d’entre elles pouvait me répondre…). Après plus de trois mois intensifs de recherche, j’ai reçu une réponse positive. En plus d’être dans un domaine qui m’est déjà familier, l’entreprise se trouve en France, dans le sud, à quelques kilomètres de la Méditerranée. Décidément, je suis une personne chanceuse.

Le pont d'Avignon © Marina Riendeau

Le pont d'Avignon © Marina Riendeau

Vivre un épisode de vie hors du commun

Me voici donc à Bouzigues, un village à trente minutes de la ville étudiante de Montpellier. À mon arrivée, j’ai eu droit à un accueil des plus chaleureux. Je suis installée dans un village où tout le monde te dit bonjour en te croisant dans la rue, où un sourire est collé aux visages des jeunes et des moins jeunes. Je me trouve dans un univers où la simplicité règne, où une simple marche pour me rendre au boulot me rend plus légère, plus reconnaissante de toute cette beauté qui m’entoure constamment. Il faut aussi dire que l’entreprise pour laquelle je travaille prend en charge mon hébergement, un grand appartement avec terrasse privée et mezzanine, entre autres, et que j’ai une voiture qui me permet de me déplacer à mon aise. La belle vie, quoi.

Le stage se déroule à merveille. Mes collègues sont formidables, mais surtout d’une curiosité qui me fait sourire chaque jour. Une Québécoise dans un milieu français. Mon accent les fait rigoler, le leur m’enchante. Elles ont toujours mille et une questions à me poser sur comment tout fonctionne chez moi, sur l’indépendance du Québec, sur la technologie dans nos entreprises, sur l’usage de mon vocabulaire, sur la superficie du Canada qui leur paraît irréaliste. Travailler dans un autre pays, c’est réellement constructif et enrichissant. C’est aussi très différent. La France a un système administratif très lent en général, et c’est le cas aussi dans les entreprises, encore plus dans le sud. Plusieurs sont encore à l’âge de pierre dans leur méthode de fonctionnement, de travail, d’outils technologiques. Il faut donc s’adapter à leur rythme. Plus personnellement, je me suis aussi rendu compte que « je capote » et « c’est plate » font partie intégrante de mon vocabulaire quotidien et que ça ne donne pas le même effet de dire « je suis vraiment excitée par cette situation » ou « c’est décevant ce truc ». Mais au final, les différences font la beauté de ce monde!

Au-delà du stage, je vis une expérience personnelle difficile à décrire. Je désirais venir en Europe parce que je savais pertinemment que je pourrais voyager en même temps, question de joindre l’utile à l’agréable. En trois mois, j’aurai visité les villes de Montpellier, de Cassis, de Marseille, de Béziers, d’Avignon, de Carcassonne, de Nîmes, de Nice, de Monaco et une tonne de petits villages aussi magnifiques les uns que les autres. J’aurai fait un saut à l’élastique du plus haut pont en Europe, un saut de 600 pieds. J’aurai aussi passé deux jours à Paris dans le cadre d’un congrès immobilier international, un weekend à Barcelone en Espagne et quatre jours à Rome en Italie. France, Espagne, Italie. Le vieux continent est une destination de choix pour la proximité de ses pays, et je n’ai pas manqué d’en profiter amplement.

Étang de Montardy © Marina Riendeau

Étang de Montardy © Marina Riendeau

Tenter l’expérience

Une telle expérience vaut tout l’or du monde. En réalité, voyager ouvre sur le monde et permet de dépasser les frontières, de traverser les apparences pour s’habituer aux différences. Accomplir un stage à l’étranger, c’est explorer une autre partie du monde, c’est créer des souvenirs sur un autre bout de planète que le nôtre, c’est rencontrer des gens extraordinaires, c’est se connaître un peu plus soi-même, c’est prendre connaissance de l’ampleur de ce dont on est capable de réaliser, c’est développer un sentiment d’accomplissement grandiose, c’est joindre une multitude de richesses culturelles, professionnelles, personnelles…Si tu hésites à partir par peur de t’ennuyer de tes proches, par peur d’avoir un budget trop serré à ton retour ou par peur du simple changement, arrête d’avoir peur, parce que le défi en vaut largement le coup.

Béziers © Marina Riendeau

Béziers © Marina Riendeau


© Marina Riendeau

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