« Vulgariser le coup de foudre » ou « Comment détruire l’amour en trois étapes faciles »

Par Audrey Bacon-Giffard

À quelques jours de la fête de l’amour, c’est comme une évidence que se présente la kyrielle de textes du genre « Le coup de foudre : 10 signes qui ne trompent pas » ou bien « F*ck la Saint-Valentin, vive le célibat! ». Dans un tel cas, on peut toujours se consoler en faisant appel à une des dernières sources d’espoir en ce bas monde : la science. Un peu moins romantique qu’un souper pour deux au Valentine, elle peut néanmoins expliquer (un peu mieux que votre amie Cynthia) ce qui vous arrivera réellement en dedans lors de votre date Tinder semi-ironique de mardi prochain.

Faisons « avance rapide » jusqu’à mardi soir. La personne est là, bien passable, assise à une table dans un bar. Vous entrez. Ce qui va se passer, c’est que dès les quatre premières minutes, le sort est joué. En fait, ça peut ne prendre qu’une courte minute et demie pour que les papillons se présentent. La testostérone et l’œstrogène se mettent alors de concert pour éveiller vos désirs charnels.

La première phase, celle de la luxure, se manifestera grâce à un mélange de 55 % du langage corporel de votre interlocuteur, 38 % du ton et de la vitesse de sa voix et 7 % de ses paroles mêmes. À partir de ce moment, ce n’est plus vous qui êtes en contrôle de la parade, mais le groupe très sélect de neurotransmetteurs nommé les monoamines, soit messieurs dopamine, norépinéphrine et sérotonine, qui s’occupe de la prochaine étape.

Lors de la deuxième phase, celle d’attraction, la dopamine, aussi activée par des substances comme la cocaïne et la nicotine, va déterminer nos préférences et les comportements que l’on désire chez un partenaire. La norépinéphrine, aussi appelée l’adrénaline, nous fait suer en grande quantité et fait battre notre cœur plus rapidement que la normale. La sérotonine, elle, nous donne cette espèce de folie et de bonheur constant que l’on ressent dans les débuts.

Alors, en gros, si vous ne ressentez pas de papillons, vous pouvez toujours essayer de fumer une cigarette en faisant un jogging, bien défoncé sur l’ecstasy (ce qui est très fortement déconseillé).

C’est ensuite que se présente la troisième phase, celle qui fait place au calme et à l’aspect plus « longue durée » : l’attachement. Ce sont deux hormones, l’ocytocine et la vasopressine, qui s’en chargent. L’ocytocine, en plus d’être libérée par la mère lors de l’accouchement et de l’allaitement, est aussi libérée lors de l’orgasme (féminin ou masculin).

Avoir une quantité considérable de sexe de qualité aide donc à renforcer les liens dans un couple… ou à briser des relations d’amis avec bénéfices parce que, même avec tous les « je te promets que je ne vais pas m’attacher » du monde, tu n’avais aucune chance contre la bonne vieille chimie. La vasopressine, qui à la base contrôle les reins, est également importante pour l’aspect « longue durée » d’une relation.

Alors, au final, si ta date n’a pas fonctionné, ce n’est pas vraiment de ta faute, mais si elle a fonctionné, ce n’est pas vraiment grâce à toi non plus. Ce n’est pas pour rien qu’on « tombe amoureux », ce n’est qu’une sorte d’accident chimique qui se produit dans votre cerveau sans prendre en compte votre opinion. Cependant, même si l’amour semble avoir perdu de sa magie après tout cela, n’oubliez pas qu’il y a une raison ultime qui légitime la Saint-Valentin : les gigantesques quantités de chocolat en spécial le 15 au matin.


Crédit photo © Ma-rish

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