La zone protégée du mont Hereford sauvée par quatre organismes de la région

Par Alice Ellefsen

Après plusieurs mois de négociations, la coalition SOS mont Hereford triomphe sur Hydro-Québec dans le cadre du projet Northern Pass.

Le 28 novembre dernier avait lieu la dernière conférence des midis-MAD du Centre universitaire de formation en environnement et développement durable (CUFE). Le thème de cette dernière rencontre était directement tiré d’un des plus récents sujets d’actualité en matière d’environnement, soit le projet Northern Pass d’Hydro-Québec, la fameuse ligne électrique reliant le Québec au New Hampshire. Cette conférence était animée par Mélanie Lelièvre, directrice du Corridor appalachien.

À la base, ce projet fortement supporté par le gouvernement provincial ne posait pas de problème environnemental majeur, puisqu’il s’agissait d’un plan de transport d’une énergie propre, l’hydroélectricité, vers nos voisins du sud.

Ce n’est qu’au moment du dévoilement du tracé qu’un enjeu environnemental a été dévoilé. Les plans originaux prévoyaient le passage d’une ligne aérienne en plein milieu de la Forêt communautaire Hereford, une zone protégée de la région. En plus de menacer l’écosystème fragile de ce secteur, ce plan venait directement à l’encontre de toutes les règles en matière de conservation et de protection du territoire. À la suite de cette annonce, de nombreux organismes environnementaux de la région ont fortement réagi négativement, ce à quoi les dirigeants d’Hydro-Québec ont fait la sourde oreille.

Devant cette impasse, quatre organisations environnementales de la région ont décidé de se mobiliser pour la défense de cette zone protégée, en formant la coalition SOS mont Hereford. Cette dernière a reçu l’appui de plus de 11 000 citoyens lors de la signature d’une pétition, ce qui lui a tout d’abord permis d’attirer l’attention des médias locaux sur la cause.

Toutefois, cet appui de la population ne suffisait pas à obtenir l’attention des principaux intéressés, les dirigeants d’Hydro-Québec, ainsi que du gouvernement provincial de qui l’accord était indispensable à l‘exécution du projet. La coalition a donc cherché à obtenir l’appui de personnalités plus influentes sur les scènes médiatique et politique. Le chanteur et compositeur québécois Richard Séguin s’est alors porté volontaire pour être le porte-parole officiel de la cause. Quelques semaines plus tard, le ministre Luc Fortin, responsable de la région de l’Estrie, donnait également son appui à la cause.

C’est alors que la coalition a lancé le tournant de ce débat, en créant sa campagne On n’est pas nés pour un petit paysage, faisant référence notamment au slogan historique On n’est pas nés pour un petit pain. Ce message expliquait directement que l’installation de lignes électriques aériennes sur le mont Hereford allait à l’encontre de la préservation du paysage et de l’économie récréotouristique de la région.

Cette campagne très médiatisée a fait le tour du Québec pour finalement venir à l’oreille des politiciens. Le 18 novembre dernier, le premier ministre Philippe Couillard s’est enfin dit ouvert au projet d’enfouissement des lignes de la Northern Pass en Estrie. Bien que cette solution engendrerait des couts supplémentaires d’environ 5 M$, ces sommes ne représenteraient que 1 % des sommes totales investies dans le projet.

Finalement, le 21 novembre dernier, les dirigeants d’Hydro-Québec se sont finalement prononcés en faveur de l’enfouissement des lignes sur le mont Hereford. Près de 8 mois de négociations plus tard, la coalition aura donc réussi à sauver l’aire protégée de la Forêt Hereford, prouvant ainsi que les groupes de pression peuvent avoir une réelle influence sur la scène politique.


Crédit Photo © Le Progrès de Coaticook

Partager cette publication

Laisser une réponse