Par Sarah Gendreau Simoneau 

À l’Université de Sherbrooke (UdeS), plusieurs projets tous plus intéressants et importants les uns que les autres voient le jour dans le cadre de différents cours. Pour les finissants du baccalauréat en kinésiologie, il s’agit d’un projet en partenariat avec le programme de la Santé publique du ministère de la Santé du gouvernement du Nunavut. Il a pour but d’implanter une intervention visant la diminution de la sédentarité chez les adolescents du Grand Nord. 

Plusieurs communautés n’ont pas la chance d’avoir de saines habitudes de vie et c’est le cas des jeunes au Nunavut, dans la ville de Cambridge Bay, où le projet est en branle. Philippe Viger, Matilde Bouillon et Ludovic Arsenault-Levesque expliquent bien les enjeux qui guettent la population là-bas.  

C’est lors d’un cours à la session d’hiver 2021 sur la santé publique que l’équipe s’impliquant dans ce projet s’est formée. Les étudiants avaient envie de travailler avec la population du Nunavut et se sont informés sur les besoins en santé publique des gens à Cambridge Bay. « La sédentarité, le niveau d’activité physique et ce qu’on pouvait faire pour changer ou améliorer ça étaient nos principales préoccupations en lien avec la kinésiologie », explique Ludovic. « À la fin de la session, nous avons choisi quelle approche nous aimerions développer et cette session-ci, notre mandat, c’est vraiment de concrétiser un projet basé sur ce qu’on a appris sur la population et de comprendre pourquoi les jeunes sont sédentaires là-bas. »  

Ce sont donc plusieurs équipes distinctes au sein du cours qui évoluent de pair pour garantir le succès de cette intervention.  

Un objectif imposant, mais surtout important 

Le constat a effectivement été que les jeunes de Cambridge Bay étaient très sédentaires et que ça apportait des problèmes de détresse psychologique et autres. « Notre objectif, étale Matilde, c’est de proposer des activités traditionnelles qui sont connues des populations de Cambridge Bay pour développer des programmes d’exercices physiques ludiques afin de les aider à intégrer de saines habitudes de vie et leur donner l’envie de bouger. » 

Ce qu’elle explique, c’est qu’ils proposeraient des activités qui pourraient se pratiquer à longueur d’année, autant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Ils ont dans l’idée de faire une grosse activité qui s’inspirerait des Winter Games. « Ces jeux auraient lieu une fois par année. Les jeunes pourraient se pratiquer toute l’année en vue de cet événement. C’est vraiment pour faire en sorte qu’ils bougent plus tout en s’amusant et en ayant un but. » 

L’objectif à long terme serait que, d’ici deux ans, il y ait 50 % de réduction du temps sédentaire des jeunes, qu’ils fassent de l’activité physique au moins trois fois par semaine et qu’ils aient moins de huit heures de sédentarité par jour.  

Des ressources pour tous 

L’équipe est présentement en communication avec la santé publique de la ville au Nunavut pour faire un suivi constant du projet. Elle veut aussi s’assurer de mettre en place un groupe Facebook pour que les jeunes de Cambridge Bay puissent avoir accès à du contenu facilement et faire en sorte d’améliorer leur relation avec l’activité physique.  

« Quand on n’a pas beaucoup de connaissances sur quelque chose, on peut voir ça comme un gros obstacle. Notre but c’est de développer des outils qui vont les éduquer avec de meilleures habitudes de vie. On va aussi préparer un document pour les acteurs du milieu là-bas pour qu’ils soient en mesure eux-mêmes de bâtir des cours et des activités en lien avec un mode de vie plus sain », relate Philippe. Ils veulent donner un projet clé en main pour faciliter l’implantation de saines habitudes de vie dans la population. 

Ce type de projet se veut éducatif surtout, pour les jeunes, mais également pour les professeurs qui pourront intégrer les idées et les activités dans leurs cours. « Ça va souvent être des intervenants de l’école ou de la maison des jeunes qui vont encadrer les activités qu’on propose. » 

Comme il s’agit de la cohorte finissante du programme, ils veulent léguer le projet aux cohortes en dessous pour qu’elles puissent perpétuer et faire vivre cette initiative afin d’avoir de meilleurs résultats possibles. « Notre but, cependant, c’est de faire en sorte que les intervenants là-bas aient tous les outils nécessaires pour mettre en place le projet et le continuer, même si les cohortes après nous s’en occupent moins », explique Ludovic. « C’est un projet sur le long terme, on veut que les cohortes qui suivent puissent mettre leurs couleurs là-dedans aussi », renchérit Matilde.  

Affiliation pertinente 

Leur rôle, c’est de monter une intervention qui soit adaptée aux besoins de la population de Cambridge Bay. Matilde admet qu’au fil du projet, ils se sont rendu compte que les outils pour comprendre cette population ne sont pas nombreux. « On a donc voulu s’affilier à un organisme qui donne du contenu éducatif aux communautés autochtones. On veut donner une partie des fonds recueillis sur le Go Fund Me qu’on a créé à Every Child Matters pour éduquer la population générale. » 

Philippe, faisant partie de l’équipe de rugby du Vert & Or de l’UdeS, a amené l’idée auprès de son équipe pour faire une collecte de fonds qui a permis de partir le projet. « Sur chaque billet vendu lors d’un match spécifique, 1 $ allait à l’organisme Every Child Matters et 1 $ allait pour notre projet. C’était quand même le fun d’avoir participé à ça en tant qu’équipe. » Matilde et Ludovic sont d’accord pour dire que c’est un beau geste de la part des équipes féminines et masculines de rugby. 

Si vous avez envie d’encourager ce projet d’envergure, non seulement pour les finissants de kinésiologie de l’UdeS, mais surtout pour permettre aux jeunes de 10 à 19 ans de Cambridge Bay d’avoir du matériel éducatif et des olympiades brisant leur mode de vie sédentaire, voici le lien du Go Fund Me. Chaque don leur permettra de mettre en place une intervention ayant un impact significatif sur la vie de jeunes inuits.


Crédit photo @ Zoe Lord

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