Votre voix, vos yeux et vos oreilles.

Edito-MCLes médias écrits luttent pour leur survie depuis l’avènement des technologies. La santé de votre journal est tout autant atteinte : Le Collectif bat de l’aile.

Par Marie-Claude Barrette

Depuis trente-sept années, Le Collectif a publié des milliers d’articles écrits par les étudiants et étudiantes de l’Université de Sherbrooke. Le Collectif c’est 4 000 tirages par numéro, 20 parutions annuelles et au-deçà de 85 000 visites web. Mais plus encore, le journal est un lieu d’apprentissage, d’exploration, mais surtout, un moyen d’expression.

La voix des étudiants

Dans plusieurs universités québécoises, nous trouvons plusieurs journaux étudiants sur un même campus. S’ils ont tous une publication qui chapeaute l’ensemble de l’université, la présence de journaux facultaires limite la possibilité de partager son opinion à grande échelle. Le Collectif se distingue par cette grande force. Que tu sois un étudiant en communication, en médecine, en administration ou en droit; du premier, deuxième ou troisième cycle; sur le Campus principal, celui de la santé ou de Longueuil; la réussite du journal requiert ta collaboration et celle des quelque 40 000 autres étudiants. L’envol du journal dépend du souffle donné par l’ensemble de la communauté UdeSienne.

Le Collectif est la tribune pour s’exprimer. En plus d’être un tremplin parfait pour ceux et celles qui aspirent à une carrière dans un domaine afférent au journalisme, c’est un véhicule d’expression à grande portée pour la communauté étudiante puisque des copies de chaque édition sont distribuées partout à Sherbrooke. Au sujet de l’importance de la presse étudiante, Montréal Campus écrivait « les journaux étudiants sont les gardiens de la démocratie au sein de leur institution d’enseignement. »

Le journal devient votre voix, vos yeux et vos oreilles.

Un dollar pour un flot d’information

Année après année, les étudiants découvrent des informations cachées par leurs associations étudiantes. L’importance d’un journal étudiant prend tout son sens devant ce manque de transparence. Il permet à la communauté étudiante de rester informée en enquêtant sur les activités estudiantines. Cette année, des articles sur le Café Caus et les dessous du Référendum entre la FEUS et la FEUQ notamment ont permis d’éclairer les étudiants sur des problèmes importants. Ceux qui sont le mieux placés pour parler des débats universitaires sont ceux qui y étudient. Le Collectif devient même une source d’informations pour les journaux professionnels.

Pour pousser les enquêtes, atteindre un plus grand nombre d’étudiants et continuer d’offrir un média d’information, le journal a toutefois besoin de ressources financières. Depuis 2012, les revenus publicitaires ont diminué considérablement passant de 33 000 $ à 17 000 $. Le CA du journal a mis en place plusieurs mesures afin de maîtriser le vol plané du Collectif. Il a gelé les salaires depuis cinq ans, annulé les parutions papier l’été, adopté une impression en noir et blanc pour pallier le manque de ressources et changé d’hébergeur web. Néanmoins, il enregistrait une perte d’au-deçà de 9000 $ l’an dernier. Sans la hausse de 1 $ demandée, le journal ne peut passer à un niveau supérieur.

Le Collectif attend patiemment depuis plusieurs années : il rêve de s’envoler à nouveau.

Ma perception, mon expérience

J’occupe le poste de rédactrice en chef depuis le mois d’août dernier. J’ai eu le plaisir de travailler avec une trentaine de collaborateurs, sept chefs de pupitre, trois APA, deux infographes et deux directeurs. Durant ces derniers mois, j’ai découvert des étudiants passionnés et motivés. Si le poste de rédactrice en chef d’un journal étudiant était pour moi un défi de taille en août dernier, c’est plutôt devenu un passe-temps stimulant. Chaque parution est formatrice et stimulante.

Dans un éditorial écrit à l’automne, je me questionnais sur la survie des hebdomadaires dans un monde guidé par l’avènement technologique. Quelques mois plus tard, les interrogations persistent, la problématique tout autant. Ce dont nous sommes cependant certains, c’est qu’une fois la « mort » d’un hebdomadaire régional proclamée, aucun espoir de renaissance ne persiste contrairement aux autres entreprises québécoises. En effet, les PME qui ferment leurs portes sont, pour la grande majorité, remplacées par d’autres très rapidement. Ainsi, si la survie d’une petite entreprise est d’environ 5 ans, le remplacement perpétuel n’engendre aucune réelle privation chez le consommateur. À l’inverse, lorsqu’un hebdo local disparaît, c’est pour toujours. Il est là le danger!

Il est fréquent de retrouver dans Le Collectif et dans La Tribune des articles similaires, écrits tout aussi bien. Les journaux étudiants ont donc une place importante dans notre société d’autant plus puisqu’ils sont garants des opinions de demain. À l’heure actuelle, les ceux-ci ont besoin plus que jamais de l’appui de ses étudiants pour survivre, mais aussi pour continuer de s’épanouir.

Avec un dollar de plus nous ne changerons pas le monde, sauf que…

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4 000 tirages par numéro, 20 parutions annuelles, 85 000 visites web

 

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