Par Josiane Demers

11 septembre 2001, j’entame ma deuxième année de Cégep au Champlain College à Lennoxville. Il fait beau. Mes deux colocataires et moi sommes heureuses parce que nous avons juste un cours en après-midi et la mère de Déborah nous apporte le dîner, du poulet et des frites. Nous ne savons encore rien.

À cette époque, il n’y avait pas de réseaux sociaux et nous n’avions même pas de téléphone cellulaire. Vers 10 h, on allume la télévision. Incompréhension, stupéfaction, tristesse. Il ne reste qu’une seule tour du World Trade Center encore debout, mais un avion y est encastré. On peut voir la fumée noire et des gens qui sautent des fenêtres vers leur mort. C’est vers 10 h 30 qu’elle s’effondre et change à jamais le visage de New York.

Les évènements

À cette époque, la majorité de la population étudiante était soit toute jeune ou soit encore un projet de vie pour ses parents. C’est pourquoi un récapitulatif des faits s’impose.

C’est entre 7 h 59 et 8 h 42 que décollent les quatre vols qui allaient être détournés par des terroristes. Le vol 11 et le vol 175 de United Airlines partent de Boston vers Los Angeles alors que le vol 93 de la même compagnie commence à Newark pour se rendre à San Francisco. Enfin, le vol 77 d’American Airlines quitte Washington vers Los Angeles.

C’est une agente de bord du vol 11 qui informe la tour que l’avion a été détourné et que quelqu’un a été poignardé. Les autorités sont alertées. À 8 h 46, ce vol percute la tour nord du World Trade Center et c’est à 9 h 3 que le vol 175 subit le même sort dans la tour sud. À 9 h 37, le vol 77 s’écrase sur le Pentagone et le vol 93 plonge vers la terre en Pennsylvanie.

C’est à 9 h 30 que le Président Bush prononce la phrase maintenant mythique : « Nous allons traquer et retrouver ceux qui ont commis ces attentats ».

Le monde changé à jamais

C’est la première fois que les États-Unis subissaient une attaque aussi violente qui avait comme objectif de semer la terreur. C’est presque 3000 personnes qui sont mortes ce jour-là et le sentiment de sécurité de la population américaine allait être affecté pour des décennies à venir.

En 2003, le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies (ONU) s’est prononcé sur une potentielle guerre en Irak. Avec certains indécis et une abstention, c’est dans un vote de cinq contre quatre que les membres ont rejeté l’idée d’une intervention militaire. Malgré cette décision unanime, Georges W. Bush envoie des troupes en Irak. Les raisons invoquées officiellement étaient principalement : « la lutte contre le terrorisme ».

Au Canada, le gouvernement libéral de Jean Chrétien a refusé d’envoyer des soldats en Irak. Une décision surprenante, mais courageuse, compte tenu de la relation historique d’alliés et de l’interdépendance asymétrique qui existe entre les deux pays. Le Canada se rendra éventuellement en Afghanistan.

20 ans plus tard. Le bilan de ces interventions militaires en Irak et en Afghanistan est peu reluisant alors qu’il y a quelques semaines, les talibans reprenaient le contrôle du territoire Afghan.


Crédit photo @ Lars Mulder

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